ACTE ir, SCÈNE II
PILADE
Au nom de tous les dieux. ..!
ELECTRE , passant entre Oreste et Pilade.
J'ai si long-iemps pleuré !
PILADE
De'jà vous avez vu son trouble involontaire De nos projets hardis de'voiler le mystère; De'jà de ses transports vous-même avez fre'mi. N'miitez point Oreste ; e'coutez un ami.
ORESTE
Commande à ton amour.
ELECTRE
Commande à ta colère.
Souvent je vois aussi le spectre de mon père; Dans ce palais funeste on trouve à chaque pas Les vestiges affreux de cet affreux trépas ; Du sang qu'on a versé tout y garde la trace ; Il faut que sous ta main un autre sang l'efface,
ORESTE
Je l'ai promis.
ELECTRE
Ce jour lugubre et solennel Voit célébrer ici le meurtre paternel.
Egysle est dans le temple, et la pompe s'apprête,
Convive inattendu, j'arrive à cette fête.
Seconde édition. j?
Que l'odieux Egysle y prépare l'autel; Il sera la viclime ofterle au coup mortel.
ELECTRE
Du temple de nos dieux par Egyste exilée , Pour temple, pour autel, moi, j'ai ce mausolée* J'y traîne de mes jours le pénible fardeau, J'y viens chercher une ombre, et j'habite un tombeau. Si tu savais , Oresle , à quel vil hyménée Ton Electre, sans toi, se voyait condamnée ! Mais le ciel t'a conduit , tu me protégeras ; Jadis Oreste enfant s'endormait dans mes bras ; Quant tes yeux se rouvraient à la douce lumière C'est ta sœur que tes yeux revoyaient la première ; Sous la garde d'Electre Oreste était placé , J'entourais de mes soins ton berceau délaissé , Et moins jeune que toi, de toi seul occupée, Je reiidais une mère à ton amour trompée.
ORESTE
Chère Electre!
ELECTRE
Tes vœux, les jours étaient les miens.... Etlorsqu'Agamemnon revint des champs Iroyens , C'est moi qui dans ses bras te guidant plein de joie.. ..
ORESTE
Hélas! que n'a-t-il vu sous les remparts de Troie De ses jours éclatans s'éteindre le flambeau; Près du tombeau d'Achille il aurait son tombeau j
ACTE II, SCÈNE II Et, passant avec lui dans les royaumes so.„b,.es Il aurait emporté sa gloire che/jes ombres '
Ma.s tout enveJoppé de piège, criminels, ' Penr en embrassant les lares paternels !
Du Le r" ""''" ''"''™" P-'ditCassandre'
Von du fond du tombeau l'exil de ses enfans - Laisser dans son palais ses bourreaux triomni: , Ee les vo.r tous les ans, la tête couron, ™ ' i>u cr.me msolemment célébrer la journée • Ce destm est horrible. O Jupiter sauveur - '
De nos vœux supplians exauce la ferveur'
Tu rendis trop long-.emps notre plainte iim.ile •
Qua„dl'a,gleestéto„flédanslesnœudsd'untnL Les plam,.fs nourrissons de l'oiseau géné-êûx'
Fappentlatretlecieldeleurscris'doZLx Ams. vtennent prier pour un sort plus prospTrë Electre, Oreste, enftns qu'on priva de îeur'pére.
O douleurs!....
ORESTE
Une épouse enfonça le couteau.
ELECTRE
A J'aspect de nos dieux.
ORESTE
Auprès de mon berceau.
PILADE , redescendant la scène et revenant auprès d'Oreste et d'ÉIectre.
De vos tristes regrets domptez la violence ; Pleurez, vos maux sont grands, mais pleurez en silence. Craignez, fils malheureux, de trahir nos desseins.
ORESTE, s'approchant du tombeau.
Mon père est là, Pilade, et là seS assassins.
ELECTRE, se plaçant à côté de son frère.
Du fond de ce tombeau, sors, ombre infortunée.
ORESTE
Viens, viens donner la mort comme on te l'a donnée.
ELECTRE
Trahie l'infâme Egyste au monument sacré.
ORESTE
Ombre qui veut du sang, je t'en abreuverai. Mais ma mère, dis-moi, ma mère, épouse impie. Que fait-elle ?
ELECTRE
Elle attend que le crime s'expie.
ORESTE
Comment?
ELECTRE
Des dieux vengeurs sont venus la troubler.
ORESTE
Que lui prédisent-ils ?
ELECTRE
Que tu dois l'immoler.