‹ Clinique des nouveau-nésChapitre 38 sur 127 · RESPIRATION · texte numérisé non relu

RESPIRATION

minute. La maladie ne modifie pas sensiblement ce ni nombre.

Mais si la fréquence des mouvements respiratoires ne subit pas de changement notable, leur ampleur s’exagère dans des proportions tout à fait inattendues, dans le temps que les yeux s’enfoncent, que la fontanelle se déprime et que les os crâniens chevauchent. Alors le thorax se meut avec une

S énergie extrême et bien surprenante chez des êtres si débiles.

* Tous les muscles destinés à dilater la poitrine sont mis en jeu. La partie antérieure des côtes et le sternum, encore DsS£on cartilagineux, résistent mal à une action aussi puissante. A chaque inspiration ils sont profondément déprimés, et l’on voit se former dans la région qu’ils occupent un infundibulum qui finit par devenir permanent et que la mort même ne fait pas disparaître. C’est à tort que M. Bouchaud (a) attribue cette déformation à un amoindrissement des organes thoraciques, car loin de diminuer, le volume des poumons augmente. Sans parler, en effet, des cas où il y a de la pneumonie, ils sont presque toujours atteints d’emphysème alvéolaire. Ses véritables causes sont un état dyspnéique et le défaut de résistance de la région antérieure du thorax. Remettant à plus tard l’explication de la dyspnée, je dois vous dire qu’elle doit être comptée parmi les symptômes les plus graves, et qu’elle s’accompagne toujours de cyanose.

Dans la période terminale les inspirations diminuent de fréquence et d’ampleur, et quelques instants avant la mort on n’en compte parfois que 16, 8, 2 et même une par minute.

Cette chute de la fonction pulmonaire est beaucoup plus accentuée et plus rapide que celle du pouls et de la température, et elle marque toujours une fin prochaine.

(a) Loc. cit., p. 102.

SYMPTOMATOLOGIE.

Pouls.

Température.

Je vous ai déjà dit quelques mois des troubles circulatoires, à propos des changements que subit la coloration de la peau. Vous vous rappelez qu’à une période avancée, les extrémités et certaines régions de la face deviennent violacées, et que le corps tout entier présente une teinte livide. Ce sont là les signes extérieurs d’une gêne circulatoire très-prononcée. Aujourd’hui je dois vous dire ce que l’on observe du côté du cœur et de la radiale. L’exploration de ce vaisseau est toujours malaisée et le plus souvent impossible ; c’est donc à la * région précordiale qu’il faut chercher le pouls et le compter. Dans le plus grand nombre des cas l’on y parvient, mais il en est où le bruit respiratoire couvre complètement ceux du cœur; alors le stéthoscope peut être fort utile. En éloignant l’oreille du thorax, il la rend moins impressionnable à son agitation et lui permet de discerner ce qui se passe dans le centre circulatoire.

Vous savez qu’à l’état normal on compte environ 140 pulsations par minute. Ce chiffre n’est dépassé que dans les premiers jours de la maladie, et celui de 190, signalé par M. Bouchaud (a), doit être considéré comme tout à fait exceptionnel. D’ordinaire il tombe rapidement au-dessous de la moyenne et, tout en oscillant, il décroît d’une manière progressive. Dans les derniers instants de la vie, la diminution du nombre et de l’intensité des battements du cœur s’accentue. On les voit tomber à 80, 60, et même à 30; mais leur rhythme ne subit en général aucun trouble.

La température, grâce à l’usage du thermomètre, est beaucoup plus facile à étudier que la respiration et le pouls, aussi les résultats qu’elle fournit, d’une précision

(a) Loc. cit., p. 186.

POULS. — TEMPÉRATURE, plus grande, sont-ils d’une utilité clinique infiniment supérieure.

Qu’elle se soit légèrement élevée tout à fait au début, ou

Ï qu’elle n’ait subi aucune modification, on la voit, après un nombre de jours variable, s’abaisser d’une manière continue. Elle tombe rarement au-dessous de 34, 33 degrés ; cependant j’ai noté les chiffres 30 et même 25,9 (obs. VI). L’âge exerce ici une influence manifeste. Les abaissements thermiques les plus accentués atteignent les avortons et les enfants

Obs. VI. — Roséole; endurcissement athrepsique. — Pneumonie ; stéatose cérébrale.

Biaise, né le 26 janvier 1857, est

reçu à l’infirmerie le 4 février.

Poids, 1542.

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