‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 108 sur 150 · Sa tente. — 3. L'estoc, bataille · texte numérisé non relu

Sa tente. — 3. L'estoc, bataille

30i PIÈCES JUSTIFICATIVES.

voia un sien fils, qui avoil nom Théodoric, avec grant ost', aux principales parties de son règne. Il chercha toute la province et soumist à la seigneurie de son père tous les Rodais et tous les Gaoursins*et les Auvergnats. Il retourna, glorieux vainqueur, à son père qui lors yvernoit en la cité de Bordiaus. Quand Tyvcr fu passé et le printems revenu, leroy s'en ala à Tholouse, là prist les trésors qui avoient esté au roy Alaric. De là, s'en alèrent en la cité d'Angoulesme : les murs de la ville trébuchièrent' à son avènement, sans nulle force, par la volonté de Nostre Seigneur. En la cité entra, tous les Gots qui céans furent trouvés furent mis à Tespée : par toutes les voisines cités occist aussi tous ses adversaires, et les garnist de sa gent françoise. Quand il eut tout conquis le païs et les chastiaus garni, et, les choses ordonnées, il vint à Tours.

Là vindrent à lui les messages d'Anastasie, Tempereour de Constantinoble, qui lui aportèrent presens de par leur seigneur, et épistre dont la sentence estoit tele : < que il plaisoit à Tempereour et aus sénateurs que il fust ami de Tempire, patrice et conseillier des Romains^. » Quant le roy eut ses lettres lues, il s'apareilla de robe de sénateur que Tempereour lui avoit envoie ; sur un destrier monta ; ainsi ala à une large place qui siet entre Téglyse Saint-Martin et la cité ; là , donna grans dons au peuple. Puis, ne fu jour que il ne fut apelé conseillier et auguste. Il envoia cent soûls pour racheter son cheval, que il avoit envoie pour offrande à la fieste* Saiut- Martin, avec mains austres dons. Ceus qui là furent envoies ne purent le cheval mouvoir de la place. Quand le roy sut ce, il commanda que Ton oiïréist autres cent soûls. Ce fu fait, et le cheval en ramenèrent légièrement ; dont le roy dit une parole ainsi comme par moquerie : c Saint Martin, dit-il, est bon aideur au besoing, mais il veult estre bien paie. » Après ces choses faites et pais par tout confermée, le roy retourna à Paris.

Or, en ce temps là prist-il le roy Cararique et un sien flls par oe

1. Compagnie armée. — 2. Gens de Cahors. — 3. S'ébranlèrent, tremblèrent.

4. On voit tout Torgueil qu'avaient les rois barbares quand ils reoeviîe&t les insignes d'une dignité de l*empire.

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