‹ Clinique et thérapeutique infantiles (volume 2)Chapitre 31 sur 63 · PÉRITONITE · texte numérisé non relu

PÉRITONITE

Le diagnostic de cette affection est très difficile et cependant il est d’une très grande importance au point de vue du traitement précoce. Aussi, doit-on recherchei la péricardite avec soin, dans toutes les affections signa lées plus haut. C’est surtout dans ce but que nous l’avons signalée ici, car, pour ce qui est du traitement, il ne diffère pas de celui qui est applicable chez l’adulte; révulsifs et préparations de digitale.

Péritonite.

1° Péritonite des nouveau-nés. — Cette péritonite est toujours aiguë; on l’aurait observée inême chez le fœtus. Le plus souvent, elle apparaît apres la naissance, et relève alors toujours de la septicémie puerpérale.

L’infection se fait par la plaie et la cicatrice ombilicale. Baginski dit qu’il l’a vue se produire egalement dans les cas d’occlusion de l’anus. C’est une maladie très grave. Quinquaud a signalé cependant des cas de

“ Traitement. — La prophylaxie sera de la plus grande importance (antisepsie rigoureuse pendant 1 accoucnementet de la plaie ombilicale), car, lorsque la péritonite est déclarée, il y a peu de ressources. On emploiera la quinine, l’alcool, etc., mais avec peu d’espoir.

Péritonite aiguë simple. — Elle est moins fre'qurate que celle du nouveau-né et que celle de 1 adulte. Elle est secondaire, en général, à une maladie infectieuse (scarlatine, fièvre typhoïde sans perforation), et plus souvent encore, elle est secondaire à la typhlite, la pérityphlite et l’invagination. On a révélé encore dans Tétiologie de cette affection, l’érysipele, la dysenterie. Le froid ne doit être invoqué que lorsqu’il n y a pas de cause appréciable, et encore, dans ces cas, on a trouve dans les exsudais le pneumocoque (Werchelboum) et

des streptocoques (Leyden, Froenkel). Disons enfin que le traumatisme peut occasionner une péritonite aiguë.

Cette étiologie est importante à connaître, car elle met sur la voie du traitement prophylactique et curatif.

Traitement. —L’enfant sera mis au repos absolu avec un traitement énergique : sangsues, glace sur l’abdomen, opium ou calomel suivant les cas. Les sangsues et une intervention purgative sont contre-indiquées dans la péritonite succédant à la dysenterie, aune invagination; dans les péritonites infectieuses, le calomel est indiqué.

.4ussi, après avoir fait le traitement causal, on cherchera à faire l’antisepsie intestinale et à faire une révulsion prudente.

Pour cela, on aura recours aux emplâtres d’onguent mercuriel, à la glace. A la fin, et pour combattre les exsudats et la tendance à la chronicité, on emploiera les frictions hydrargyriques prudentes, les vésicatoires, le collodion élastique. Plus tard, on utilisera les enveloppements humides et ouatés.

Les autres symptômes seront traités suivant les cas ; le collapsus sera combattu par les toniques, la constipation par les lavements, les vomissements par la glace, les boissons glacées (champagne). Dans tous les cas, un repos absolu et une diète appropriée, surtout si on craint une perforation (lait, laitages, thé de bœuf, etc.), et se montrer très réservé de toute purgation. Depuis quelques annnées, on commence intervenir chirurgicalement dans ces cas ; les ^ résultats obtenus par la laparatomie, les lavages antiseptiques prouvent qu’on doit faire des tentatives dans ce sens.

Péritonite chronique. — En dehors de la péritonite tuberculeuse, la péritonite chronique se rencontre assez fréquemment, maiselleestsouventméconnue,àcausedu peu d’intensité des symptômes. Cette péritonite chro-

PÉBITONITE

nique semble parfois spontanée, car on ne peut relever aucune cause appréciable, sinon des troubles delà digestion (Baginski). . . r ,

Quoi qu’il en soit, la très grande majorité des péritonites chroniques de l’enfant sont tuberculeuses (tuberculose mésentérique et intestinale).

Cette tuberculose intestinale revêt souvent, au début, la forme aiguë et il est impossible de la différencier des péritonites aigues ordinaires signalées plus haut.

Celles-ci enfin peuvent devenir chroniques et succèdent alors à la pérityphlite, aux entérites graves, aux tumeurs abdominales (foie, rate, etc.).-

Traitement. — Le traitement général sera le même que celui de la tuberculose (voir ce mot).

Au point de vue préventif, éviter avec soin les erreurs d’hygiêne. Dès les premiers symptômes, faire garder le lit, donner des aliments liquides, mais nourrissants (lait, bouillons, œufs). Appliquer dès ce moment, si on n’a pu le faire avant, une bonne hygiène générale (soins de propreté, bains ordinaires, bains salés, aération, etc.).

Localement, on emploiera les frictions mercurielles, les révulsifs abdominaux (vésicatoires et surtout les badigeonnages iodés). On a essayé les frictions avec la pommade iodoformée. Les pointes de feu ont également leurs indications, mais leur action est moins puissante.

Il est de toute importance de faire garderie lit le plus longtemps possible.

Lorsque l’exsudât se résorbe, insister sur le traitement général (huile de foie de morue, extrait de malt ferrugineux et les révulsifs abdominaux, etc.); si le liquide est trop abondant, lui donner issue. La constipation sera traitée par les lavements et les irrigations du gros intestin ; la diarrhée, les douleurs, par le bismuth, l’opium, etc. Des faits récents ont montré les

Page 1