MARCHE
Pendant quelques jours, le nombre des vésicules croissait à chaque paroxysme ; celles qui existaient déjà augmentaient de volume ; mais cette augmentation, pour la première variété {mit iaire rouge \, restait toujours dans des limites fort restreintes; elle était beaucoup plus sen« sible dans la seconde [miliaire huileuse). Au bout de quelque temps le liquide des vésicules louchissait, devenait plus épais, et prenait un aspect puriforme; ces changements précédaient constamment, dans la deuxième variété, la période de desquamation ; il survenait le plus souvent aussi dans la miliaire rouge ; quelquefois, cependant, les petites vésicules centrales m'ont paru s'afl'aisser sans blanchir.
Les sudamina conservaient en général leur transparence jusqu'à leur disparition ; en même temps que ces modifications sun'enaienl dans Taspect extérieur des vésicules, des changements simultanés se produisaient dans la nature chimique du liquide qu'elles renfermaient. Peu de temps après leur début, j'ai toujours trouvé que ce liquide n'exerçait aucune réaction acide sur le papier de tournesol; plus tard, il était franchement acide, et cela non-seulement dans les vésicules devenues opaques, mais quelquefois encore dans celles qui étaient transparentes. A une période plus avancée encore, la réaction acide a manqué de nouveau : était-ce le résultat d'une transformation nouvelle, ou bien encore ai-je expérimenté sur des vésicules de formation plus récente. C'est ce qu'il était presque impossible de décidée au milieu des éruptions successives qui se confondaient entre elles pendant le cours de cette maladie.
DESQUAMATION.
Au l)out de quatre ou cinq jours, les vésicules s'affaissaient par bi résorption du liquide qu'elles renfermaient; d'autres fois elles se rompaient et le laissaient écouler au dehors ; dans la miliaire rouge, la peau reprenait graduellement son aspect normal, et le plus souvent on voyait à peine une légère desquamation farineuse très-fine se faire dans les points qui avaient été le siège de l'éruption ; chez quelques malades on chercha en vain des traces de desquamation ; mais il arriva que chez ces derniers on la vit quelquefois survenir huit ou dix jours après la cessation de tous les phénomènes apparents de la maladie. Chez d'autres, la peau fut le siège de plusieui's desquamations successives.
Dans la deuxième variété, l'épidenne se fronçait, se ridait et se détachait tantôt par de menues écailles furfuracées, tantôt par petites parcelles peu volumineuses ; tantôt enfin, et il en arrivait surtout ainsi chez les personnes qui avaient présenté des vésicules volumineuses, on a vu l'épiderme des pieds et celui du ventre s'enlever presque d'une seule pièce. Chez une malade qui avait présenté ce phénomène, j'ai observé de petites taches, couleur de rouille, indiquant sur la peau la place qu'avaient occupée les vésicules.
Chez quelques malades, il restait, après la disparition de ces vésicules, une tache rouge, souvent irrégulière, disparaissant sous la pression du doigt, sans élevure, et se couvrant après un ou deux jours d'une desquamation furfuracée.
D après ce que je viens de dire, on comprendra qu'il est difficile de déterminer d'une mani«îre précise la durée de celle période ; mais on peut dire, en général, qu'elle s accomplissait dans les limiles d'un septénaire environ.