I. «bouture, eiu hanté, t igole
I! VTCUIT
Je Le répète que j'ai vu de mes veux, cl des centaines de gens assistaient aux mêmes expériences, les phénomènes de suggestion de l'ordre le plus extraordinaire cl le plus incompréhensible! Est ce clair ?
i (bouture1 'lais loi. Tu divagues.
r \ ici 1 1 . opiniâtre.
J'ai suivi pendanl plusieurs mois les conférences du docteur Luis, à l'hôpital de la Charité...
r.ABbi 1 1 ur Oui, mou \ ieux.
ratcuit, qui commence à varier.
... <•! chaque fois, j'en suis revenu émerveillé...
LABOUTURE
< »ui. mon vieux.
ii-Aïci ri. qui rage de plus eh plus, mais
qui ne veut r-ien en laisser paraître.
... car j'ai \ n des choses i li •-. j'ai
vu des choses fabuleuses : de ces choses qui dépassent l'imagination cl devanl lesquelles on demeure baba !... Esl ce clair encore une rois ?
I U301 l i Kl
Il m'csl impossible de comprendre pourquoi lu ne \ eux pas la fermer.
RATCUIT
Quoi ?
i vboi iiKi:
Ta boite.
ratcuit, qui contient son exaspération.
J'ai \u suggérer à une dame (prise, noie bien, au hasard de l'àssislance) l'idée de s'armer d'un couteau el d'en aller frapper le cocher du docteur Luis, dont le coupé stationnail devanl la porte de l'hôpital ! J'ai \ u la même personne, en l'espace de deux minutes* rire, fondre '•n larmes, suffoquer, faire la morte, et caetera et caetera, el cela par le seul fait de la volonté de l'hypnotiseur comman danl : « Faites cela : faites ceci : je le \ eux ! » Hein ! ce n'esl pas épatant, ça '.' i U30i n re, au comble de la joie.
î 11 vermisseau ! un vermisseau lui î même ne s'exprimerail pas autrement !
n vtcuit, qui enfin éclate.
Brute !
Ferme ç ami oui te
labouti re i. Ratcuil : ferme ça.
le conseille.
r \tcuit
C'est
La doulcui
labouti re l'égaré.
KM» ! Il
Ce n'esl pas la douleur qui m'égare, c'esl ma juste indignation... Alors oui? lu en sais plus long à toi tout seul que toutes les sommités de la Faculté, lesquelles désarment el demeurent à court de réplique en présence de faits slupé- Qants '.' Quel cancre, et que voilà donc bien la stupide présomption des hommes ! Mais la volonté, tout est là !... La puissance d'une volonté véritablement impérieuse el virile est telle qu'elle agit sur la matière elle-même !...
LABOUTLRE
Sur la matière ?
RATCUIT
Oui.
LABOUTURE
Fécale ?
RATCUIT
Flûte ! Vrai, tu es trop bêle, Laboulure, el ton sourire niaisement goguenard a le don de me mettre hors de moi.
LABOUTLRE
\e te frappe pas.
RATCUIT
C'est assommant, aussi, de voir un paquet de ton espèce s'insurger devant des évidences, nier la science, se crever les yeux de parti pris pour ne pas voir des phénomènes connus cl reconnus de tout [< monde.
Didactique el solennel.
Oui, l'âme humaine est la grande dominatrice ! Par elle, s'affirme l'invisible présence du Dieu qui régit l'Univers; car elle est parcelle de ce même Dieu !... Tout L'établit ! Tout le proclame !... Mais ne ris donc pas, bougre d'âne ! N'oppose donc pas des ricanements de gâteux à des manifestations donl le mystère nous échappe, il est vrai, mais confond notre raisonnement '... Je te dis...
// tape sui la table.
Je t'- dis que l'homme est le roi de la création !
LABOUTURE
Même api es le cheval ?
RATCUIT
Je le dis...
Nouvelle gifle à plat, abattue au marbre de la table.
