M. GARRIGOU
De vol" bras ?
M. POMMADE
Lien sûr, de mon bras !... un bras de Marne que j'ai loué à la municipalité et
fermé d' claie à chaque bout pour que
n poisson n'en sorte pas. Non, mais
vous êtes pas mal épatant vous, encore; vous n'avez pas l'air dé me croire quand je 'li- que le poisson est à moi. Se mentant peu à peu.
I ii poisson que j'ai acheté moi même ;'i l;i I [aile, nppoi té moi même dans un arrosoir cl mis moi même dans l'eau de
mon bras | r avoir le plaisir de le pê
cher ensuite, il n'esl pas à moi ce poisso i là '.' I n poisson que je nourris de mes propres mains avec de la bonne gargouil lade d'asticots, des bonnes boulettes de
caca, des I» >s croûtes de gruyère
pourri, il n'esl pas à moi ce poisson Là '.'
Un poisson que je pêcl l repêche de
puis trois ans jusqu'à des trente el qua rante lois par jour, même à la lin, il me connaîl cl se laisse pêchei de bonne \<> lonté, il n'esl pas à moi ce poisson là '.' Il faut que vous soyez le rebul 'lu genre humain pour oser dire une chose pareille, que -ce poisson-là n'esl pas à moi !
M. GARRIGOl
Ah ! mais dites donc ?...
M. POMMADI
\ ..us n'êtes pas encore convaincu '.' I lé bien, regardez \ oir un peu.
// s'approche de l'eau, se \>hicc /ex mains en < 01 net sur lu bouche et appelle d'une voix relenlis-s-anlc :
Théodore
Le barbillon se montre aussitôt, el [ail de ht lête un petit signe ami cal.
II n'esl pas .1 moi. ce poisson-la '.' Dédaigneux.
I » ailleurs, je suis bien lion de me faire tant 'le bile, et vous pouvez bien le |"cher -1 vous voulez, ce poisson '/ni n'esl //us à moi. • nu. tenez, c'csl cela, péchez !■■. |" chez h- un petil peu, pour voir.
\l. GARRIGOl
.h' I'- pécherai -i ]>• veux.
M. POMMADE
Eh bien, péchez I'- n1 • !
.W. Garrigou, agacé, \étle la ligne.
Même /eu que plus haut. Le bon ( hon plonge. \f . Garrigou lire vivement el amène le barbillon.
Mais celui < 7. 1 oyant à qui il a a[[aire, se <!,'■< m, he précipilam ment et rentre dans son élément naturel en manifestant un pi ■■ joût.
M. POMMADE
Là ! \ ojis êtes fixé, maintenanl ?
m. g vrrigoi . ahuri.
Mais, mais, mais...
M. POMMADE
II n'y a pas dé mais : (îchez-nous la paix, à Théodore el .1 moi. Vous nous dégoûte/ tous les deux, avec votre figure de bagne. Vllez, c'esl bon, assez causé. Et maintenanl tachez d'ouvrir l'œil; -1 jamais vous avez le iront de mettre la main sur mon lu;i<. je vous enverrai mon pied-, moi.
li'OURS
Si i.\K PREMIÈRE
ulisses du petit thëûlre de l'Ambigu- Di amalique.
i vpoi vss'i . i ostumé en Brésilien [aroiulic Ecoute-moi bien, Piégelé.
piégelé, costumé en ours et tenant sa
tête sous son bras.
Je suis tatoué, Lapotassc...
Se reprenant.
Heu !... je suis tout ouïe, c'est-à-dire...
i vpo'j vssi . solennel.
Grâce à mon intervention, te voie.
enfin parvenu à la réalisation de tes vœux les plus chers : lu es artiste ! Dans un instant, tu auras paru devant ton souverain juge, le grand public parisien. Tu y auras paru, il esl vrai, sous les traits modestes d'un oins. mais... — Piégelé, lu me portes sur les nerfs, à regarder ta tête au lieu de m'écouter.
PIÉGELÉ
Je t'écoute, Lapotasse, je t'écoute.
I YPOT.ASSE
Je t'en suis obligé. — ... M;iis. dis je, il u"\ a pas de petits emplois, il n'\ a que de petits acteurs. Médite cette vérité. » !eci posé, prêle la plus attentive oreille aux instructions que tu v;i< recevoir de ton aîné, maître, el ami... I >e tes débuts, Pié gelé, une carrière loul entière dépend !... - Mon 1 lieu que tu es agaçanl de laisser lomber ta tête à chaque minute !
P1ÉG1 l É
Ne te fâche pas, Lapotasse.
i VPO i VSSE
I le les débuts, j'insiste sur ce poinl i ssentiel, dépend une carrière loul en lière. Donc... Quand lu auras fini de
débarl iller la lôte avec le tond de la
culotte, in me feras un sensible plaisir
— ... voici la situation : tâche voir à ne pas te tromper. Je fais le Brésilien 11eruandez : toi lu fais l'ours que je dois lucr d'un coup de rifle. Très bien ; je suis en scène et je dis : « < Caramba ! »
PIÉGELÉ
Caramba !... < î'esl de L'espagnol !
lapotasse, très important.
Ne t'inquièle pas de ça, ce n'est pas ton affaire. Est-ce que tu es compétent pour savoir si c'est de l'espagnol ? Non. Alors, de quoi te rnêles-lu ".' Haussement d'épaules.
("esl curieux, ce besoin de compéter sans savoir. D'abord, les Brésiliens sont des espèces d'Espagnols.
PIÉGELÉ
< ;'esl juste. I Jontinue.
LAPOTASSE
Bon ! Au même moment où je dis :
« Caramba ! » toi lu entres, et tu imites l'ours. Suis lu imiter l'ours ?
PIÉGELÉ
Oh ! 1res bien.
LAPOTASSE
Imite voir.
piégelé, imitant l'ours.
« Paye tes dettes ! Paye tes dettes ! » \h ! non ! je confondais avec la caille ! L'ours, c'est comme ça :
Imitant.
« ( ouie ! rouie ! couic ! »
I VPOTASSE
Eli non ! ce u'csl pas comme ça ! Tu fais le cochon d'Inde en ce moment. L'ours, voila commenl c'est.
Imitant.
« Hou ! Iloù ! Hou ! »
piège] t.. répétant.
Iloù ! Iloù ! Iloù !
COCO, COCO I : I ï O T 0
LAPOl N--I-
I h y es. Moi, là dessus., qu'csl ce que je fais ? Je le fous un coup de fusil. piégelé, inquiet.
... P • de rire '.'
LAPO'J \--l
Naturellement, pour de rire. Mors lu lombes mort, el c'esl tout. Tu as bien compris '.'
Je crm- que je ne serai pas mal, dans l'ours. Je I ■ sens, ce rôle, je le - -
-' l.\K II
La scène. Le décor représente une \orè\
i ierge.
i \!'(, : - i anl son monologue.
m i aramba : »