Leyden, Soc. m6d. int. de Berlin, 4 avril
Les plaies pénétrantes ne sont pas toujours mortelles, bien qu’en ait dit Galien. 11 est vrai qu’à son époque, les armes dont se servaient les athlètes et les soldats étaient fort larges, et leurs blessures, lorsqu’elles atteignaient le cœur, toujours mortelles. Aujourd’hui encore, dans la pratique militaire, les plaies du cœur par coups de baïonnette ou pénétration de balles, surtout de la balle moderne, qui fait pour ainsi dire éclater la face postérieure du cœur, sont d’ordinaire suivies d’une mort rapide. 11 n’en est plus de même dans la pratique civile, où les traumatismes observés sont rarement aussi étendus. On trouve dans YEdimbourg Med. Journ. (1884) l’histoire d’une dame âgée, aliénée, qui s’enfonça une épingle à cheveux dans la pointe du cœur. Cette dame fut trouvée sans connaissance, et hémiplégique; l’aiguille fut retirée et les accidents guérirent assez rapidement.
Huppert et Peabody ont rapporté des cas où une aiguille, ayant pénétré dans la paroi ventriculaire gauche, y demeura plusieurs années sans déterminer d’accidents. Laugier1 a observé un fait analogue.
D’autres fois, le traumatisme a pu atteindre plus profondément le cœur, intéresser largement la paroi et pénétrer jusque dans les cavités, sans provoquer immédiatement la mort.
Ambroise Paré rapporte l’histoire d’un gentilhomme qui reçut au siège de Turin un coup d’épée au cœur, eut la force de poursuivre encore son adversaire sur l’espace de 200 pas, pour tomber mort enfin. Or, la blessure du cœur avait la largeur d’un travers de doigt.
Brugnoli 2 a constaté une division de la grande lame de la mitrale chez un sujet blessé d’un coup de couteau 19 ans auparavant.
Les blessures par coups de feu permettent quelquefois une survie non moins surprenante.
Jàger, en 1887, a vu survivre 54 heures un enfant de 11 ans qui avait reçu une charge de plomb de chasse dans la région du cœur; le muscle cardiaque était traversé par une plaie où l'on pouvait entrer le petit doigt.
Kalinski retrouva sur la paroi cardiaque une cicatrice de 2mm,5 chez un invalide qui, frappé 11 ans auparavant d’un coup de feu, avait joui depuis ce temps d’une excellente santé.