‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 98 sur 192 · Rigollet, De la phlébite paludéenne. Th. Bordeaux · texte numérisé non relu

Rigollet, De la phlébite paludéenne. Th. Bordeaux

conclut, non sans quelque apparence de raison, que le paludisme peut déterminer des lésions multiples des veines, surtout des lésions chroniques. M. Bitot1 a présenté à la Société anatomique de Bordeaux un jeune homme venant de Panama, y ayant subi les accidents palustres, et porteur, depuis ce temps, d’indurations persistantes des veines cubitale et radiale, des veipes basilique et de la saphène. Ces indurations ne déterminaient d’ailleurs que des troubles subjectifs modérés. Le sujet était, d’autre part, syphilitique et alcoolique, mais la syphilis et l’alcoolisme ne paraissent pas pouvoir déterminer une pareille lésion des veines, et M. Bitot conclut justement que le rôle du paludisme est à mettre au premier plan. Deux mois plus tard, M. Bégnier2 présentait à la môme Société quatre malades venant également des pays chauds et porteurs, eux aussi, d’indurations chroniques des veines des membres supérieurs. Dans tous ces cas le rapport entre l’infection palustre et les lésions chroniques des veines ne semble guère douteux. Il est inutile d’ajouter que nous ne sommes pas renseignés d’une manière suffisante sur la pathogénie et l’évolution de ces lésions.

M. Duponchel3 a, d’autre part, rapporté à la Société médicale des hôpitaux de Paris le cas d’un soldat qui présentait, au niveau des veines du bras et à la racine de la cuisse, des indurations certainement en rapport avec des lésions chroniques des veines. Ce soldat se trouvait en Algérie et il paraissait d’ailleurs en excellente santé. A l’occasion de la communication de M. Duponchel, M. Letulle ajouta qu’il avait, pour sa part, rencontré souvent de pareilles indurations chez des malades tuberculeux et M. Ilayem assura en avoir également constaté souvent à la fin des cachexies. Pour ce dernier auteur, il devait à coup sûr s’agir de périphlébites diffuses. L’année suivante, M. Duponchel4 présenta deux cas nouveaux d’induration chronique des veines, sans pouvoir apporter à leur sujet de notions étiologiques satisfaisantes.

Notre attention a été attirée depuis trop peu de temps sur ce sujet pour que nous soyons en droit de donner un avis définitif sur ce point; nous dirons cependant qu’en 1890, nous avons pu

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