ACTE II, SCÈNE II
L'assassin de mon père a juré son trépas....
(Oresteet Pilacle paraissent devant le tombeau.)
Mais pourquoi ces deux Grecs observent-ils mes pas? Auprès de ce tombeau quel sentiment les guide V Viennent- ils insulter la mémoire d'Atride?
PILADE , s'avançant avec Oreste.
Elle- a parlé d'Atride, il faut l'interroger.
(A Electre.) Ce rivage est pour nous un rivage étranger ; Sur les mers de Gryslia le courroux de Neplune A poursuivi long-temps notre errante fortune. Nous réclamons les droits de lliospitalité.
ELECTRE
Au seuil de ce palais par Egyste habité !
PILADE
Que noire aspect ici n'ait rien qui vous surprenne. Nous serons accueillis d'Egyste et de la reine. Nous devons l'espérer.
Vous, étrangers, comment ?
PILADE
Nous venons annoncer un grand événement,
ORESTE
Oh! combien je rougis de cèlent artilice....
ELECTRE
Egy.ste est dans le temple; il offre un sacrifice.
Quelle nouvelle heureuse annoncez-vous ici?
PILADE. V
Heureuse pour Egysle.
ORESTE
Et pour la reine aussi.
ELECTRE
Parlez ! apprenez-moi....
PILADE
Captive dans la Grèce, Ce récit ne contient rien qui vous inte'resse. Une esclave doit fuir tous les sujets de pleurs , Et garder sa pitié pour ses propres malheurs.
ELECTRE
Yous venez dévoiler quelque fatal mystère ?
PILADE
A tout autre qu'au roi nos soins doivent le taire.
Ah ! ce cœur désolé craint de l'approfondir. La reine, disiez-vous, devait s'en applaudir. Ces obscurs vêlemens montrent mon infortune ; Mais y seigneur , la pitié ne peut m'ètre importune. Quel qu'il soit, tout malheur a droit de m'aflliger. Quand les vents sur nos bords jettent quelqu'éiranger Agitée à la fois de crainte et d'espérance, J attends qu'il adoucisse ou comble ma souffrance.