... ipie sa Volonté, entcnds-lu '.' esl maitresse sur Tous et sur Tout... Voyons, raisonnons un instant. Veux-tu m'expliquer, je te prie, comment il se fait qu'un lorgnon, tenu à la main au bout d'un fil et opiniâtrement fixé par un œil fascinaleur, se mette peu à peu en mouvement et tourne lentement sur lui-même de gauche à droite ou de droite à gauche, selon qu'il lui a été commandé de tourner à gauche ou à droite ?
Laboulure s' esclaffe bruyamment.
RATCUIT
Je vois que ton obstination seule égale la stupidité.
LABOUTURE
Tu parles comme un vermisseau ! Tu parles comme un vermisseau !
RATCUIT
Ah ! je parle comme un vermisseau ?
Eh bien, moi, je vais te confondre !...
LABOUTLRE
Allons donc !
RATCUIT
Tu vois bien celle dame, là-bas, qui lit le journal ?
LABOUTLRE
Oui.
RATCUIT
Elle ne pense guère à moi ?
LABOUTURE
Non.
RATCUIT
Très bien. — Je m'en vais la forcer, par la seule puissance de mon regard où je vais concentrer toute ma volonté, à lever les veux et à les amener sur moi !
LABOUTURE
Toi?
RATCUIT
Oui, moi !
LABOUTURE
Tu forceras celle dame à le regarder ?
RATCUIT
Parfaitement, el axant seulement une minute : el ceci sans que j'aie dit un mot, l'ait un signe, ni al lin'' son attention par quelque geste que ce soit.
liT
i u.' le, très [roid.
Impossible.
RATCUIT
Parions !
LABOUTURE
Tu perdrais.
ItA'H I I I
Si je perds, je paierai.
Halcu.il, renversé dans le dossier de la banquette, allai he un regard suggestif sur ht dame, laquelle ne paraît nullement in[luencée et reste plongée en sa lecture. Ratcuit redouble de volonté, même résultat.
labqi ï i re, gogu'enai d.
■es curieux.
LABOU1 'Kl.
Garde donc ton argent ; tu n'en as pas de trop pour loi.
RATCUIT
Tu cannes ! Tu
I UïOUTURE
Ah ! je canne ? Eh bien, je le parie vingt francs î
RATCUIT
Tope... C'est tenu. Et maintenant fais bien attention. L'expérience va commencer.
L'expérience, en e[[ei, commence.
ratcuit, à demi-voix.
Tais-toi ! Tu contraries mon influence.
Tiens, voilà que ça comm snce ; je le sens : tu vas voir. Fais attention, Laboulure : le phénomène va se produire !... D'une voix à peine perceptible :
Je veux!... Je veux!... Je veux!...
Je veux !
.1 ce moment, un des deux messieurs qui jouaient le carambolage interrompt une série, pose sa qu'eue le long du mur. et s'approche tranquillement de Ralcuit.
lis
COCO, COCO Kï TOT»
on, ,i,l
, , X!0XSI1 , i; votre porsisl mec .1 dévisager mie femme
aurez fini de regarder ma est de la dernière inconvenance.
temme.
M .• 1 1 s . . . mais... mais...
HAI Cl I i )••■/«
Il MONSIE1 i:. / llllllaill.
»ein.?Quoiî.Qu est-ce?... Dou.csl-ce ^13... mais... mais... Vous êtes un
M" 'I soi-W- celui là .' polisson, voilà 1 ce que vous êtes. El
m monsieur puis, regardez la encore, regardez-la un
Je sors d'en prendre. Voilà cinq mi- peu, ma femme... Je vous enlèverai le
nulcs que je vous suis du coin de l'œil : derrière, moi, andouille !
FERjVIE TA JVIAL>!jE!
Place '/ ■ la BusiiUe. Un marchand de chansons débile sa marchandise au sein d'un auditoire nombreux et aliénai. Pxës de lui, un [eune homme aveugle écrase de ses maigres doigts les touches d'un orgue portatif dont se mêle la plainte navrante au [racas ininterrompu des camions et des omnibus.