Promis
3. Tous les deux : on a retenu dans la loterie le mot ambe pour deux.
rendroient tout pris. Le roy vint à grant force de gens après ce mandement ; mais il eut , avant , envoie aus traiteurs * espaulières de cuivre dorées et espées et autres choses ouvrées en telle manière, pour tous. Eux les reçurent qui cuidièrent que elles fusse de fin or. L'on vint au lieu de la bataille ; ceus qui estoient consentant de la traïson , firent samblant de fuir. Ranacaire fu pris tandis que il s'apareilloit de fuir ; présenté fu au roy de sa gent meisme. Le roy le fit occire comme mauvais. Un sien frère avoit-il ; le ro| commanda qu'il feust occis , et lui reprocha quMl ne voulust sod frère aidier, mais se laissast prendre avecques lui. En telle manito fistril occire maint de ses parens meisme, pristet saisi leurs farésors, si que aucun ne demeurast pour lui occire et pour son royaume avoir après sa mort. A la cité du Mans envoia un message et coidmanda que on occéist Ricemer, qui estoit frère audit devant Ranacaire, pour ce que il cuidoit que il fust celui qui plus souhaitast son royaume. Un jour avint que le roi dist une parole devant tous les plus grans barons de France : « Pour ce, dist-il, que je suis veuf et orphelin de tous mes parens, je me garde moult, car je n*ai nul prochain de lignage qui me garde ma vie et ma santé. » Les barons qui notèrent en autre sens ceste parole , cuidièrent quUl le déist pour savoir si nul se traierait avant, pour estre de son lignage. Quand les traiteurs qui avoient Ranacaire leur seigneur vendu, s'aperçurent que le roi les avoit déceus, par les faux dons que il leor avoit envoies, ils retournèrent à lui en complaignant, et le prièrent que il leur restablist le défaut : mais le roy leur respondi : « Vous ne savez gré de la grâce mienne, quant vous n^estes remembrans' des bénéfices que je vous ai fais. De quels tourmens cuidez-vous que Ton dust ceus tourmenter qui tralssent leur seigneur et son cause de sa mort ? Alez vous en arrières, et vous souffîse, cete dolereuse vie et indigne que Ton vous a laissiée. > Quand les traiteurs oïrent ceste parole , ils furent fortement espoventés et moult leur tarda que ils s'en fussent partis^