VI. — DOCUMENTS APOCRYPHES
Nous ne mentionnerons pas ici les documents apocryphes qui sont depuis longtemps reconnus comme tels, par exemple le faux lïunibald de Tritheim et autres ; il serait oiseux de faire Fénumération de ces pièces, qui ne trompent plus personne. Il y a plus d'utilité à marquer que dans les derniers temps une nouvelle officine de falsifications a été découverte, et que toutes les pièces sorties de cette fabrique doivent être tenues pour apocryphes. Le faussaire n'est autre que le savant Jérôme Vignier, et parmi les documents fabriqués par lui nous avons à noter ici :
1. La rédaction la plus courte du diplôme de Clovis pour Saint Mesmin de Micy. C'était le seul diplôme de ce roi dont Tauthenticité fût admise par les critiques, et notamment par les derniers éditeurs, Pardessus et Pertz.
2. Le Collafio episcoporum^ c'est-à-dire le document relatif à une conférence d'évêques tenue à Lyon entre évêques catholiques et ariens, en présence du roi Gondebaud.
3. La lettre du pape Anastase II à Clovis. Bien que ne portant aucun caractère interne de supposition (elle est d'ailleurs trop courte pour offrir beaucoup de prise à la critique), cette lettre doit être tenue pour suspecte à cause de sa provenance.
Le mérite d'avoir dénoncé l'officine de Jérôme Vignier et d'avoir exclu par là de la littérature historique un bon nombre de pièces fausses appartient à Julien Havet, dans ses Questions mérovingiennes. {Bibliothèque de V Ecole des Chartes^ t. XLVI, 1885, et Œuvres de Julien Havet^ Paris, 1896, t. L)