PREMIÈRE VARIÉTÉ. — SUETTE SANS MILIAIRE
Quelques malades ont affirmé n'avoir eu d'éruption à aucune période de la maladie, et ne présentaient en eiïet aucune trace de desquamalion.
Tous les auteurs qui ont décrit des épidémies de fièvres cxanthématiques ont cité des cas dans lesquels Texanthème seul manquait, le maladQ présentant d'ailleurs tous les symptômes qui ordinairemcDt en accompagnent le développement; aussi je n'ai aucune répugnance à admettre la possibilité d'un fait analogue; mais ici Terreur est facile» et plusieurs circonstances peuvent en imposer au malade et même à ceux qui l'entourent.
1° Jamais les malades n'ont été soumis à un examen assez rigoureux pour que ce fait fût mis hors de doute. Une éruption rare, limitée, aura pu facilement passer inaperçue, d'autant plus que les malades étant dans un état de transpiration habituelle, on hésitait à les soumettre à une investigation minutieuse qui aumit pu être la cause d*uu refroidissement dangereux.
2*' Quand une aiïection épidémique sévit dans une contrée, les habitants et les médecins eux-mêmes sont portés à lui rapporter tous les cas de maladie qui surviennent pendant sa durée, et saisissent avec empressement la moindre analogie symptomatique pour conclure à l'identité de nature.
Par une température aussi chaude que celle qui régnait alors, heaucoup d'affections peuvent être compliquées de sueurs, surtout quand beaucoup de malades, guidés par des préjugés trop répandus, entassent sur eux des oreillers et des couvertures, se condamnent au repos et cherchent tous les moyens possibles de favoriser la transpiration.
D'ailleurs, n'est-ce pas un fait généralement admis que, sous l'empire d'une affection épidémique, beaucoup de maladies intercurrentes revêtent quelques-uns des caractères de l'affection dominante, lui empruntent quelque chose de sa physionomie et de ses symptômes, tout en conservant leurs symptômes propres et leur marche individuelle ; et, dans ce cas encore, on a pu croire identiques des affections qui n'avaient entre elles aucune parenté.
DEI'XIEME VARIETE. — M1LIAIRE SANS SUEURS.
M. C4hal('lain, médecin de Saint-Cyr, nous a dit avoir observé un enfant chvz le(|uel l'éruption fut des plus prononcées et ne fut pas accompagnée de sueurs.
RECflUTES.
Quelques malades entrés déjà en convalescence furent soumis à des rechutes qui parurent déterminées par des imprudences ou par des écarts de régime. Ces rechutes furent caractérisées par la réapparition des symptômes qui avaient accompagné la première atteinte de la maladie ; mais en général, leur durée fut courte; elles furent peu gi'aves, et la guérison ne se fit pas longtemps attendre. Chez une femme qui n'était pas complètement guérie, lorsqu'elle fut prise pour la deuxième fois de la suettc miliaire, TafTection, sans présenter aucun caractèi'c alarmant, eut l'intensité et la durée de la première atteinte.