CHAPITRE VIII
Il monta aur son palefroi
Prêt a semer l'effroi , Le carnage et la guerre Par toute l'Angleterre.
{Ballafodê Nicophw.)
faut pas croire que Sacripanti ne prenait pa» » précautions.
(Hittoirt dt Sacripanti. )
N'oublions pas le sire Enguerry le Mécréant. Après huit jours de réflexions , il résolut de partir pour le château de Casin-Grandes; Nicol et le Barbu reçurent le commandement de la forteresse , et l'ordre de veiller sur Michel l'Ange, et surtout de ne pas le laisser approcher de la chambre d'Enguerry. Le Barbu tint rétrier et le Mécréant prit la route de 1 asile du roi de Chypre , en pensant : l°que si le roi de Chypre lui donnait sa fille, il hériterait du royaume, qu'alors ses desseins s'accompliraient ; et qu'il livrerait Michel l'Ange. 2° Qu'au cas contraire, il serait toujours le maître du cauteleux Vénitien en gardant chez lui le prince et la princesse et ne les délivrant qu'à bonnes enseignes, c'est-à-dire, en recevant le million promis; qu'alors
les difficultés qu'il avait trouvées dans les cédules de ritalien disparaissaient et qu'il serait le maître du sénat vénitien.
3° Que puisque Gaston II ne s'était pas montré en Provence, depuis huit jours que le Vénitien avait annoncé son arrivée , il pouvait assiéger Casin- Grandes en toute sûreté , s'il éprouvait un refus.
Alors , il donna un grand coup d'éperon à son cheval , et galopa vers Casin-Grandes , en ôlant toutefois de son casque la branche de cyprès qui l'eût fait reconnaître...
Au bout d'une lieue , l'orage , fatal à la pauvre Clotilde, arrêta la marche du Mécréant, et il se ré* fugia dans une hôtellerie située à l'endroit où la route d'Aix rejoignait celle de Casin-Grandes....