‹ Clotilde de Lusignan ou, Le beau juifChapitre 5 sur 23 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

O mon fiJsl que tes jours coûtent cher à ta mère ? Ràcire, ^ndiomaque.

Jamais rien de plus beaa ne parut sous les cienx, Et seule elle ignorait le pouvoir de ses yeux; Elle entrait dans cet âge, he'las! trop redoutable, Qui rend des passions le joug ine'vitable.

Voltaire, Uenriade , variantes du ch. IX.

Vàl féodalité, qu'il ne m'appartient pas de juger attendu que je suis vilain au premier chef, a semé la France de monumens dont l'ensemble, vraiment romantique, ex-

cite une foule de souvenirs. On éprouve, en les voyant, le charme qui saisit le captif lorsqu'il visite la prison où, jadis-, il s'était presque habitué. Ces anciens châteaux offrent les' lieux des plus belles scènes du drame que la France joue depuis long-temps, sans pouvoir arriver à un dénoûment qui plaise au parterre , comme aux loges et aux acteurs souvent siffles! et qu'ils ne s'en fâchent

pas ?,

C'est an droit qu'a a bndjet on achète en payant.

Ces châteatix , dis-je , sont pour l'histoire du sol français ce que les quipos sont pour les Péruviens :

aussi , par toutes ces raisons et une foule d'autres qu'il vous plaira suppléer, je ressens une peine infinie quand j'apprends qu'ils disparaissent sous le marteau des spéculateurs.

J'avouerai même, à ma honte, que j'aimerais à posséder un de ces tombeaux de l'ancienne France , pourvu qu'il fût bien et dûment entouré d'un millier d'arpens de terres, loués cinquante francs l'arpent, et ce, par un bon bail notarié. Hélas ! . . . je ne serais pas effrayé de la charge d'en rendre hommage au suzerain d'aujourd'hui; mais, à la condition qu'il ne changera pas trop souvent. Je me trouverais dans ce vaste monu-

ment , mille fois plus à l'aise que dans nos petites maisons de campagne étrique'es : je crois même, que je deviendrais pllis qa' ultra dans le manoir d'un ancien baron chrétien ! et qui sait , si je ne finirais pas par redevenir noble? etpartant, remplir un rôle très-comique : enfin , monter avec audace sur le premier bâton de l'échelle des dignités, en me faisant nommer maire! . . .

Alors , qui serait assez ennemi de lui-même pour borner.ma carrière , dans un siècle où l'on récompense toute espèce de talent?... Munito, malgré sa fidélité pour son maître , n'a-t-il pas acquis une brillante fortune?, . .

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Ce mélange de réflexions caninohistoriques, m'est inspiré par le trépas du château dont vous avez à subir la description , et je rends grâce aux Camaldules de la Provence de n'être pas restés oisifs , à dater du jour où ils en firent l'histoire.

J'ignore quand cedit castel fut démoli; mais ce que je sais parfaitement bien , et ce qui doit vous suffire , c'est qu'en 1 44^ ^^ Provence s'enorgueillissait du château dp Casin-Grandes, et certes, ce n'est pas sans raison!... Soyez- en juges, chers et précieux lecteurs ? surtout, ne vous endormez pas ? ou dormez si vous gardez le titre de juges.

11 existe sur les côtes de Provence, et ce, près de Jonquières, un endroit qu'heureusement l'on n'a pa:j pu détruire : vous irez le voir si c'est votre bon plaisir. Il est assez curieux par la singularité des rescifset des falaises que la capricieuse nature y plaça de ses mains. L'on présume qu'ils sont les débris de quelque volcan éteint, et les grottes souîerraines de la côte en donnent îiue espèce de preuve. Ces écueils îornient trois promontoires dont celui du milieu présente une plateforme charmante ; à sa droite et à sa gauche s'élèv£nt les masses imposantes des deux autres, qui sont arides et montueux. L'espace de

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côte rempli par ces trois berges est inabordable, à cause desécueils qui se prolongent dansla mer : son onde ne laisse jamais de chemin libre en bas des falaises; et elles sont tellement inégalés et rocailleuses qu'elles offrent au voyageur les moyens de prouver son courage.

On ne connaît encore qu'un seul homme î. . . un enragé chimiste qui , depuis cette époque, s'y soit hasardé; ce fut pour démontrer que ces rocs contenaient de la lave semblable à celle du Vésuve. Que ne peut l'amour des sciences ! allezvous dire?... Pas du tout, il n'avait pas un sol , et cette démonstration lui valut une place qu'il sollicitait.

