‹ Clinique et thérapeutique infantilesChapitre 5 sur 55 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

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en rapport avec les conditions physiologiques qu’elle fait naître; n’en est-il pas de même de la question des tempéraments et des modifications incessantes qui se produisent chez l’enfant depuis sa naissance jusqu’à la puberté? N’y a-t-il pas là des facteurs importants avec lesquels il faut toujours compter dans la pœdiatrie ?

Dans l’enfance, la débilité du sujet contraste avec l’activité fonctionnelle et l’énergie des actes nutritifs; le défaut d’équilibre créé par la prédominance du mouvement d’assimilation pendant toute la période d’accroissement et l’activité des oxydations ou de la désassimilation est peut-être une des raisons qui font que le lymphatisme se retrouve d’une façon générale dans le tempérament de la plus grande majorité des enfants.

On doit donc conséquemment tenir compte de cette disposition qui, selon nous, domine toute la thérapeutique infantile, et ne jamais la perdre de vue pondant la durée des convalescences.

Si tout médecin sait fort bien que certaines maladies appartiennent exclusivement à l’enfance, il ne doit pas ignorer que dautres entités morbibes, observées à tous les âges, présentent un intérêt particulier par leurs formes spéciales ou par leur fréquence pendant la première période de la vie. Nous avons donc insisté sur quelques points

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particuliers d’étiologie, de pathogénie, et sur les modifications d’évolution que peuvent présenter certains états pathologiques dans le jeune âge. Nous avons également réservé une place importante aux questions d’hygiène et d’antisepsie préventive qui, plus que jamais, doivent préoccuper le médecin appelé auprès d’un malade. N’est-il pas vrai qu’en bien des circonstances les mesures d’hygiène priment pour les enfants tous les autres moyens thérapeutiques : un air pur sera toujours le premier et souvent le plus utile remède.

« Plus l’enfant est affaibli par de longues maladies, plus l’état d’épuisement dans lequel il se trouve est considérable, plus l’effet d’une atmosphère vivifiante est puissant sur lui. » Si l’air qu’un enfant respire en si grande quantité doit être rigoureusement purifié autour d’un petit malade, la salubrité de l'atmosphèrè dans laquelle se développe un enfant sain n’est pas moins importante : si l’air n’est pas autour de lui suffisamment renouvelé, pur et vivifiant, l’enfant dépérit, s’étiole, perd ses forces, et par cela même offre une résistance insuffisante aux germes morbides que l’impurete du milieu contribue puissamment à propager.

Nous savons tous combien sont nombreuses les affections qui se peuvent transmettre par le seul intermédiaire de l’air. Le premier soin d’une pro-

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phylaxie bien comprise doit être la surveillance de cet air lui-même. Nous avons donc traité sérieusement cette question de la prophylaxie qui, selon nous, est d’une importance capitale, car c’est au médecin qu’il incombe d’en régler tous les points; il doit donner l’exemple d’une prudence et d’une asepsie rigoureuses en indiquant minutieusement les précautions à prendre pour éviter la propagation des maladies contagieuses.

C’est en nous appuyant sur les théories les plus récentes d’antisepsie externe et interne que nous conseillons de s’opposer aux menaces et aux progrès constants de la contagion.

Notre pratique, déj à longue, de la médecine infantile, qui nous a appris à bien comprendre l’importance des soins préventifs, nous permet aujourd’hui d’insister au proflt de nos jeunes confrères sur quelques points parfois négligés de la pathologie de nos petits malades.

Nous avons vu que l’enfant qui souffre est parfois si différent de lui-même, que les oscillations rapides et imprévues d’un malade dont on désespérait hier vont en faire un convalescent de demain; tant est vigoureuse cette faiblesse, qui est en réalité de la force naissante !

C’est en cette poussée de vie de l’organisme infantile que réside en bien des cas notre aide la

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plus puissante. Voilà pourquoi le pronostic doit Le essentiellement différent entre les affections de l’enfant, celles de l’adulte et surtout celles du vieillard. Aussi, lorsque nous nous trouvons en présence d’une affection lente, dépressive, a laquelle l’adulte n’offrirait qu’une résistance latente, et le vieillard une réaction nulle, alors même que l’enfant affaibli, déprimé, nous mon re eette face émaciée et vieillie qui semble s etre moulée en réduction sur celle de aieu qui s’éteint, il faut nous garder d’oublier que la vitalité inhérente à l’enfance peut, à un moment, modifier favorablement la situation.

« L’enfant commence et s’essaye à vivre, le vieillard s’éteint et meurt par degrés. »

Nous avons insisté surlaprndence avoc laquelle il faut manier les moyens dont dispose la thérapeutique infantile; sur l'inutilito, parfois dange reuse, qu'il y aurait à employer les remedes dolents et les fortes doses dans eertames maladies, desquelles la nature, aidée d'une eapeel.t.oii rai-

sonnée, triomphe d’ordinaire.

Mais, autant nous avons recommande les moyens doux dans les cas bénins, autant nous réclamons une intervention énergique et rapide dans les circonstances graves : il faut user ^

avec énergie et surtout avec promptitude. Tou

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temporisation pourrait être fatale, et auprès d’un enfant en danger le médecin doit se rappeler qu’il a le devoir d user de tous les moyens dont il peut disposer. Une seule conduite lui est interdite, c’est 1 inaction et le découragement.

La plupart des formules et des indications thérapeutiques signalées dans ce livre sont le résultat e mon expérience personnelle ou de la tradition de mes maîtres, élèves comme moi de mon vénéré pore, le D’’ Blache.

Je me suis elforcé de simplifier et surtout de rendre acceptables les médicaments parfois répugnants ou désagréables, car l’administration des remedes est souvent difficile dans la pratique medicale des enfants.

J’ai conseillé d’éviter autant que possible les grandes doses,les cachets volumineux, les grosses pilules, donnant de préférence des sirops agréa- ' blés modifiant le goût des médicaments amers; enfin, j’ai indiqué quelques petits moyens de pratique et quelques remèdes presque anodins, utiles toutefois, smon pour guérir absolument l’enfant malade, du moins pour le soulager et aussi qu’on me permette de le dire ici, pour consoler et occuper la mère, qu’il n’est pas permis à un médecin des enfants d’oublier; car la mère d’un enfant qui souffre n’est-elle pas aussi, par cela

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