ÉPILEPSIE ET ÉCLAMPSIE
variole, par exemple ; celles qui surviennent à la fin d'une en céphaloméningite, de ce que l'on appelle uue fièvre cérébrale.
Si la convulsion épileptifonne a lieu chez un individu dont nous venons d'ouvrir la veine, chez un animal que nous faisons mourir d'hémorrhagie ; si, comme dans l'expérience si curieuse de M. Brown-Séquard, . nous coupons un des faisceaux de la moelle d'un animal, celui-ci prend iunè attaque convulsive épileptifonne, sous l'influence de certaines excita- | tions extérieures. Nous disons encore qu'il y a éclampsie. I Qu'est donc l'éclampsie relativement à l'épilepsie? Qu'est l'épilepsie relativement à l'éclampsie?
En ne tenant compte que de la forme convulsive, l'épilepsie idiopatliique ou essentielle, pour me servir des mauvaises divisions de l'école, n'est que de Yéclampsîe à retours, et l'éclampsie n'est que l'épilepsie accidentelle et transitoire.
On a prétendu que l'éclampsie différait de l'épilepsie par la continuité et la persistance, quelquefois fort longue, des convulsions ; mais on voit des éclampsies à attaque unique, et de véritables épilepsies à attaques continues, bien qu'il y ait quelque chose de vrai dans cette distinction dont je viens de parler.
Or, pour un organicien, et j'avoue que je le suis dans ce sens que je ne comprends pas une lésion fonctionnelle sans une modalité de l'organe qui préside à la fonction, toute épilepsie, toute éclampsie est nécessairement symptomatique, tantôt d'une tumeur, tantôt d'un empoisonnement, tantôt d'un état particulier du sang, tantôt d'un état organique absolument inappréciable, comme cela a lieu dans l'épilepsie proprement dite, dans l'éclampsie dite vermineuse, dans celle qui succède à une saignée ou à une grande hémorrhagie.
Nous accceptons, messieurs, dans le langage médical, que je ne défends pas ici, mais dont je me sers faute de mieux, et pour être mieux compris; nous acceptons, dis-je, la désignation d 'éclampsie pour les convulsions de la fièvre cérébrale de l'enfant, et nous la refuserions aux convulsions de l'encéphalo-méningite chronique, qui cause, suivant Royer-Gollard, Calmeil1 et beaucoup d'autres, la paralysie générale des aliénés!
Nous acceptons la désignation cVépilepsie symptomatique pour les convulsions vermineuses, pour celles qui s'observent chez les individus atteints de tubercules ou de cancers cérébraux, et nous refuserions cette appellation aux mêmes formes convulsives signalant le début d'une méningite tuberculeuse !
Soyons donc conséquents, acceptons que toutes les convulsions épi—
1. Calmeil, De la paralysie considérée chez les aliénés, Paris, 1826. — Traité des maladies inflammatoires du cerveau, Paris, 1859, 2 vol. in-8.
U DE LA CONGESTION CÉRÉBRALE APOPLECT1FOP.ME
leptiformes, bien que tenant à des causes éloignées très diverses, sont, suivant toute apparence, l'expression de la même modalité intime.
Si nous nous plaçons à ce point de vue, nous comprendrons mieux les relations de l'éclampsie et de l'épilepsie avec ce que Ton est convenu d'appeler la congestion cérébrale apoplecti forme.
Ainsi que je vous le dirai, au moment de la période tonique de la convulsion épileptiforme, la glotte se ferme, et il se fait un effort suprême pendant lequel le visage, les vaisseaux du cou, et nécessairement les vaisseaux de l'encéphale, deviennent turgescents. On peut donc considérer ici la congestion cérébrale comme passive et secondaire.
Mais, messieurs, la profonde hébétude qui succède à une attaque d'éclampsie ou d'épilepsie n'est-elîe que l'effet de cette congestion passive? J'avoue que je ne le crois pas, car la perte de connaissance subite qui signale le début de l'épilepsie, perte de connaissance accompagnée dès l'abord d'une pâleur mortelle, comme l'a fait si bien observer Calmeil dans son excellente thèse sur l'épilepsie, est le signe d'une modification si profonde dans les fonctions du cerveau et probablement dans sa texture intime, que la stupeur consécutive à l'attaque est plus probablement la suite de cette modification que celle de la congestion passive et secondaire.
Remarquez, en effet, que Ton ne peut admettre, comme le veulent un grand nombre de médecins, que l'attaque éclainptique soit le résultat d'une congestion primitive, lorsque, d'une part, on voit l'intensité de l'attaque d'épilepsie n'être nullement proportionnée à l'état pléthorique préalable, et que, d'autre part, pendant une hémorrhagie terrible, on voit survenir des accidents épileptiformes tout aussi violents que ceux qui s'observent dans des conditions diamétralement opposées. J'ajoute que, ainsi que vous pourrez le lire dans le Journal de physiologie de M. Brown-Séquard, au début de l'attaque épileptique, les parties centrales et le bulbe rachidien d'un animal en expérience, au lieu de présenter des signes de congestion, semblent au contraire devenir plus pâles.
D'où résulte que ce que nous appelons tous la congestion cérébrale apoplecti for me, que les phénomènes apoplectiques qui succèdent à l'épilepsie ou à l'éclampsie, pourraient bien n'être rien autre chose qu'un état analogue à la stn peur apoplectique qui succède immédiatement à une grande commotion du cerveau, stupeur apoplectique certainement étrangère à la congestion.
On trouve tout simple que la stase du sang dans le cerveau cause ces phénomènes si graves : or, voyons ce qui se passe chez la femme enceinte et en mal d'enfant. Au moment où la tête va franchir le détroit, inférieur et les parties extérieures de la génération, la femme s'épuise souvent en efforts épouvantables; vous voyez la face violette, les lèvres et les paupières gonflées, la peau chaude et couverte de sueur, et vous