Le promoQtoire à droite est plus élevé que celui de gauche, et il porte le nom de la Coquette. Dans cette étroite vallée, qui se trouve entre eux , c'est-à-dire , sur Tesplanade formée par la berge du milieu , un habile architecte construisit le château de Casin-Grandes , par l'ordre de Guy de Lusignan. Ce fut en 1 3o5 , lorsque Hugues XIII de Lusignan , son frère , donna par testament le comté de la Marche à Philippe-le-Bel , pour en frustrer Guy. Ce dernier défendit son héritage, mais la force l'emporta. Casin-Grandes devint alore l'apanage de ceux de la famille de Lusignan qui ne régnaient pas en Chypre.

Leur race s^ëteignit bientôt, et Casin-Grandes appartint aux rois de Chypre , qui gouvernèrent ce domaine par des intendans.

La façade du côté de la mer est d'un genre très-noble, et lorsqu'un vaisseau passe ^ elle rappelle aux marins les magnifiques palais de la reine amphibie de l'Adriatique.

Deux vastes ailes du château longent et dominent les deux montagnes dont elles ne sont séparées que par un sentier d'environ vingt pieds de large ; et ce sentier est fermé du côté de la terre par deux masses de granit qui servent d'embellissement , tant leur disposition est extraordinaire et pittoresque;

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elles out Tair de deux énormes pierres tombées des mains des géans quand Jupiter les foudroya.

Cette habitation ainsi défendue par la nature, est inexpugnable du côté de la terre , au moyen d'un fossé de quarante pieds de largeur et par des tours crénelées placées de cinquante en cinquante pieds. Elles décorent très-bien la façade d'entrée et donnent à cette demeure un air de puissance qui , du temps du roi Charles VII , en imposait encore assez pour que les vilaius,mes confrères, n'osassent pas remuer. Le portail, de forme ogive, passait pour un des plus beaux morceaux de l'architecture féodale.

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Une allée majestueuse, plantée par Guy de Lusignau, conduit au pontlevis. A droite et à gauche, les deux montagnes finissent en pente douce, et cette pente est garnie d'oliviers , de romarins , de palmiers , de safran , d'orangers , de myrtes et d'autres arbres remarquables par leur beauté. Le parc se ti'ouve donc de chaque côté du fort et le précède. Appuyé sur ces deux roches, ce château centenaire s'élève majestueusement au milieu de ce site romantique , en ayant , d'un côté , la vue de l'immensité de la mer , et de l'autre celle des gais accidens de la Provence. En effet , la vallée est riante ; une

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route la traverse ; et, par delà cette route , on a l'aspect des terres qui dépendent de ce fîef. Le charme de ce paysage unique , résulte principalement de l'opposition que présentent, la mer; ce château, l'ouvrage des hommes ; ces arides falaises, ouvrage du hasard; les bois du parc ; la verte prairie et les villages au loin. Mais ce charme est doublé par la transparence du ciel et le délicieux climat de cette Italie de la France.

Une femme seule, animait alors par sa présence^ ce gracieux vallon... La disposition de sa chevelure et ses vêtemens étrangers annoncent une Grecque. 11 règne dans

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sa personne, un désordre portant une trop forte empreinte d'habitude, pour être l'effet du hasard.

Cette femme, d'une maigreur presque hideuse, roulant des yeux hagards, le visage sillonné de rides venues avant le temps, et produites sans doute par son rire forcé , conservait encore sur sa figure , des vestiges de jeunesse et de beauté.

Tel est le portrait de la nourrice de Clotilde , la fille unique de Jean II de Lusignan , roi de Chypre , détrôné pour le moment comme tant d'autres , et réfugié dans le château de Casin- Grandes , avec tous les trésors qu'il

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put dérober aux mains rapaces des Vénitiens, ses vainqueurs.

La sueur inondait les joues creuses et pâles de la nourrice , mais sa fatigue et la chaleur ne l'empêchaient pas de continuer son travail. Elle creuse une fosse. De temps en temps ses yeux égarés, en errant sur la campagne , paraissent redouter des témoins de son œuvre funèbre ; et tantôt , posant un pied sur sa bêche ^ elle rit aux éclats, ou verse une larme arrachée parl'horreur, en contemplant un tronc d'arbre, dont la disposition originale ressemblait assez à un cadavre.

— ' Va!... mon fils!.... tu ne

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seras pas sans sépulture ! Pauvre enfant ! je t'ai nourri de mon lait... Hélas î . . . les douleurs de l'enfantement durent toute la vie!....

