‹ Clovis, tragedie en cinq actes;Chapitre 49 sur 74 · ACTE IV, SCÈNE VIT · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIT

» N'a revu son palais , que pour finir ses jours.

» Une criminelle tendresse ,

» Du fils d’Egidius égarait la jeunesse;

» Je l’en ai fait rougir; comptez sur son appui. ‘.'•T » C’est dans le temple , où devait aujourd’hui » Se consommer cette indigne alliance ,

» Que va sur le tyran tomber notre vengeance.

» Des Francs même avec nous conspirent contre lui,

Césaire.

CLOVIS, reprenant la lettre.

Eh bien ! vous rougissez; vous gardez le silence;

Vous voyez....

EUDOMIRE.

Que Césaire a flétri l'innocence,

CLOVIS. • r/j

Vous doutez d’un complot...

EUDOMIRE.

Non, seigneur, j’en frémis ; Je voudrais que les dieux, de ma flamme ennemis,

En faisant sur moi seule éclater ja tempête,

Veussent point à ses coups exposé voire tète.

Je me plains à ces dieux qui vous ont inspiré,

Quand de ses légions mon frère séparé , •

A des Francs avec lui risqué les destinées.

^e puis-je devancer mon camp de deux journées? Eloigné de ces murs, tandis que mes exploits ,

Sur la Gaule soumise affermissent mes droits.

Sais-je que sous vos yeux un agent de Byzance

tio- CLOVIS,

Y porte impunément le trouble et la vengeance? Du jour où ce ministre a revu mes états ,

Vos yeux ouverts sur lui devaient suivre ses pas ; Et le traître , bientôt pris dans ses artifices ,

Ne devait en ces lieux trouver que des supplices. Mais non : d’un fol amour se laissant occuper, Votre esprit s’abandonne à qui veut le tromper. Avec Syagrius le perfide conspire;

Et , par vos propres mains , ébranle mon empire.

EUDOMIRE.

Non, tout l’accuse en vain. Je ne croirai jamais Que son fcœur ait trempé dans ces lâches forfaits. Contre Césaire et vous j’ose encor le défendre. J’entrevois des horreurs que je ne puis comprendre» J’oppose à vos raisons son amour , ses adieux ,

Sa vertu, sœsermens....

CLOVIS

Otez-vous de mes yeux. Ce bras , impatient de venger son offense, Méconnaîtrait le sang qui vous donna naissance.

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