SUEDE K1VO L I, S
— Si tout le monde était comme vous, ce ne serait pas la peine que je vienne; vous n’avez pas la politesse d'attendre que je vous les apporter, vos étrennes.
Mais c’est une horreur! je ne suis pas plutôt arrivée, que voilà tous ces affreux chroniqueurs occupés à fouiller dans mes bagages.
1867. Êtes-vous prête à me recevoir ? Avons-nous enfin terminé cette toilette? Vous savez, je vous amène du monde.
Allons, voyons, c’est bien le moins que vous m’accompagniez jusqu à la voiture, j’ai assez fait pour vous deux.
— Plus qu’une minute... J'aperçois deux journalistes...
— Non, venez. Cela vous fera trop de peine, ils se donnent la main, contrairement à ce que vous leur aviez enseigné.
— Tu n’as demandé qu’un fusil à aiguille pour tes étrennes?
— Que t’es bête ! une fois qu’on a un fusil à aiguille, on prend tout ce dont on a envie.
— Ma chère amie, il ne faut jamais écouter les messieurs !
— Tu as Jonc des principes?
— Mais certainement! après le jour de l’an, ils n’ont plus le sou.
— Je vas yifaire donner congé, à toutes ces femmes-là. Des bonbons qu’on me destinait peut-être, mais elles accaparent tout.
— Permettez-moi, madame, de vous offrir ce sac; il vient de la borne à côté de chez Boissier!
— Maman, emprunte-lui une de ses Loties pour que je la mette dans la cheminée. Le 3 petit Noël pourra y mettre
plus.
— Trente sous d’étrennes! Bonne et heureuse... vous concevez, monsieur, je ne peux pas vous promette ça dans la maison.
— Lolo, qu'est-ce qui ferait plaisir à ta bonne pour ses étrennes?
— Je lui ai entendu dire qu’elle aimerait bien que papa la mette dans ses meubles.
— Vous l’aviez aperçu et vous ne disiez rien?
— J’ai cru que c'était un arbre de Noël pour une dame.
— Venez souper, madame, je vous jure d’ètre respectueux? r«ssJ -:-^4
— Nous la connaissons ! rien n’est sacré pour unj sou-
peur 1
RÉOUVERTURE DES BALS DE l’OPÉRA.
— Mais il est bête, lui qui disait de si jolies choses!
— Oui, du vivant de Gavarni !
— Faute de dame de qualité, monsieur se rattrape "sur la dame de quantité !
— Si je connais ce pelit-là? c’te bêtise! c’est mon banquier !
— Vous perdez votre temps, mon cher, je suis tout à mou rôle, le cœur en bois comme le reste.
Comme quoi la charmante Mlle Patti aurait triplé la recette au bénéfice des inondés, si elle avait chanté dans un costume approprié à la circonstance.
Mignon regrettant moins le ciel depuis qu’elle s’aperçoit qu’on est si mal placé en paradis.
M. Léo Delibes profite de ce qu’il a une source pour y mener boire ses bêtes, le bœuf Apis et le serpent à plumes.
CE n’est plus une maison, c’est un blockaus.
Les assiégeants en seront pour leur peine, la garnison a l’habitude de la victoire.
— Vous faites des maisons et vous ne travaillez pas à la journée?
— Non, je travaille à la pièce?
■ Mon ami, qu’est-ce que tu cherches derrière le canapé?
Oh? rien... Seulement je viens de voir jouer Maison neuve. . . et. . . alors. . .
— Tiens, maman, voilà la pièce de M. Sardou qui va finir... l’acteur du quatrième acte qui rentre.
Pis
C’était bien la peine de les engager à venir tirer la fève, il l'avait gardée tout le temps dans sa poche!
— Je suis roi !
— Quel bonheur, mon chéri ! tu vas me prêter dix louis sur le budget.
(lins). — Joséphine, ne m’en veux pas, tu sais, j’ai pas osé te choisir pour ma reine, ma femme se serait peut-être doutée de quelque chose !
L’administration ayant l’humanité de ne mettre à la garde — Viens ^onc> mon ami; on finira par croire que c’est un
des fromages forts que les gardiens atteints de rhumes de parent! \ous avez tous les deux un air de famille,
cerveau.
— Monsieur, je vous prie, ne prononcez pas le nom de ce fromage, il croira que vous l’appeliez et il marchera sur vous.
— Amanda, ça t’intéresse, l'exposition des volailles?
— Dame! elles sont plumées, c’est une étude à faire; nous plumons aussi.
— Eh bien, nourrice, vous êtes allée voir le grand aquarium?
— Oui, madame; le petit a été entraîné par l’aquarium qui s’est rompu, mais ils m’ont donné autre chose en place.
C’est imprudent! de jouer avec un Grec.
atlas. — Avec leur manie de fusils à aiguille, ce n’est plus le monde que j’ai sur le dos, c’est une pelote.
— Mais, mon ami, avec la nouvelle réorganisation, tu seras militaire comme lui, il faut bien que j’apprenne à l’aimer !
M. Nadar propose un système pour alléger la grosse cavalerie au lieu de la supprimer.
— Général, c’est M. Chassepot. Il ne veut pas vous retenir, il partira tout de suite.
— Je lui accorde une minute.
— C’est trop! il aura le temps de partir quinze fois.
— C’est bon, je dirai à ton petit capitaine que tu causes
avec d’autres militaires. •*«*“!
— Monsieur est dans la réserve... en cas de guerre, je l’appelle.
La grosse cavalerie devenue inutile, M. Nadar la réclame pour ses expériences sur plus lourd que l'air.
— Sapristi! quelle gaillarde! Pas plus tôt arrivée, que a voilà qui s’attaque à la grosse cavalerie !
— Monsieur, ce n’est pas de ma faute; parait qu’on a besoin de soldats.
— Deux garçons à la fois?
— Dam ! aujourd’liuilfaut faire la part du fusil à aiguille.
— Comment, Baptiste, vous désirez que je vous rassure sur la réorganisation de l’armée?
— Oui. Je voudrais que madame la comtesse m’examine pour voir si je n’aurais pas quelque cas d’exemption physique.
-=• Mon ami, encore un peu de patience! D’après la nou v elle réorganisation, on va probablement supprimer le remplacement.
— Oh ! yes! je pouvais rien pour vous, j’avais mon Candie aussi, moi.
On ne vous voit plus, vicomte ! Que devenez-vous
donc?
— J’invente un fusil.
— Allons donc ! sans avoir inventé la poudre ?
Expropriation pour cause d'utilité publique.
~}Tu meurs de faim !
- Oui, mais je ne mange pas de ce pain-là!
Albion demande conseil à l’â ie de Buridan qui s’est trouvé dans une position analogue à la sienne.
— Quel aplomb ! l’avoir chargé de m’apporter sa carte. ’
Quand on a pris Naples et la Sicile, que cela doit donc lui paraître peu de chose de prendre une plume !
— Monsieur, veut-il tirer le carton, la poupée ou le journalisme? C’est ce que l’on tire encore le plus dans ce moment-ci.