‹ Clinique des nouveau-nésChapitre 100 sur 127 · Poids · texte numérisé non relu

Poids

30. — Souffle et retentissement du cri dans les deux poumons en arrière.

Poids 1390.

La mort a lieu le 1er juillet, à 7 heures du matin.

L’autopsie est faite le 3.

Poids 1314.

Le point d’ossification de l’extrémité inférieure du fémur a à peine les dimensions de celui d’un enfant à terme. Il n’y a aucune trace de graisse sous la peau. Il n’y a rien à noter à la périphérie de l’hémisphère cérébral droit, mais sa substance médul-

laire est stéatosée dans toute son étendue.

Toute la surface du ventricule latéral gauche, dans ses deux tiers postérieurs, présente une certaine transparence avec une teinte brunâtre. Partout l’épendyme est conservé, il paraît même épaissi et induré. Au-dessous de lui, il y a une dépression, au niveau des deux tiers postérieurs du corps strié, dont le noyau intra-véntriculaire a complètement disparu. Le centre hémisphérique tout entier est stéatosé, mais partiellement; certains noyaux sont d’une dureté qui doit faire admettre un commencement d’infiltration calcaire.

Les deux poumons, dans leur région déclive, présentent plusieurs noyaux d’induration pneumonique.

Les muqueuses gastrique et intestinale paraissent saines.

H y a du pus concret dans l’oreille moyenne des deux côtés.

Examen

microscopique.

L’examen d’un fragment de matière cérébrale placé entre deux lames de verres (*) montre que la graisse n’afTecte pas toujours la môme disposition, dans les éléments qu’elle infiltre. Lorsque les granulations sont peu nombreuses, elles forment à leur périphérie un véritable anneau, ou se groupent autour du noyau. Quand elles sont assez abondantes pour former un corps sphéroïdal, le noyau se trouve complètement masqué ; mais il est rare que, même dans ce cas, l’on ne puisse pas le mettre en évidence. — La graisse envahit les éléments de toute grandeur, et surtout les plus volumineux. — Dans la gaine lymphatique de quelques vaisseaux, on voit des amas fusiformes de granulations graisseuses autour des noyaux.

Depuis la couche cérébrale sous-jacente aux circonvolutions jusqu’au corps strié, on peut suivre la marche progressive de l’infdtration graisseuse.

Elle est à l’état rudimentaire dans les parties du cerveau et du cervelet, où les tubes nerveux forment déjà des masses compactes. Le corps calleux paraît être une des régions le plus habituellement envahies. Il est tout à fait exceptionnel de constater la lésion dans la protubérance et les pédoncules. On n’en trouve aucune trace, dans la substance périphérique des circonvolutions cérébrales et cérébelleuses; sur un très-grand nombre de préparations, je ne l’ai jamais constatée, tandis qu’on la rencontre, au contraire, dans les masses grises centrales, comme les noyaux du corps strié; les corps granuleux y sont presque aussi nombreux que dans les centres médullaires.

La stéatose interstitielle diffuse est toujours très-acceuluéc dans les cerveaux où il existe des noyaux opaques péri vent i ic u lai res.

(*j Voyez planche IX, iig. I et "2.

LÉSIONS DE L’ENCÉPIIALE.

Quand, ii l’aide d’un faible grossissement, ou examine un fragment, de l’une de ces plaques blanches, avant toute dilacération, on voit une tache complètement opaque au centre et laissant passer la lumière sur quelques points trèscirconscrits de sa périphérie.. Autour d’elle, sur un fond gris clair, apparaissent des vaisseaux gorgés de sang et de petits points noirs, très-nombreux.

Un objectif plus puissant montre que ces points sont des corps granuleux, en général très-gros. Quelques-uns ont la forme d’un ellipsoïde; d’autres sont aplatis; d’autres, ayant subi un véritable écrasement, ont pris une forme irrégulière ou se sont complètement dissociés, occupant une surface variable dans la préparation. Il en est dont le centre est d’une obscurité absolue, et ce n’est qu’à la périphérie, que se dessinent les granulations; sur d’autres, celles-ci sont visibles à peu près partout. Entre eux, il y a une substance granuleuse, au milieu de laquelle les éléments figurés sont très-rares, mais où l’on voit un grand nombre de molécules graisseuses et de petits globules huileux.

Le centre de la tache est entièrement constitué par des corps granuleux, pressés les uns contre les autres, très-volumineux, très-foncés, souvent formés par de grosses gouttes huileuses.

On y trouve aussi de la graisse, sous des formes assez inattendues. Les gouttes, au lieu d’être sphériques, sont déprimées, allongées, groupées diversement et avec une irrégularité qu’il faut renoncer à décrire. 11 y a encore d’autres

corps, qui par leur aspect se rapprochent des niasses graisseuses. Us sont en général assez volumineux, à double contour, à bords sinueux et sombres, et ressemblent à des stalactites. C’est une modification de la myéline, qui se produit dans les points où la stéatose a surpris des tubes nerveux.

Dans cette région, les vaisseaux sont aplatis et exsangues;

Rapport de la stéatose encéphalique avec les formes de l'Athrepsie.

au voisinage, ils sont souvent très-conges tiormés. Quelquesuns présentent l’état que je vous ai signalé à propos de la stéatose diffuse, mais la graisse contenue dans la gaine lymphatique est ici beaucoup plus abondante. Les groupes qu’elle forme arrivent, sur certains points, à constituer un manchon par lequel le vaisseau est complètement masqué. Cette disposition est, en général, assez limitée. A son niveau, le canal est opaque et renflé en fuseau (*).

La stéatose cérébrale apparaît d’autant plus vite que les sujets sont plus jeunes et plus débiles. Chez les avortons, la rapidité de son évolution a quelque chose de surprenant. Au contraire, chez les enfants dont l’encéphale a déjà une certaine fermeté, elle est beaucoup plus lente. — C’est dans les cas aigus, qu’elle se montre le plus sûrement, et qu’elle fait le plus de progrès.

Lorsqu’après avoir débuté brusquement, le mal prend une marche chronique, surtout avec des alternatives de bien et de mal, non-seulement la stéatose peut 11e pas envahir de nouvelles régions; mais encore les noyaux existants subissent une infiltration de matière crétacée, que l’on doit considérer comme une tendance favorable. J’en ai vu plus d’un exemple (obs. XLVII). Aussi, chez les athrepsiés qui guérissent, je

Obs. XLVII. — Diarrhée, vomissements , ulcérations buccales et cutanées, érythème fessier. — Foyer ancien de stéatose cérébrale, bronchite avec atélectasie pulmonaire.

Ernestine F., née le A janvier 1875, est admise le 13 à l’hospice des Enfants assistés, où on la conlie à une

nourrice. — Le 29, on la porte à l’inlirmerie, parce qu'elle a de la diarrhée depuis plusieurs jours. Sur la muqueuse buccale il y a une plaque ptérygoïdienne. En même temps l’on constate un état de maigreur avancé, une teinte violacée des extrémités; et sur le talon gauche, une large ulcération.

Poids, 235"2.

(*) On voit des loyers du stéatose dans lus lig. R ut C du la |d. U.

nedoute pas queue 11e suit là un des modes de guérison de la stéatose.

La pathogénie de ces lésions est, sans contredit, le

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