‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 142 sur 192 · Gikode, Soc. anat. 1892, p · texte numérisé non relu

Gikode, Soc. anat. 1892, p

5. Tout récemment, MM. Sabrazes et Mongour (Soc. d'anatomie et de physiologie de Bordeaux, 22 janvier 1894) ont retrouve des bacilles de Koch associés à d'autres microcoques dans les parois d'une veine iliaque thrombosée. Enfin M. Ilaushalter (Revue médicale de l'Est, n° 17, 1893) a constaté la présence certaine du bacille d'Ebertli dans une plilegmatia typhoïdique.

VAQUEZ. — PHLÉBITE UES MEMBRES, des points multiples et là surtout où la phlébite semble avoir débuté. Aussi avons-nous déjà insisté sur ce fait que c’est principalement dans la période préoblitérante de la phlébite cachectique que l’on a chance de parvenir à des résultats positifs. Nous ne parlons pas des cas où la phlébite serait survenue dans le cours ou à l’origine d’une infection purulente, sans qu’il se soit produit de coagulation intraveineuse. Des recherches en des cas pareils n’ont pu être faites, elles ne le seront jamais qu’exceptionnellement.

Les conditions dont nous avons parlé plus haut sont parfois difficiles à réaliser, cela explique pourquoi les résultats peuvent être parfois assez dissemblables. On peut s’expliquer de diverses façons la raison de ces dissemblances.

Tout d’abord les agents infectieux disparaissent assez rapidement des caillots des veines, plus lentement des parois, et l’on comprend que dans certains cas l’examen des parois soit positif, alors que l’examen du caillot est resté négatif. D’autre part il peut se faire que les méthodes en usage permettent de retrouver des micro-organismes dans le caillot d’une veine, alors qu’elles sont impuissantes à les déceler dans les parois du vaisseau. C’est ce qui est arrivé dans un cas observé par Girode dont nous reproduisons ici la communication, telle que cet auteur a bien voulu nous la faire :

« Examen bactériologique. — Après cautérisation de la paroi veineuse on fait une prise de sang vers le centre de chaque veine iliaque externe, et en un point du sinus longitudinal supérieur; les parties correspondantes des veines sont enlevées entre deux ligatures et fixées immédiatement dans l’alcool absolu.

« Les prises formées de sang et de grumeaux fibrineux servent à ensemencer des géloses inclinées et des bouillons, et à préparer directement des plaques de gélose qui sont placées à l’étuve à 35 degrés.

« Les divers milieux ont fourni dès le lendemain une culture pure et très riche de bacille d’Escherich, qui rougit et coagule en masse le lait tournesolé, en 24 heures, et donne, dans le bouillon peptonisé, la réaction de l’indol. Les autres caractères sont conformes à ce qu'on sait du colibacille. Aucun des milieux n’a fourni d’autre microbe. — J’ai fait un ensemencement avec du sang liquide recueilli en bas de la veine cave vers l’extrémité du caillot, et dans le cœur droit. Ces derniers ensemencements sont restés stériles. »

On comprendra par ce qui précède que les résultats obtenus ne puissent pas être toujours identiques à eux-mêmes et qu’il soit nécessaire de savoir les interpréter pour en comprendre la valeur.

De ce que nous venons de dire, on peut conclure que la présence de micro-organismes dans le caillot des veines oblitérées n’est pas chose exceptionnelle : nous avons nous-môme rapporté d’assez nombreux exemples pour qu’il nous soit inutile d’insister sur ce point. D’ordinaire les micro-organismes sont disséminés dans le caillot, mais ils sont souvent beaucoup plus apparents sur la paroi interne de la veine, c’est-à-dire à la périphérie du caillot. Ils sont plus faciles aussi à déceler dans les caillots non oblitérants, et c’est encore un point sur lequel nous avons déjà insisté dans une communication à la Société de Biologie1. Une particularité que nous avons également signalée dès 1890, et qui concorde bien avec ce caractère d’infectiosité plus grande des phlébites non oblitérantes, consiste en ce fait que les parties externes du caillot, celles qui constituent le caillot prolongé de Virchow, sont habituellement stériles. Celles-ci cependant sont bien de formation plus récente, mais ce sont aussi des coagulations le plus souvent secondaires, d’origine aseptique. Nous trouvons encore dans le fait de Girode une confirmation de ce que nous avons avancé.

Nous avons dit d’autre part que les agents infectieux abandonnaient assez rapidement les caillots intra-vasculaires. Nous savons avec quelle* rapidité les micro-organismes pathogènes disparaissent du sang vivant. Les recherches de Wissokowitsch* sont, à cet égard, des plus intéressantes et l’on pourra retrouver dans la thèse récente d’Ettlinger3 tous les renseignements que cette question comporte. Lorsque le sang e*-t coagulé, la disparition se fait à coup sûr plus lentement, mais dans les coagulations qui ont de 15 à 20 jours d’ancienneté, il est déjà facile de voir que les micro-organismes sont peu abondants; souvent il est difficile d’obtenir des cultures positives. La structure anatomique du caillot n’est pas non plus en rapport avec la présence ou l’absence de micro-organismes dans son intérieur, car l’on peut voir certains caillots ramollis, à aspect puriforme, qui donnent dans les recherches des résultats absolument négatifs*.

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