‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 45 sur 192 · Cejka, Prager Viertclj., 2e Bd · texte numérisé non relu

Cejka, Prager Viertclj., 2e Bd

je n’ai jamais, pour ma part, pu comprendre ce qu’on voulait dire par ce souffle de la myocardite. Ce n’est pas à coup sur un bruit d’origine musculaire, car il y a longtemps que l’on ne croit plus aux bruits rotatoires musculaires de Laënnec. L’insuffisance fonctionnelle de certains orifices est également, à mon sens, une vue de l’esprit. Que reste-t-il donc? La possibilité d’entendre dans le cours d’une poussée de myocardite des bruits de souffle extracardiaques, et de fait, les bruits qu’on entend alors sont extérieurs au cœur. Vous voyez donc, en tout cas, qu’ils n’ont qu’un rapport très indirect avec la myocardite, à plus forte raison avec la symphyse cardiaque.

Mais l’on peut parfois entendre aussi des bruits de frottement ou de froissement correspondant à des poussées subaigües nouvelles de péricardite, dans les cas où la symphyse n’est pas d’emblée généralisée. Parfois aussi, on peut percevoir au devant du cœur, surtout dans la région de la pointe, des petits bruits nets, claquants, insérés dans le petit silence, très localisés, et que l’on ne saurait guère attribuer à autre chose qu’à la mise en tension d'une bride péricardique. Je me suis expliqué tout à l’heure sur le bruit de choc diastolique de la base qui peut simuler un dédoublement du deuxième bruit ; il est possible cependant que ce dédoublement existe et si1 rattache à de la symphyse cardiaque, surtout lorsque celle-ci s’accompagne de dégénérescence myocardique. Mon interne, M. Bureau1, a rapporté récemment un cas de symphyse localisée avec anévrysme de la pointe du cœur où, pendant l’existence, on avait pu à plusieurs reprises percevoir un dédoublement constant et très net du deuxième bruit.

Si maintenant nous interrogeons le système vasculaire, nous verrons que les artères et les veines ne peuvent nous fournir que peu de renseignements. Il y a un phénomène à propos duquel on a fait beaucoup de bruit, peut-être à cause de son nom, c’est celui que l’on a appelé le pouls paradoxal. Il n’y a de paradoxal dans ce signe que son nom lui-même. Il consiste en ce fait que, pendant l'inspiration, le pouls s’affaiblit jusqu’à disparaître complètement. Le phénomène avait été remarqué, dès 1854, par Griesinger, mais c’est surtout Kussmaul5 qui, en 1875, a rappelé sur lui l'attention. Cet auteur suppose que chez certains sujets, des brides

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