SCÈNE PREMIÈRE
M VDAME
i. Le, roto. Tu sais que ce soir nous
donnons un grand dîner. Nous aurons pas mal de personnes et notamment le général Suif, qui a eu le nez enlevé d'un coup de sabre, au Tonkin. Or, comme tu ne manquerais pas de t'écrier : « Oh ! ' o en apercevant le général, Toto, je te préviens d'une chose : si lu dis un mot, un seul mot. relativement au nez du généra] Suit', c'est à moi que tu auras affaire. Sous aucun prétexte, Toto, tu ne parleras du nez du général Suif, ou tu auras une telle fessée... que le derrière t'en saignera.
TOTO
Bah ! tu dis toujours la mémo chose, cl, à la fin du compte, ça ne saigne jamais
MADAME
saigne jamais ?... Eh bien, par- 1. s en un petit pou. du nez du général Suif; tu verras si ça saignera.
TOTO
' l'est bon, c'est bon : j'en parlerai pas.
MADAME
que je te connais, beau masque...
Tu es malfaisanl par excellence et pour le plaisir de l'être... à ce point qu'on n'a jamais \ u un enfant plus insupportable ! Tiens, l'autre jour, quand 1rs Kussecl< sont venus dîner, csl ce que tu n'as pas inventé de le faufiler dans la salle à ni.-uiger un peu avant qu'on se mette à table, et, comme il y avait des cerises pour le
d 1 1. d'en retirer tous les noyaux avec
les do
Tu ne tnc l'avais pas défendu.
MADAME
Défendu ! Pouvais-je supposer que lu serais assez dégoûtant pour aller enlever tous les noyaux des cerises ? Et il y a quinze jours, Toto, quand le collègue de ton père est venu déjeuner chez nous, le rappelles-tu ce que tu as fait ?
TOTO
La fois que j'ai vidé le pain et que j'en ai relire toute la mie ?