EO DOM IR E
Qu’ordonncz-vous , seigneur? ah ! daignez m’écoutcr.
CLOVIS
Quelle autre perfidie oses-tu méditer ?
EUDOM1RE.
Le fils d’Egidius vous est resté fidèle :
Qui vous rend Clodéric ne peut être un rebelle. Souffrez que je l’attende ; et , s’il m’ose tromper ,
J’ai tout prévu , seigneur, il ne peut m’échapper.
La porte des forêts , où ma garde est placée ,
Ne peut être par lui surprise , ni forcée :
J’y combattrais moi-même ; et ma juste fureur Mettrait alors sa gloire à lui percer le cœur.
Les périls , les combats , le tumulte des armes Aux femmes de mon sang n’inspirent point d’alarmes.
* Du trône , par vos lois , mon sexe rejeté ,
* De la gloire des camps n’est point déshérité.
* Les Francs ont vu souvent leurs épouses, leurs mères,
* De leurs rangs dispersés rallier les bannières ,
* El, dans les embarras d’un combat incertain ,
* Egaler leur audace et fixer le destin.
* Du palais à mon bras confiez la défense ;
* Si l’ingrat nous trahit, comptez sur la vengeance. * Je veillerai pour vous en veillant sur ses pas \
Mais s’il revient à moi , ne le repoussez pas.
CLOVIS
Innocent ou coupable, il faudra qu’il périsse.
74 CLOVIS
Plains-toi de ma rigueur ou de mon injustice : Sa vie est désormais , pour les deux nations , Une source de haine et de dissensions.
A d’éternels complots cette pitié m’expose.
Il en serait l’auteur , le prétexte ou la cause. Trop de ressenti mens l’élèvent entre nous j Et je mettrai ma tête à l’abri de ses coups.
Il mourra.