TREMBLEMENT SÉN1LE ET PARALYSIS AGI TANS
les derniers temps, les urines sont difficilement retenues et il y a quelquefois incontinence, laquelle, il est vrai, pourrait tenir à une contraction tonique continue des fibres vésicales.
Il survient encore un accident qui rapproche beaucoup la paralysis agitans des paralysies qui reconnaissent pour cause une hémorrhagie ou un ramollissement du cerveau ; je veux parler de la contracture.
En 1863, je voyais dans mon cabinet un officier général de la marine qui, dans les deux dernières années d'un commandement difficile, avait été pris de paralysis agitans. Après un an, il lui avait été impossible d'écrire, et, lorsque je le vis pour la première fois, il avait les deux derniers doigts de la main droite invinciblement fléchis dans la paume de la main, et il ne pouvait qu'avec une lenteur et une peine extrêmes étendre le pouce et les deux doigts indicateur et médius.
D'abord partielle, cette espèce de chorée, que les auteurs du plus grand mérite ont confondue, non sans raison peut-être, avec la chorea festinans, cette paralysis agitans occupe un bras, par exemple. En même temps que celui-ci est constamment agité de tremblement, il est affecté d'une faiblesse qui, d'abord peu prononcée, fait rapidement des progrès. Bientôt la jambe du côté correspondant se prend à son tour, et avec le sentiment de la diminution de la force musculaire arrivent les mouvements convulsifs involontaires. Le malade ne peut plus marcher qu'en sautillant. Son mal faisant des progrès, l'affection se généralise; le bras jusqu'alors sain et l'autre jambe sont pris; ses allures présentent alors quelque chose de tellement caractéristique, qu'on ne saurait plus s'y tromper, mais on ne saurait non plus en donner une description satisfaisante. Il se tient et marche le corps penché en avant, le bras du côté malade demi-fléchi et fortement appuyé au corps. Son centre de gravité se trouvant ainsi déplacé, il est obligé de courir, pour ainsi dire, après luimême ; il s'en va trottinant, sautillant, et il lui est impossible de changer de place sans aide ; un bâton ne suffit pas toujours, et vous en verrez ne pouvoir marcher que les deux mains appuyées sur les épaules d'un serviteur, ou soutenus par derrière. Cet appui venant à leur manquer, ils tombent inévitablement.
Mais ce n'est pas seulement la progression irrésistible en avant qui caractérise la paralysie agitante, c'est aussi la progression également irrésistible en arrière. On dirait d'une machine montée sur laquelle la volonté n'a plus de part. Vous avez été témoins de ce phénomène, que j'ai observé pour la première fois tout récemment chez un vieillard de mon service et que j'ai depuis, — le cherchant, — retrouvé chez tous les malades qui sont venus me consulter. A l'homme dont je vous parle, qui marchait trottinant, le corps penché en avant, j'eus un jour l'idée d'adresser l'injonction de redresser verticalement son corps et de marcher comme tout le monde ; alors il se redressa, mais aussitôt, chose étrange! il se mit à