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EXAMEN DE L’EXTÉRIEUR DU SUJET

Cet examen peut être fait rapidement et cependant doit être complet.

Le sujet, couché sur la table, a un aspect particulier et produit une première impression qui fournit souvent des indications utiles. Les déformations du squelette, rachitisme, mal de Pott, fractures, frappent l’œil à première vue; il en est de même de la couleur des téguments, ictère, mélanodermie, etc. Certains sujets sont œdémateux (affections du cœur, du foie et des reins); d’autres, très amaigris, ont succombé à la suite d’une maladie chronique; quelques-uns, forts et bien musclés, ont été frappés par une maladie aiguë.

Les affections cutanées ne laissent pas toutes des traces visibles après la mort : les érythèmes, la scarlatine, la rougeole à son début et même certains lymphadénomes ne se voient plus sur le cadavre. Aussi, lorsqu’on veut les étudier, est-il prudent de bien connaître le siège des lésions avant la mort. S’il y a des points de repère naturels, saillies musculaires, osseuses, etc., on les retrouve facilement. Dans le cas contraire, on peut en faire un calque sur papier ou les marquer à l’aide d’un crayon dermographique ou de nitrate d’argent.

Les affections bulleuses, pustuleuses ne disparaissent pas après la mort. Lorsqu’on veut les étudier au microscope, il est prudent de recueillir les fragments de peau en des points du corps où les liquides sont en moindre quantité, c’est-à-dire jamais dans les parties déclives. On évite ainsi de prendre des tissus macérés qui sont plus rapidement que les autres altérés par la putréfaction.

La peau ayant été examinée avec soin, le cuir chevelu attire

naturellement l’allention. Si le sujet est chauve, on observe la forme de la calvitie; si les cheveux sont conservés, on cherche les cicatrices, les papules que les cheveux peuvent cacher. L’état du conduit auditif externe doit être observé (écoulements, etc.), ainsi que celui des cornées, de la conjonctive et des paupières. Les orifices naturels, narines, bouche, anus, vulve, sont examinés.

On peut trouver ainsi, par cet examen général du tégument externe, un certain nombre de lésions qui indiquent la marche à suivre dans les recherches ultérieures.

L’aspect du cadavre peut être singulièrement modifié par la putréfaction. Dans ce cas la peau de l’abdomen tendue comme la peau d’un tambour est verdâtre; les vergetures infiltrées de sérosité, les veines gonflées de sang mélangé de gaz font saillie, le tissu cellulaire du dos et de la face postérieure du tronc est œdémateux; l’épiderme se soulève. Les données que l’on peut tirer de l’aspect des téguments sont alors bien peu nombreuses.

Après avoir vu les téguments, il faut s’assurer par la palpation1 qu’aucune lésion n’a été oubliée. La main perçoit le volume et la consistance des ganglions lymphatiques, les exostoses, les fractures et les cals des os superficiels (côtes, tibia, clavicule). S’il y a des fistules, une sonde cannelée en suit le trajet qui est ensuite largement ouvert. Des incisions faites aux téguments montrent l’épaisseur des tissus cicatriciels ou la profondeur des ecchymoses et des ulcérations, des eschares au sacrum, des ulcères variqueux, etc. C’est par le même moyen que l’on apprécie l’étendue des lésions produites par les vésicatoires, les ventouses, les brûlures et les cautères.

Les tumeurs sont disséquées avec soin, enlevées par des incisions franches et conservées s’il y a lieu pour l’examen histologique. Tout foyer de fracture est largement ouvert et étudié sur place. Il en est de même des articulations gonflées.

Les os malades et surtout les os tuberculeux, au voisinage ou non d’une articulation, sont divisés à l’aide d’un fort couteau sur le dos duquel on frappe à coups de maillet2. Les surfaces de section sont alors franches et nettes, au lieu que celles que l’on obtient en

1. Une bonne précaution à prendre, avant de toucher au cadavre, consiste à s’enduire les mains d’un corps gras. La vaseline boriquée remplace avantageusement le cérat ou l’huile employés par les anciens anatomo-pathologistes.

2. Cornil et R AN VIER, Traité d' Histologie pathologique, 2° édition, t. I, p. 425.

E. SüCHARD. — TECHNIQUE

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