SUEURS
J'ai peu de choses à ajouter à ce que j'ai dit plus haut.
Chez presque tous nos malades, elles se montrèrent au début ; dans un cas seulement, elles ne parurent que le deuxième jour.
Plus abondantes pendant les trois ou quatre premiers jours, elles diminuaient ensuite vers le septième ou huitième jour; pendant les paroxysmes, les sueurs redoublaient ; et même dans la période de décroissance, elles revenaient alors aussi abondantes qu'au début de l'affection, tandis que dans les intervalles de rémission, le malade ne présentait souvent qu'une simple moiteur. Chez quelques-uns, les sueurs n'ont cessé entièrement que le dixième ou le onzième jour.
J'ai parlé de la fétidité repoussante de ces sueurs, ce caractère était plus prononcé dans les premiers jours de la maladie, et il parait qu'il le fut encore davantage au commencement de la constitution épidémique.
Les sueurs de la face furent seules éprouvées par le papier de tournesol, et elles ne donnèrent, dans aucun cas, de réaction acide sensible.
Dans deux cas, des anneaux d'argent portés par les malades prirent une coloration noire foncée, dès les premières sueurs ; il est difficile d'expliquer ce phénomène autrement que par la foiination d'une certaine quantité de sulfure d'argent ; la présence de Thydrogène sulfun'^ était-elle constante dans les sueurs ? Voilà des questions sur lesquelles nous mt pourrions émettre que des conjectures revêtues d*un certain degré de probabilité ; mais j aime mieux m'abstenir de toute hj-pothèse en l'absence de faits plus nombreux; ce que je puis aflirmer, c'est l'authenticité de ceux que je présente ici, et les soins que jai pris pour m'assurer que la coloration des aimeaux a été bien le résultat de l'action des sueurs sur le métal (1).
Cette observation ne m'a frappé que sur la lin de mon séjour à Saint-Cyr; il est très-probable que si mon attention eût été plus tôt appelée sur ce sujet j'eusse recueilli des faits plus nombreux.