‹ Coco, Coco & Toto. Illus. de A. BarrèreChapitre 49 sur 67 · COUARD · texte numérisé non relu

COUARD

SCÈNE PREMIÈRE Les huis coups de V avertisseur, L'oi < heslre attaque, mais au même instant, Piégelè i oslumè en guerrier moyen

lluslre Sarali achève de se friser pour la reprise du Fils de Gane-

lon, je vôu d'attention

• demanderai une seconde iour une petite affaire per-

dre apparaît devant le rideau ; il fait un signe à l'on heslre qui se tait.

PIÊGELÉ

Mesdames et Messieurs, pendant que

sonnéHe. Jusqu'à ce jour, j1' m'en étais tenu a remplir l'emploi, plutôl modeste,

d"un messager sarrasin. — Ça consistait à saluer fhnrlemao-ne et à lui remettre

une lettre avec loulcs les marques de la considération la plus distinguée. Je m'en lirais assez gentiment, mais enfin, comme effel produit, c'était plutôt limité. Or, Ledaim, qui remplit le petit rôle de Roland, s'élanl trouvé indispose, j'ai profite de la circonstance pour faire un petit peu de chahut et j'ai obtenu de le remplacer au pied levé. — Je vais donc débuter tout à l'heure dans le rôle de Roland — vingt lignes... dont je no sais d'ailleurs pas la première syllabe. Oh ! mais là ! rien ! pas une broque ! Ce n'est pas de ma faute, je n'ai pas de mémoire ! c'est même curieux pour un comédien — aucune mémoire.

Sorti de : « Ah ! ah ! voici ma fidèle armée ! » je ne me rappelle pas un mot. Philosophe.

Ah ! cl puis qu'ça fait ? je prendrai du souffleur.

Au sou[[leur.

Tu entends, Courgougnioux ? Ah ! zut ! 11 n'y est pas ! En voilà un souffleur ! Quand il ne dort pas, il est chez le marchand de Ain. — Je vous demanderai donc, Mesdames cl Messieurs, de m'accorder toute votre indulgence, au cas où le manque de mémoire, joint à l'émotion inséparable d'un premier début...

l'avertisseur, passant sa tête par le manteau <f Arlequin.

Comment, vous êtes là ? Voilà une heure qu'on vous cherche de tous les côtés ; et on vous trouve faisant la conversation avec les spectateurs ?... Vingt francs d'amende !...

PIÉGELÉ, Sll[[0(jaé.

Vingt fr... ! Un mois d'appointements !

l'avertisseur En scène ! En scène !...

PIÉGELÉ

Voilà...

Sortant.

J'ai encore deux ou trois minutes, si j'essayais de rassembler mes souvenirs... Voyons, j'entre cl je dis : « Ah ! ah ! voici ma fidèle armée... » Parfaitement ; je ne me rappelle pas un mot.

Philosophe.

Ah ! El puis je m'en fiche, je prendrai du souffleur.

// sort.

SCËNE II

Le décor représente les gorges de Iioncevaux.

les prtsux, entrant.

Noël ! Noël ! Gloire à l'illustrissime Roland !

PIÉGELÉ

« Ah ! ah ! Voici ma fidèle armée... » euh... « ma fidèle armée.. »

// va au sou[[lcur.

Courgougnioux !

le souffleur « Ma fidèle armée... ma fidèle armée. » Ah ! voilà.

// souille.

« Voici mes vieux compagnons d'armes. Salut, ô mes preux ! »

piÉGLLÉ, louant.

« Voici mes vieux compagnons d'Arles ; salut aux nez creux ! »

le souffleur, redisant.

« O mes preux ! »

piégelé, qui n'a pas saisi.

Quoi ?

LE SOUFFLEUR

« O mes preux ! »

PIÉGELÉ

« Aux lépreux », c'est vrai... « Salut aux lépreux !... » Euh... euh.. . euh.. .

LE SOUFFLEUR

« Je suis le fameux paladin ! »

piégelé, d'une voix éclatante.

« Je suis le fameux Paul Adam ! »

LE SOUFFLEUR

« Paladin !

piégelé, se reprenant.

« Péladan, » pardon ! « Je suis le fameux Péladan ! »

LE SOUFFLEUR

« Autour de mon nom brille une légende illustre. »

piégelé

« Auteur de mon nombril, légende illustrée. »

Page 1