Zozimc, Annal
2. Les terres ainsi concédée) portèrent le nom de I«rli^ii«. La Bretagne eut tant de terres Istiques qu'on la nomma Lœtivia.
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jour heureux de la fête de l'empereur dans ramphithéàtre» le césar ordonna qu'Ascaric et Ragaise seraient livrés aux bètes, selon l'usage des triomphes ' . Constantin n'eut jamais l'intention de détruire la race des Francs, mais de la dompter, de la coloniser et de la soumettre à l'empire. A la cour de Byzance, des chefs francs s'élevèrent aux premières dignités. Un d'entre eux, sous le nom de Sylvanus (l'homme des forêts), se fit proclamer Auguste par les légions à Cologne, triomphe éphémère à peine compté dans les annales.
Julien accouru dans les Gaules, nous l'avons vu, pour arrêter la marche des Sarmates, fit la paix avec les chefs saliens qui colonisèrent le Brabant. Le nord des Gaules devint ainsi le territoire aimé des Francs. Beaucoup furent incorporés dans les légions par Constance. « Sorte de tours immobiles et hautes, dit Libanius S qu'il plaça au milieu de ses prétoriens. > Du sein de ces braves légions sortit Arbogaste, destiné à finir la guerre que l'empereur Julien avait commencée contre les Allemands. Arbogaste dompta les Huns et les Goths avec une valeur et une habileté supérieures. Il protégea la Thrace, la Macédoine et le Rhin; il fut enfin élevé au titre de maître de la milice, la première dignité de la cour de Byzance. Appelé ensuite dans les Gaules pour exécuter les ordres de l'empereur, Arbogaste s'empara d'un pouvoir absolu sur ses anciens compagnons (les Saliens révoltés). Les monuments donnent encore trois chefs ou rois à ces tribus de Saliens : Genebold,
1 . Le rhéteur Eumeuius célèbre les victoires de Constantin. '2. Libanius, Elog, Julian.
Marcomer et Sunnon. Groupés autour de Cologne, le cen« tre de leur domination, ces chefs signèrent des traités de partage. Marcomer, bientôt allié d'Arbogaste, le seconda dans le projet de s'emparer de Tempire, dessein déjoué par Stilicon, un des consuls les plus remarquables dans les fastes^ Stilicon eut surtout l'habileté de diviser les Francs, de susciter des haines, des jalousies ^ Gomme tous les Bar* bares, ceux-ci vivaient dans de continuelles hostilités ; les chefs étaient élevés, renversés, et cependant les Romains ne cessaient de les ménager en leur donnant des terres à titre de lètes ou colons. L'empire devenait un mélange de toutes les races : les Vandales, les Âlains, les Suèves, les Francs, étaient enrôlés dans les légions qui perdaient ainsi leur unité et leur nationalité tout en grandissant leur force numérique et en doublant la vigueur de leur caractère par rinfusion du sang du Nord.
Ce fut en présence de cette colonisation moitié romaine que les Francs choisirent des rois ou chefs d'une manière plus fixe et plus régulière. Rex ne signifiait alors que conducteur d'hommes, chef de tribus ; et, sur cette transformation, je laisserai parler les bénédictins, si savants annalistes : < L'an 406, les Vandales, les Âlains, les Suèves, passent le Rhin le 31 décembre et entrent dans les Gaules qui, depuis cette année jusqu'en 416, furent désolées par les ravages de ces barbares. On place vers l'an 418 le commencement de l'empire des Francs dans les Gaules. Divisés
1 . J'ai donné exactement le consulat de Stilicon dans mon mémoire sur les Fastet coruulairetj couronné par l'Institut.
2. Comparez Sidoine Apollin. , liv. IV, Ep. 17, afec Zozime, liv. IV. Toute la partie byzantine des événements est parfaitement résumée.
jusqu'alors en difTérents peuples et gouvernés par des rois particuliers, ils se réunirent pour ne former qu'une nation sous un même chef : ils élurent Théodemer, fils de Ricimer ou Richemer, qui fut consul en 384 ^ Glodion n'était pas fils de Théodemer comme porte l'épitome de Grégoire, de Tours, mais de la même famille que ce prince, auquel il succéda l'an 427 ou environ. La chronique de Tiro-Prosper et l'auteur des Gestes des rois français mettent entre ses deux rois, Pharamond, inconnu à Grégoire de Tours, dont le silence à cet égard semble devoir prévaloir sur leur témoignage.»
Les bénédictins, ces critiques puritains de l'histoire de France, n'admettent donc pas d'une manière certaine Pharamond parmi les rois. Mais la chronique de Saint-Denis, plus facile, souvent un peu romanesque, dit : < Marchomires eut un fils qui eut nom, Pharamons, noble chevalier' et preus en armes; les Français, qui voulaient avoir un roy prirent ce Pharamons par le conseil dé Marchomires, son père : seigneur et roy le firent sur eux, et lui laissèrent le pays à gouverner. Pharamons fut le premier roi de France, car en ce temps n'avaient oncques roy. Il gouverna le royaume tout comme il vesqui ; mort fu quant il eut régné vingt ans *. »
Les bénédictins continuent : « L'an 432, les Francs ayant passé le Rhin, furent défaits par Aéce, qui, après les avoir
1 . [^s Fastes consulaires coQtieaneat plusieurs noms des chefs francs. J'ai rectifié ers fasies.
*2. C est le langage du temps de Charles VII.
3. Chronique de Saint-Denis, chap. iv, sous ce titre : «Comment et quant h cité de Paris fut fondée et du premier roy de Fi ance. »
vaincus, leur accorda la paix. Elle fut rompue Tan 438, et Clodion enleva Beauvais aux Gallo-Romains avec plusieurs autres places voisines^. L'an 445, il se rend maître de Tournai, de Cambrai, pousse ses conquêtes jusqu'à la Somme et entre dans Amiens, où il établit, selon quelques savants» le siège de son empire. L'an 446, il vint fondre sur les terres des Atrébates; mais ses conquêtes furent arrêtées par Majorienet le Romain Aétius, qui enlevèrent son camp. Clodion mourut l'an 448, après un règne de vingt ans. Grégoire de Tours l'appelle très-noble^ très-vaUlant. »
La chronique de Saint-Denis, trop patriotique pour raconter cette victoire des Romains, parle même de leur décadence : « Dès lors commençoit jà l'empire de Rome à abbaisser et à décheoir, et la force des Romains qui souloit estre comparée a force de fer estoit jà chéue en la fragilité qui est comparée à pos de terre... Les Romains ne te« noient plus de toute Gaule fors cale partie qui est enclose entre Loire et le Rhin^ > Les bénédictins, dans Y Art de vérifier Us datesy continuent la liste des rois avec un soin plus critique que la chronique de Saint-Denis : < Si Clodion est ce roi des Francs dont parle le rhéteur Prisque, et dont il met la mort en 450, il laissa deux fils qui se disputèrent la couronne. Le cadet, que quelques-uns croient être Mérovée, vint en ambassade Tan 432 (et non 450) à Rome où Prisque le vit, legationem obeuntem. Il y fut bien accueilli