‹ Clovis, tragedie en cinq actes;Chapitre 38 sur 74 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CÉSAIRE , EUDOMIRE , SYAGRIUS.

EUDOMIH E.

Rassurez-vous, seigneur, la révolte est calmée.

Je ne vous cache point qu’une foule animée Aux portes du palais marchait insolemment,

Et menaçait Clovis de son ressentiment.

Ses cris tumultueux demandaient votre tête :

Clovis sort, et soudain celle foule s’arrête.

L’œil sombre et menaçant, une hache à la main , Terrible , il se présente à ce peuple mutin.

L’air ne résonne plus de plaiutes ni d’injures.

Les clameurs dans les rangs se perdent en murmures. Un seul audacieux veut élever la voix :

Clovis le reconnaît ; se souvient qu’autrefois Ce Franc lui disputa quelque part d’un pillage;

Il le frappe; et d’un bras qu’appesantit la rage , Faisant jaillir le sang de son front écrasé ,

« C’est ainsi que par toi le vase fut brisé , »

Dit-il. Chaeun se tait; il semble que la foudre

46 CLOVIS

Va tomber en éclats et les réduire en poudre.

Du faible Chidéric ce n’était plus le fils ,

C’était l’impérieux, lindomptable Clovis ,

Un monarque absolu , qui , dès ce moment même S’assurait sur les Francs un empire suprême.

CÉS AIRE

Clodéric peut encore

EUDOMIRE.

Il a fui sans retour;

CÉS AIRE

Contre tant d’ennemis que pourra votre amour? Laissez-moi leur ravir l’objet de leur vengeance,’’

, Son unique refuge est la cour de Byzance.

EUDOMIRE.

Lui , seigneur ! lui ramper sous ces vils plébéiens ,

Ces empereurs élus par des prétoriens ,

Qui , d’une main servile acceptant la couronne , Souillent de Constantin et la ville et le trône , Coulent en paix des jours par leurs crimes comptés ; Et lâchement surpris au sein des voluptés ,

Rendant à leurs pareils leur sceptre abominable ,

Y laissent de leur noms la tache ineffaçable !

Mais , seigneur, c’est à lui de choisir entre nous.

D’un hommage forcé mon cœur n’est point jaloux ; Et sans lui rappeler des soins dont je l’acquitte ,

Je lui rends sa parole et protège sa fuite.

SYAGRIUS

Moi ! vous abandonner î vous oublier ! jamais !

Vous qui dans mes malheurs m’accablez de bienfaits, Vous à qui je dois tout , vous ne pouvez le croire.

Page 1