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DE LA SYMÉTRIE DANS LES AFFECTIONS CUTANÉES

mot entre les deux moitiés des organes simples, entre des organes doubles comme les deux reins, les deux ovaires.

Graves a signalé un des exemples les plus frappants de la symétrie pathologique dans Térj sipèle médian ; il a formulé cette loi : que quand Térysipèle débute par la ligne médiane, il se développe symétriquement des deux côtés. Un fait, observé récemment par moi à Tllôtel-Dieu, donne à cette loi de Graves une confirmation si éclatante et si curieuse que je crois devoir le rapporter ici.

Au mois de juin 1871, je reçus dans mon service un homme affecté d'ërysipèle de la face. La fluxion érysipélateuse avait commencé par le dos du nez et s'étendait symétriquement des deux côtés. Le troisième jour, elle occupait le front; mais en dehors et au-dessous des deux bosses frontales existaient deux espaces tiMangulaires ayant environ 2 centimètres et demi de côté, au niveau desquels la peau^ pâle et déprimée, était restée parfaitement saine. Sa couleur, normale dans cet espace^ contrastait avec la coloration rouge, carminée des parties voisines. Les bords, qui limitaient celte partie de peau inattaquée par l'érysipèle^ formaient des bourrelets saillants, indiquant, suivant la remarque de Chomel, que le travail morbide n'était pas aiTêté et que cette portion des téguments, jusque-là respectée, subirait un envahissement ultérieur.

A gauche, le bord externe de ce triangle correspondait exactement à une cicatrice linéaire, trace d'une ancienne plaie du front qui avait divisé la peau dans toute son épaisseur. La moitié droite du front n'avait subi aucune lésion ; et cependant la partie des téguments respectée par Térysipèle présentait exactement la même forme, le même siège et les mêmes dimensions que celle qui, du côté gauche, était contiguê à la cicatrice. Ces deux triangles avaient une égalité géométrique parfaite ; leurs positions et leurs directions étaient absolument semblables.

On pouvait supposer que l'interruption des vaisseaux par la cicatrice, qui était sensiblement perpendiculaire aux rameaux de l'artère frontale, avait retardé à gauche la fluxion érysipélateuse; mais à droite, la loi de symétrie pouvait seule expliquer cette anomalie, qui fut passagère d'ailleurs, comme je l'avais prévu. Au bout de 24 heures, Térysipèle avait franchi Tobstacle, et le front présentait une rougeur uniforme, sur laquelle la cicatrice du côté gauche marquait seule par une ligne blanchâtre la place qu'avait occupée le triangle observé la veille

Le septième jour, Térysipèle avait disparu et le malade entrait en convalescence.

Ce fait, en confirmant la loi de Graves, me pai^alt soulever d'intéres-

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sautes questions de physiologie pathologique. Quel est le lien de celle solidarité, qui répartit le travail morbide avec une si rigoureuse égahié et une symétrie si parfaite entre les parties similaires? Si, comme la physiologie l'enseigne, Faction vasculaire qui préside à la Ouxion ér>sipélateuse est placée sou» la dépendance du système nerveux, on dirait que les nerfs centripètes gauches ont tran&mis aux centres d'innervation rim]>i*ession de l'obstacle apporté par la cicatrice aux envahissemeul» del'érysipèle, et que ces centres ont réglé, eu conséquence, Tinnervatioa vaso-motrice de manière à l'harmoniser des deux côtés.

Il est certain que les nerfs sympathiques s'anastomosent entre eux, que les deux moitiés de l'encéphale sont unies par de nombi'^euses cominissures : peut-^étre même, comme 1 admettent quelque* anatomisies, les nerfs cérébi^aui^ gauche» et droits se réunissent-'ils à leur origiae. Mais dans quelles conditions et de quelle manière se solidarise l'acftiaii de ces nerfe? Nos regards et nos scalpels ont vainement interrogé jusqu'ici la masse encéphalique, sans lui arracher ces secrets.

Tout nous porte à considérer le système nerveux comme le régulateur et l'incitateur des actions vitales dans les organismes animaux. Nous ne ^devons pas oublier, cependant, que celle loi de symétrie, dont nous . cherchons l'explication dans l'état pathologique, est, comme nous le disions plus haut, une loi physiologique primordiale* Elle se manifeste dans le germe animal avant l'apparition de tout appareil nerveux. Clk se révèle dans les organisme végétaux av^c une régularité et une cou* stance merveilleuses. Le mécanifime peut donc eu dire cacbé dans des l'essorts plus intimes que eeux qu'il nous a été donné jusqu'ici d'apeix^evoir. Et pourtant, une (ois Torgantsme arrivé à son évolution e/>mplète dans les animaux supérieurs, le système nerveux jious apparaît comme Tinstiiiment ou, du moins, la colidition de ces actions fondamentales et directrices, que nous appelons les lois de la vie.

Dans quelques cas, nous pouvons constater une connexité entre des modalités anomales des nerfs et de« lésions tégumentaires. Ainsi, on observe parfois des douleurs violentes dans la région lombaire, vers l'émergence des nerf»« dont quelques jours après les localisations du zona suivent la direction et dessinent, pour ainsi dire, le parcours. Souv^t même il jette ses groupes vésiculeux sur le trajet des différenles branchea, qui ont entre ellos des connexions d'origine. A réruption peuvent succéder des névralgies, qui sont parfois d'une opiniâtreté désespérante. Je me rappelle avoir vu, avec Chomel, une vieille dame qui, douzç^ ou quinze ws auparavant, avait été affectée de zona et qui

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