‹ Clovis (volume 2)Chapitre 11 sur 31 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

même ont été vivifiées par leur participation partielle et temporaire à sa' féconde existence.

C'est dans le groupe des peuples issus de la souche franque que la civilisation occidentale a eu ses plus brillants foyers, et Ton peut dire que toutes les grandeschoses du moyen âge y ont été conçues et exécutées.. Nulle autre race n'a servi l'idéal avec la môme passion et le même désintéressement ; nulle autre n'a su, comme elle, mettre l'épée au service de la croix, méritant que- Ton écrivit de ses faits d'armes : Gesta Dei per Francos. La croisade ftit, par excellence, Toeuvre des Francs, et rhistoire leur a rendu justice en plaçant deux de leurs^ princes sur les trônes de l'Orient : Godefroi de Bouillon à Jérusalem et Baudouin de Flandre à Gonstantinoplo .- Mais les combats sanglants n'ont pas épuisé l'ardenteactivité de leur génie, et toutes les entreprises de paix ont trouvé en eux leurs plus vaillants zélateurs. La Trêve-Dieu, qui a commencé la pacification du monde, est l'œuvre de leur épiscopat, et la réforme de Grégoire Vil,, qui a arraché la civilisation au joug mortel de la féodalité guerrière, est celle de leurs moines.

Grand par l'épée, le génie franc a été grand aussi parla pensée. Il a créé la scolastique, cette vigoureuse méthode d'éducation de l'esprit moderne ; l'art ogival, qui a. semé de chefs-d'œuvre le sol de TOccident ; l'épopée carolingienne, plus haute dans son inspiration et plus parfaite dans son plan que le chef-d'œuvre d'Homère, Aprè&quatorze siècles d'une vitalité incomparable, il n'a point encore défailli : il brûle sous la cendre des révolutions, il reste plein de chaleur et de vie, et quand on y porte la

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