Maispoussantun grand éclat de rire, elle ajouta : Te voilà bien drôle ?. . Pour comprendre ces mots, il faut dire que Marie Stoub perdit la raison en voyant percer son fils d'un coup d'épée , lorsque les Vénitiens emportèrent d'assaut Nicosie, la capitale du royaume de Chypre. C'est ce qui la fit surnommer \ Innocente.

Sa folie avait cela de particulier , qu'aussitôt qu'elle fixait la princesse , Marie , songeant à l'enfance de Clotilde , se rappelait celle de son fils. Alors une lueur de raison lui

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faisant sentir son malheur , elle pleurait, en gardant un silence plus terrible que le gai bavardage de sa folie, souvent touchante!...

Après avoir regardé ce tronc d'arbre avec l'expression de la douleur , devant laquelle toutes les autres se taisent , celle d'une mère qui pleure son fîls , elle reprit son travail avec une effrayante activité.

La tombe était presque finie , lorsque sur le haut d'une petite éminence , appelée la colline des Amans , parut une jeune fille en j upon court, car de tout temps les Provençales en ont porté. Cette enfant, à la taille souple et déliée comme un jonc , tient un mouchoir à la main ,

et les douces et gracieuses ondulations qu'elle lui imprime , trahissent de tendres adieux. A cet instant le bruit d'un cheval galopant en deçà de l'éminence , se fit entendre , et l'Innocente ayant promptement levé la tête , aperçut la jeune fille balançant encore son mouchoir. Alors , la figure de cette femme prit une expression de finesse malicieuse , elle mit en souriant son doigt sur ses lèvres; mais voyant la Provençale se retourner et venir , elle se pencha sur sa bêche , en feignant de ne pas l'apercevoir.

Cette jeune enfant, nommée Josette , était la fille de l'intendant

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que le roi de Chypre avait envoyé régir le domaine de Casin-Grandes. Hercule Borabans, son père , succéda dans cette charge à un intendant, prétendu concussionnaire, qui fut tellement noirci dans l'esprit du roi de Chypre Janus y que ce prince crut faire un acte de clémence, en se contentant de lui donner un successeur. Cet intendant destitué se trouvait par hasard un homme intègre , il était chéri des liabitans; aussi le comte de Provence le nomma bailli de Montyrat. . . Ce passage prouve évidemment qu'il exista des délateurs dans

les temps de la chevalerie !

Consolons- nous donc ! . . .

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Quoi qu'il en soit, Hercule Bombans , le père de la gentille Josette , exerçant depuis vingtans cette place lucrative , ne fut pas épargné par l'envie, qui s'attache aux fonctionnaires publics, et sous les coups de laquelle son prédécesseur avait succombé. Cependant , malgré ses détracteurs, il réussit, à l'arrivée du prince fugitif, à faire nommer sa fille, demoiselle de la princesse, et les méchans osèrent publier qu'on ne la promut à cette dignité que parce que Josette Bombansse trouvait la seule en état de servir Clotilde î . . . Mais peut-on empêcher la médisance ? . . .

La jeune et jolie Provençale

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arriva, rouge comme une grenade, près de l'Innocente , et l'accostant d'un air assez embarrassé :

— Comment , lui dit-elle , avezvous fait, ma pauvre Marie, pour vous échapper du château?. . ,

— Comme toi!. . . quand tu as quitté ta maîtresse pour aller courir l'aiguillette î . . .

— Il n'y a rien de bon à gagner avec les fous , murmura tout bas Josette , dont l'incarnat était devenu plus vif. Mais que creusezvous là ? reprit-elle tout haut , en s'asseyant sur le tronc de l'arbre.

— Mauvaise ! respect aux

morts ! . . . Tu f assieds sur la poi-

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trine de mon fils ! . . Mon fils î . . . mon cher fils. . . Jean , que fais-tu là ? Pourquoi ne te relèves-tu pas comme les roseaux, après avoir plié ? . . .

La jeune fille , e'pou vantée des cris de l'Innocente et de l'expression de son visage , se leva précipitamment.

— Tiens, continua-t-elle , vois comme ils l'ont blessé ! En prononçant ces mots , elle montrait à Josette une fente rouge, où la sève de l'orme avait coulé. Mais, repritelle, j'ai retrouvé son corps!...

Ils l'ont laissé là ... . sans le couvrir d'un peu de terre ! Elle se tut un moment , une larme roula dans

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son œil, et montrant à Josette ce bois informe , que sa tendre pensée animait, elle ajouta d'un ton qui faisait mal : Ma fille ! . . . tu l'aurais aimé , si tu l'avais connu ! . . .

tu le pleurerais au moins ! . . . Et moi, qui l'ai porté dans mon sein et perdu ! . . . je vis !... Elle se tordit les bras , puis poussant un éclat de rire à gorge déployée , elle se mit à sauter et danser autour de la tombe.

