MAI) I HE
Parfaitemenl : je la connais, tu fais tous les dimanches.
Un silence.
RENÉ
Alors tu ne... veux pas ?
MARTHE
Non.
RENÉ
lu es ridicule, lu sais. Je te demande un peu ce que ea pourrait te faire.
MARTHE
Ça me fait que je ne veux pas.
RENÉ
Ah !
Nouveau silem e.
RENÉ
Marthe!
MARTHE
Après ?
RENÉ
Je t'aime.
MARTHE
Oui, je te dis ! C'cst-y drôle que ce soit la mémo comédie chaque fois que nous avons mangé à la campagne.
RI \i:
Si le grand air m'inspire, moi.
Marthe, ironique.
Le grand air !... Tu m'as l'air grand air : dors donc.
ième silem e, U es long celle (ois. < 'aime immense de la \o\ <:/.
D'inx isibles oiseaux s'appellent.
Au loin, très loin, chantent 1rs grenouilles amoureu him . brusquement.
Marthe, je t'aime.
// se couche sur le {lanc.
mari he, prise d'inquiétude.
René, tiens-toi tranquille : lu ne vas pas recommencer tes bêtises et me geler avec tes sales pattes, peut-être.
RI \l.
Confesse la vérité, Marthe ; lu ne crois I >as à mon amour.
MARTHE
Pas un instant.
m m .. plaintif J'en élais sûr ! - - Mon Dieu ! que c'est donc malheureux de se voir méconnu ainsi ! Tu es pourtant la seule que j'aie jamais aimée.
MARI he
Et la soixante dix huitième à laquelle lu l'aies jamais dit.
RENÉ
Ah ! cela, par exemple, jamais !
marthe, , -ment indignée.
Menteur !
rené, solennel.
Marthe, je te le jure! Certainement, j'ai eu des maîtresses, et la passion, comme à tous les hommes, m'a fait lâcher bien des bêtises à certaines heures de ma vie ; mais quant à avoir dit : « Je l'aime » à une femme, jamais, tu entends bien, jamais !
MARTHE, ravie.
Sale bête ! Sale type !
Changement de Ion.
René, je t'en prie, sois raisonnable.
Dieu, que Lu es enfanl !... Quoi '.' Tu veux prendre ; car celui-là seul qui a foulé du m'embrasser ? lié bien ! embrasse-moi. pied le sable aride du désert peut goûter
Là ! Vssez !
/ rès < âline.
Alors, dis donc, c'est vrai '! Tu n'en as jamais aimé d'autre ?
rené Sur quoi veux-lu que je le jure ?
la fraîcheur exquise de l'oasis.
martiie, à part.
Le proverbe a bien raison, va, qui dit : « Si jeunesse savait ! » Mais voilà le mal-
MARTHE
Sur rien, mon chéri ; je le crois.
rené, rêveur.
Même, si tu savais les mauvais souvenirs que laissent les mauvaises jeunesses, cl de quel prix on voudrait les racheter !... Tiens, quand je remonte mon passé, il me semble que je mords dans nn artichaut cru.
M su un:
Comme je le comprends !
RENÉ
Non, tu ne comprends pas ; lu ne comprendra- jamais, lu ne peux pas com-
heur, jeunesse ne sait pas, cl c'est comme cela, hélas, qu'on arrive à l'été de la vie, ■ — de la Saint-Martin, quelquefois, — sans avoir connu celte chose ineffablement délicieuse qui s'appelle le printemps. — C'est bête, hein, ce que je te dis là?
MARTHE
Bête ! ! !
RENÉ
Tu ne trouves pas ?
Marthe
1 >ieu, non, je ne trouve pas !
COI 0, < 01 0 Kl I <>l <i
Au fond, vois Lu, avec mes airs d épa
leur, j'ai toujours été un sentimental,...
je suis, sans que cela > paraisse, tout ce
qu'il 5 .i de plus enfant.
Je m'en étais toujours doutée.
ri si . qui Venlai e dou< ement.
Même, je te dirais bien quelque chose, mais lu le moquerais de moi...