TREMBLEMENT SÉNILE ET PARALYSIS AGI TAN S
distinguer de la paralysie agitans : je veux parler de la sclérose en plaques disséminées, dont l'observalion suivante est un exemple :
Un homme de soixante-douze ans, très maigre et très chétif, fut admis dans le service d'Oppolzer de Vienne, le 20 juin, pour être traité d'un tremblement violent qui le mettait hors d'état de se servir de ses mains. * Voici ce qu'a raconté cet homme concernant le début de sa maladie : Il j n'avait jusqu'à l'âge de soixante ans éprouvé aucune maladie sérieuse, 1 lorsqu'en 1848, pendant le bombardement de Vienne, il fut conduit par le hasard au centre du combat. Là, il fut saisi d'une terreur telle qu'il lui fut impossible de retourner chez lui, et qu'on fut obligé de l'y conduire. A peine s'était-il un peu remis, qu'une bombe vint à éclater près de sa maison, et renouvela son effroi. Quelques heures après ces divers événements, en voulant prendre un peu de nourriture, il s'aperçut qu'il lui était impossible de se servir de ses mains, parce qu'elles étaient prises immédiatement d'un tremblement violent dès qu'il s'agissait d'opérer un mouvement. Il remarqua aussi, peu de temps après, que les membres inférieurs étaient également le siège d'un tremblement; mais celui-ci était beaucoup moins violent et n'empêchait pas la marche. La maladie, non seulement résista à tous les moyens employés, mais encore s'aggrava progressivement. Le tremblement persistait même pendant le repos du malade, et s'étendit à des muscles qui jusque là n'avaient point été envahis; enfin il s'y joignit de la paralysie. Au bout de quelques années, le malade se vit dans l'impossibilité de demeurer dans la position verticale; dès qu'il cherchait à se tenir debout, il éprouvait une irrésistible propension à tomber en avant ; il lui fallait alors, pour éviter la chute, saisir les objets environnants ou marchera pas précipités. L'acuité de ses sens et des facultés intellectuelles avait diminué lentement, mais d'une manière progressive.
L'usage du thé, du café ou des boissons spiritueuses, augmentait toujours le tremblement; l'agitation des membres inférieurs était surtout prononcée le soir, lorsque le malade avait marché pendant la journée.
Environ six mois avant son admission à l'hôpital, les sphincters, celui de la vessie en particulier, furent pris de paralysie ; et ces accidents, au bout d'un mois de traitement, parurent s'être quelque peu amendés. Plus tard, à la suite d'un violent accès de vertige, le malade s'affaissa tout à coup sur lui-même, et se trouva dans l'impossibilité de se relever ; cependant il ne perdit nullement connaissance pendant toute la durée de l'attaque. Depuis cette époque, l'émaciation s'est accrue très rapidement; la station et la marche ne sont plus possibles que pendant un très court espace de temps, et elles exigent de grands efforts ; en outre, la parole est embarrassée.
Lors de son admission à la Clinique, le malade élait dans l'état sui-