G. MASSON, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE Boulevard Saint-Gormain, on face de l’ÉcoIe-de-Mcdecinc
M DCCC DXXVII Tous droits réservés
[ NiaroBioAi,
3i ïOao /'
WELLCOîvlE 1STITUTE
UDF. ;Y
Coll.
weî ; 'mec
Cal!
No.
PRÉFACE
Placé depuis plusieurs années à la tête du service médical de 1 hospice des Enfants-Assistés, j’y ai vu, sous leurs formes multiples et leurs physionomies variées, les diverses affections de l’enfance.
Dans ce milieu, j ai pu me convaincre que Y évolution jouait un rôle pathogénique capital, et que, dans presque tous les états morbides, les troubles fonctionnels et les altérations d organes se présentaient comme des modifications, par excès ou par défaut, des phénomènes physiologiques. Dominé Par cette idée> j’ai cru devoir classer parmi les maladies dévolution: l’Athrepsie, l’Œdème et les Convulsions des nouveau-nés, la Syphilis héréditaire et le Rachitis.
L Alhrepsie, qu’elle soit primitive ou secondaire, mérite par sa fréquence d’être envisagée comme la base de la
pathologie du premier âge; c’est ce qui m’a déterminé à commencer par elle.
PREFACE
Mais que faut-il entendre par Atiirepsie, et pourquoi ce néologisme? C’est dans mon travail tout entier qu’il faut chercher la réponse à ces questions. Il est donc indispensable de le lire pour comprendre le titre qu’il porte.
Toutefois, voici par avance ce que je puis dire Là-dessus.
L’étude d’un certain nombre d’alïections très-communes chez les nouveau-nés, telles que la Diarrhée, les Vomissements, le Muguet, les Ulcérations buccales et cutanées, l’Érythème, l’Endurcissement, les Convulsions et môme le Mal de mâchoire, m’y a fait apercevoir des marques incontestables de parenté. J’ai vu qu’en toute circonstance elles procédaient d’une origine unique; et que, variables dans leur nombre, mais invariables dans leur succession, elles étaient disposées dans un ordre typique.
A de tels caractères, j’ai reconnu qu’il y avait là une maladie , certainement très-ancienne, mais jusqu’ici méconnue. En la déterminant pour la première fois, je devais lui donner un nom ; j’ai proposé celui d’Athrepsie, formé de la particule privative a et du mot Qpztyiz, qui signifie nutrition ; parce que ses divers épisodes sont reliés entre eux, gouvernés, expliqués par un phénomène qui en est l’essence même ; à savoir : un trouble profond du travail nutritif.
Ayant justifié le terme Atiirepsie, je dois aller au-devant de quelques autres objections. — On s’étonnera peut-être que, dans une étude clinique , j’aie consacré deux leçons a l’Anatomie et à la Physiologie, et que je sois entré dans de longs développements à propos de l’Anatomie pathologique.
PRÉFACE
Sur Je premier point, je dirai qu’attribuant à l’évoluLion une importance pathogénique considérable je devais rappeler les faits principaux qui s’y rattachent; et que, voulant éviter la confusion où sont tombés presque tous les auteurs de pédiatrique, relativement aux déterminations morbides des différentes périodes de l’enfance, il était indispensable de limiter ces périodes et de préciser celle que je voulais particulièrement étudier.
Pour ce qui est de l’Anatomie pathologique, je lui ai donné dans mon plan une grande place, parce que j’estime qu’elle est indispensable au clinicien, et qu’en dehors d’elle le problème clinique reste sans solution précise et sans preuve. Morgagni disait que les nécropsies ne peuvent servir que si elles sont faites par un homme expérimenté dans la clinique, et si elles sont accompagnées de l’histoire détaillée de la maladie. Cette proposition si vraie garde^ toute son importance lorsqu’on en transpose les termes ; et il est permis d’affirmer que la clinique n’a de base solide que si elle s appuie sur des notions étendues et exactes d’anatomie
pathologique. Autrement, elle est mouvante et conjecturale.
Si ce travail a quelque mérite, je ne voudrais pas que l’on m’en rapportât tout l’honneur, car je ne l’ai pas fait seul. D autres y ont nus la main avec moi, et je suis heureux de reconnaître l’aide que m’ont donnée mes élèves de l’hospice des Enfànts-Assistés, et surtout mes internes. L’un d’eux, M. le docteur Troisier, a bien voulu recueillir les leçons