Josette, émue de pitié, laissa couler une larme. L'Innocente la vit et liii serrant la main avec force , elle lui dit d'un ton de voix qui partait du cœur : Tu seras mère /. . . Puis , revenant à sa folie ,

elle lui prit avec adresse son mouchoir , et imitant la pose de la jeune fille , elle lagita comme elle , en ayant l'air de la narguer.

En ce moment Josette seule , aperçut , au bout de l'avenue d'ormes , la princesse Clotilde , entourée de quelques personnes. La nourrice n'en continua pas moins sa danse grecque^ avec toute la frénésie d'une Bacchante que le vin a momentanément privée de sa raison; elle chantait des vers grecs, et ne s'inquîétant pas du désordre de ses vétemens et des lambeaux qui s'€n détachaient, elle prit Josette et voulut la faire danser.

Le cortège de la fille de Jean II se re'duisait à quatre hommes, les seuls grands personnages dont son père ait voulu se voir accompagné dans sa fuite. Il laissa, dans son royaume , une foule de partisans qui brûlaient du désir de le suivre, car il était adoré de ses sujets. Le langage qu'il tint en leur ordonnant de rester en Chypre , est trop rare de nos jours pour n'être pas rapporté.

<f Un citoyen, s'écria- t-il en » quittant son palais ensanglan- » té , doit préférer sa famille à lui- » même; son prince à sa famille; » mais rien nç peut se préférer à » la patrie , si ce n'est le genre

'> humain. Ne quittez donc pas » votre pays et comptez qu'en le » servant, même sous les Véni- >i tiens , c'est me servir moi-même :

» votre courage y brillera bien plus » que dans un exil qui ne convient » désormais qu'à votre prince — » Il ne doit pas habiter les lieux » témoins de sa chute .... Adieu » donc. . . »

Jean II, presque aveugle , ne put voir les larmes dont les yeux furent inondés à son départ. Un monarque ainsi détrôné peut être sur de régner toujours... Il ne put même empêcher quelques seigneurs de venir le rejoindre.

Les quatre personnages auxquels

Lusignan accorda les honneurs de son exil , accompagnaient Clotilde dans sa promenade. Cette charmante princesse paraît au milieu d'eux,comme une jeune fleur pleine de coloris et d'élégance, qui se tro uve entre des ronces e tdes arbustes dépouillés de feuilles. Naïve comme l'enfance, simple comme la nature, il r<5sidaiten elle un charme inexprimable , qui la rendait un spectacle ravissant pour la vieillesse , et pour les jeunes, un sujet d'extase. De beaux yeux bleus tout humides et fendus en amande , semblent loger l'amour et dire : esclaves, protégezmoi ? Une bouche de corail , sur laquelle se jouent le plus charmant

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sourire et des nichées d'Amours, attire le baiser... Sa figure et son organe sont doux comme ceux d'une syrène , et ses mouvemens pétillans de grâces comme ceux d'un jeune cygne, dont elle possède la taille élégante , les voluptueux contours , la démarche, l'éclat et la blancheur; certes, elle n'avait pas besoin pour séduire de sa délicieuse parure.

Vêtue à la grecque , elle portait sur une robe blanche comme la neige , une précieuse tunique bleue , terminée par des glands d'argent; une espèce de cothurne rouge chausse un pied mignon large de deux doigts; ses cheveux noirs sont retenus par des bandelettes blanches ,

qui , mêlées à ses tresses , en font valoir l'ébène.

Pour se garantir du soleil , Clotilde avait entouré sa tête charmante d'une gaze légère , qui lui donnait cette grâce aérienne que notre imagination prête aux divinités mythologiques. La nature avait dit pour elle : Faisons un chef-d'œuvre ?.... 11 fut complet:

les attraits de Clotilde n'étaient que la divine enseigne d'une âme plus divine encore !... Enfin , belle de cette beauté rêvée chea toutes les nations , ignorant l'amour et s'ignorant elle-même , elle ressemblait à la rose vierge encore des baisers du Zéphire , ou

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plutôt à cette admirable statue ésiyptienne qui , pour résonner attendait une caresse du soleil...

J'avoue , que pour mon usage personnel , je regrette , ainsi que vous , lecteur , que Clotilde ne soit plus qu'une cendre égarée da la nature... et, comme vouloir 1.-^ retrouver... c'est tenter la chose impossible de La Fontaine , il faut nous contenter de nos femmes !...

helas !

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