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I. L’examen de l’extérieur du sujet

II. L’ouverture des cavités du corps et l’examen des organes qu’elles contiennent.

III. L’examen au microscope des organes et des tissus, suivi ou non de recherches bactériologiques.

Ces trois opérations constituent un ensemble de recherches tendant à la solution d’un problème ainsi posé :

Etant donné vn cadavre , indiquer l'état, des organes et déterminer, si possible, la cause de la mort.

Pour résoudre ce problème, l’anatomo-pathologiste procède de la même manière que quand il veut établir le diagnostic anatomique d’une tumeur : il fait une hypothèse* 1 II. III. qu’il cherche à vérifier, mais qu’il abandonne ou modifie suivant la nature des faits qu’il observe.

Il y a cependant une différence à établir entre l'autopsie et l’examen des tumeurs, c’est que l’hypothèse faite sur la nature d’une tumeur est uniquement suggérée à l’observateur par les caractères qu’elle présente à l’œil nu, au lieu que, dans un grand nombre de cas, l'anatomo-pathologiste possède, avant de procéder à l’autopsie, une hypothèse qui lui est fournie par le diagnostic du médecin traitant2. Cette hypothèse est tout à fait probable lorsque

1. Cornil et Ranvieu, Manuel d' Histologie pathologique, 2e édition, t. I, p. 365.

2. Les autopsies médico-légales sont faites dans un luit particulier, et le manuel opératoire en est indiqué dans des ouvrages spéciaux.

le diagnostic est basé sur la constatation d’un fait anatomique : symptôme pathognomonique ou lésion apparente.

Quelquefois, la maladie ayant été de trop courte durée pour être étudiée (mort subite), les circonstances dans lesquelles la mort est survenue constituent des indications sur la nature probable des lésions.

Dans les cas où toutes ces données font défaut, l’hypothèse est basée sur les caractères que présente l’extérieur du sujet. Ainsi, par exemple, si tous les ganglions accessibles à la vue et au toucher sont hypertrophiés, on suppose une lymphadénie et, après l’ouverture de la cavité abdominale, l’hypothèse est vérifiée ou abandonnée suivant qu’on trouve ou non la rate hypertrophiée et des tumeurs lymphadéniques de l’intestin. Chez des sujets jeunes et vigoureux les maladies aiguës sont probables, la pneumonie surtout, lorsque le cadavre n’est pas amaigri et qu’il porte sur la peau du thorax des traces de ventouses scarifiées ou d’un vésicatoire récemment posé.

Il peut arriver que l’on ne trouve aucune indication dans l’examen de l’extérieur d’un sujet. Dans ce cas, l’hypothèse est basée sur l’aspect des organes mis à découvert après l’ouverture de la cavité abdominale et de la cage thoracique. On fait, par exemple, l’hypothèse de tuberculose généralisée lorsqu’on rencontre des tubercules miliaires dans le grand épiploon ou à la surface des intestins; on suppose un mal de Bright quand le cœur est augmenté de volume à la suite d’une hypertrophie considérable du ventricule gauche.

Dans tous les cas, le diagnostic anatomique n’est définitivement établi qu’après l’examen complet des organes, et comme souvent les lésions de ces organes ne sont pas visibles à l’œil nu, leur examen au microscope devient nécessaire.

Cet examen doit même fréquemment être précédé ou suivi de recherches bactériologiques qui le complètent en permettant de poser un diagnostic étiologique.

Les trois opérations qui composent l’autopsie sont donc toutes également utiles : les deux premières servent à localiser, pour ainsi dire, les lésions; la troisième les définit.

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