ACTE III, SCÈNE III
Ainsi je Vax poussé moi-même au précipice.
C'est moi qui , d'an tyran secondant l*injustice ^
li'ai livré sans défence , et mis sous le couteau
Que pour se l'immoler a levé son bourreau.
Combien Torgueil nous trompe en nos jeunes années ,
Lorsqu'en de vains transports nos erreurs mutinées
Raillant Tautorité des conseils paternels , *
Nous rendent le jouet de complots criminels !
Ou plutôt , à quel point l'ambition avide
Egare les mortels qui la prennent pour guide ,
Si sa rage aussitôt change un triomphateur
En oppresseur ingrat , en vil usurpateur ,
Qui j toujours envieux de sceptres qu'il entasse ,
Brise trône sur trône , et s'accroit par Taudace ,
Et va , dans sa fureur prompte à se déchainer ,
plus loin que la raison ne peut Timaginer !
J'ai mal jugé Clovîs : mais quelle Ame ennemie
Eût même osé prévoir qu'avec tant d'infamie
Il traitât Sigebert , dont trente ans de valeur
D'une tète blanchie illustrent le nmlheur.
Et père d'un guerrier de qui la main armée
Du superbe a déjà servi la renommée ?
AX7RELLE.
Je ne m'étonne point de ce premier transport
Que d'un malheureux père excite en vous le sort :
Mais, si bientôt. Seigneur, à Clovis moins contraire ,
Vous dépouillez d'un fils la tendresse ordinaire , >
En un froid examen pesant ses actions
Vous rendrez mieux justice à ses intentioDè.
Clovis est conquérant *, et par sa vigîlanice ^ '
5o CLOVIS,
Entre de gronda Et9t3 i^outient aeul la balunce :
On le hait « on Vatlaque ; et pour 99 copsefver
Entouré d'ennemis il les doit observer.
Doutez-voqs contre lui que to^s les rois s'unîfiseiity
S'il nVccablait soudain tous ceux qui I0 trabissent ?
Gardant contre Clovis des sentimens cachés ,
(Si j'en crois les débaO que vous vous reprocher)
Votre père » 3eig4Wc^ 9 accusait voUre zèle
D entrer dans s(|s desseins , de lui rc^er fidèle \
Et cette inimitié , dont vos aveux font foi ,
Dressait à vçtre ipsçu des pi^f|es à mon roi.
Informé d'un complot que rien ne peut absoudre,
A détourner le mal Clovis dut se résoudre :
Dès-lors , prompt à frapper , il c'a plus coaauUé
Le hai^t r^^pg du mortel dont il est insulté »
Les égards des parens 1 ni ceu^ de la vieillesse ,
Ni la douce amitié que vous rend sa tendresse ,
Et, monarque ^y-dessi|s des sentimens humaina^
n a laissé partir la fondre de ses maips.
Mais pour le crime seul juste autant que sévère ,
A-t-il puni le fils des trahisons du père ?
Prince , un usurpateur aurait-il respecté
Vos jours , votre innocence , et votre liberté ?
Il eut pu terrasser Clodorîc , sans le craindre ,
Du coup dont Sigebert se. vit soudain atteindre : .
Poqi^^t ypu3 marchez libre, ; et ses nombreux soldats
Nç Mf^çUlent ei^cor vos projets ni vos paa.
Il ne veut pas souffirir pour maître en vos provinces
Un prince qui s'allie k de perfides princes ;
Il est vrai : mais veut41, Seigneur, vous .dépouiller
D'un sceptre que jamaia vous ne pourrf a souiller ?