XXXVIII. — Communication orale du professeur Potain
M. M..., 40 ans.
Mère morte d’une affection de poitrine, un frère mort d’une affection de poitrine après avoir eu une pleurésie.
Vers 14 ans laryngite prolongée qui aurait entraîné examen de la poitrine. 4 ans après, coqueluche, à la suite de laquelle bronchite prolongée. Depuis lors oppression.
Cœur. Rythme mitral type.
Poumons. Sonorité diminue, fosses sus-épineuses; respiration rude sans râles.
Obs. XXXIX (tirée d’une clinique du professeur Potain ( Union méd., ‘2 août 1892).
Citation de l’observation d'une malade ayant présenté lésions d’excavations pulmonaires guérissant à mesure que l’affection cardiaque augmentait.
Observation qui sert de base à la clinique.
Diagnostic : Rétrécissement mitral pur avec quelques granulations fibreuses pulmonaires.
Insuffisance tricuspidienne.
Obs. XL. — Service du professeur Potain, M. Goschbaum. Diagnostic : Rétrécissement mitral pur; tuberculose suspecte.
S. Marie, 37 ans. 1892.
A. H. Rien de particulier.
A. P. Fièvre typhoïde à 9 ans.
Vers 18 ans, fièvres intermittentes.
Jamais de rhumatisme.
Tousse depuis 4 ans, amaigrissement.
Depuis un an, elle éprouve pour la première fois de la dyspnée d’effort et palpitations.
Trois grossesses normales.
Examen actuel :
Cœur. Rythme mitral complet.
Poumon. Sommet gauche, submatité fosse sous-épineuse, respiration affaiblie ; sous la clavicule gauche, mêmes signes.
Le diagnostic porté par M. Potain est rétrécissement mitral pur; tuberculose ancienne.
Obs. XLI (personnelle). — Service du professeur Potain. Diagnostic : Rétrécissement mitral pur; signes de tuberculose ancienne, améliorée dans ces derniers temps.
Berthe M..., 31 ans. 1891.
Pas d’antécédents héréditaires.
A. P. Santé très délicate pendant son enfance.
Réglée à 15 ans, mais mal réglée, leucorrhée.
Il y a 10 ans, soignée chez M. Ollivier pour tuberculose pulmonaire. Santé toujours délicate.
Il y a un an, revient pour la première fois, palpitations, dyspnée.
Crises nerveuses depuis, impressionnabilité excessive.
On note que les bronchites autrefois fréquentes ont diminué, disparu depuis février à l'époque où les signes cardiaques ont débuté. L’amaigrissement assez notable a aussi disparu. Sueurs nocturnes.
Cœur. Dédoublement du 2e bruit, frémissement présystolique. Poumons. Sommet gauche, douleur à la percussion en arrière, diminution du murmure vésiculaire, expiration prolongée, craquements. Sommet droit. Diminution du murmure vésiculaire.
Obs. XLII (personnelle). — Service du professeur Bouchard. Diagnostic : Rétrécissement mitral pur; tuberculose pulmonaire. X..., 1891.
A. H. Père vit, bien portant, mère aurait une bronchite chronique avec hémoptysies, 4 frères et sœurs bien portants.
A. P. Rougeole à 4 ans, santé toujours délicate.
Dès son plus jeune âge, respiration courte, difficultés à courir vite et longtemps.
Jamais de rhumatisme articulaire aigu.
Tendance aux bronchites l'hiver.
Examen actuel :
Poumons. En avant. : rien.
En arrière : fosse sus-épineuse gauche, submatité très prononcée, résistance exagérée au doigt, respiration faible, pas de râles, retentissement de la voix et de la toux.
Amaigrissement, perte des forces, anorexie.
Cœur. Rythme mitral.
Séjours répétés à l’hôpital à cause de son cœur.
Obs. XLIII (personnelle).
Diagnostic : Rétrécissement mitral; tuberculose clans les antécédents héréditaires; 1er degré de tuberculose pulmonaire; pas de rhumatisme.
B..., âgée de 18 ans et demi, couturière (malade externe).
A. H. Père mort à 41 ans d’une affection de poitrine; a été longtemps malade, hémoptysies; mère à 57 ans, morte après un refroidissement ; 7 ans de maladie; un frère mort poitrinaire à 10 ans, hémoptysies.
A. P. Aucune maladie fébrile de l’enfance.
Conjonctivite avec blépharite chronique durant un an 1/2.
Pas d’adénopathies scrofuleuses.
Vers 9 ans, elle commence à remarquer que sa respiration est toujours courte, pénible, qu'elle a de la difficulté à courir vite et longtemps, qu’elle éprouve des palpipations.
Jamais de rhumatisme.
Réglée à 12 ans, menstruation en général retardée, leucorrhée.
Céphalées fréquentes, anémie.
Depuis quelques années, tendance à s’enrhumer fréquemment l'hiver.
Rien autre.
Cœur. Signes classiques du rétrécissement mitral.
Poumons. Sommet droit, submatité, murmure vésiculaire — ; expiration rude =~h; vibrations thoraciques -K
Obs. XLIV. — Service du professeur Potain.
Autopsie.
Cœur. Volume à peu près normal, pas de traces de péricardite.
La pointe est formée par le ventricule gauche. La valvule mitrale suffisante à l'épreuve de l’eau est manifestement rétrécie et ne laisse passer que l’extrémité de l’index. Le rétrécissement est produit par des adhé-
rences anormales de valves au niveau de leurs extrémités. Les vaisseaux des valvules sont très apparents et arrivent jusqu’à 1 millimètre du bord libre.
Tricuspide, bourrelet de végétations récentes.
Sigmoïdes aortique et pulmonaire saines, ganglions trachéo-bronchiques caséeux.
Poumons. Gauche, sommet : noyau gros comme un œuf dans lequel se trouvent quelques petits tubercules caséeux et même 2 ou 5 cavernules.
Droit : emphysémateux, plusieurs tubercules au sommet, la plupart compris dans un noyeau fibreux.
Rien autre à signaler.
Obs. XLV. — Service du professeur Potain.
Autopsie.