‹ Coco, Coco & Toto. Illus. de A. BarrèreChapitre 56 sur 67 · RI M · texte numérisé non relu

RI M

I n m'embêtes.

MARTHE

Je le savais bien, va, que ça unirait comme ça !

RENÉ

Vlors lu es inexcusable de l'être encore laissée pincer.

marthe, fondant en larme*.

Si maman me voyait !...

rené, les bras sur la poitrine.

Dis donc, est-ce que îu vas me raser longtemps avec 'ta mère '.' La fil! sait, lu sais !...

Li'HOHNEf** GES BÇOSSA^BOU^G

LA BARONNE

Un mot, je vous prie, monsieur de Brossarbourg, mon époux. Il faut enfin que je vous entretienne d'un petit incident d'une nature toute spéciale et sur lequel je me fusse tue, si les événements eussent mieux répondu à ce que j'avais espéré d'eux. Il n'en a pas été ainsi ; désormais, je dois tout vous dire, préparezvous à quelque chose d'énorme. L'honneur des Brossarbourg-, monsieur...

le baron, vaguement inquiet.

L'honneur de Brossarbourg, madame ?

L'honneur des Brossarbourg, ditesvous ?...

la baronne avec une douloureuse solennité.

L'honneur des Brossarbourg, monsieur de Brossarbourg, est à tout jamais dans le sciau !

LE BARON

Dans le... l'honneur des !... Ou'entends-jc ! ! ! Le nom de votre complice, madame ! Il me faut son nom et son sang ! — Ah ! tête-Dieu ! son nom, vous dis-jc ; le nom do cet homme, à l'instant même !

LA BARONNE

Je l'ignore.

Etonnement du baron de Brossarbourg.

Ah ! c'est une tragique et mystérieuse histoire (pie celle dont il me reste a vous faire le récit. Ecoutez et jugez, du reste Vous vous souvenez qu'au mois de novembre dernier vous conviâtes plusieurs amis .1 venir séjourner quelques jours au château pour y faire avec vous l'ouverture de la chasse. Ils vinrent au nombre -iv : le vicomte de La Mothe aux-Dames, le chevalier de Mépié, M. de Poilu-

Boudin, le général baron de la Bossardière...

LE BARON

... le docteur Bougredâne et Oscar de Proutrépéto, parfaitement. Hé bien ?

LA BARONNE

Hé bien ! voici. Deux ou trois jouis après l'arrivée de ces messieurs, je changeais de linge en ma chambre, avant de descendre présider le dîner. J'en étais arrivée à cette minute psychologique où l'extrémité inférieure de la chemise, remontée au niveau de la nuque, s'accroche inévitablement au feu d'artifice d'épingles qui jaillit de la tète des femmes... Pudique.

Par égard pour le Faubourg, je vous demanderai avec instances la permission de jeter un voile...

LE BARON

Je vous en prie.

LA BARONNE

Soudain, comme je luttais pour dégager ma tète du frêle tissu qui l'emprisonnait, j'entendis derrière moi s'ouvrir doucement la porte et une voix, une voix d'homme crier :

— Tonnerre de Dieu, la belle femme !

Je jetai un cri. Au même instant quelqu'un s'approcha de moi, et mettant lâchement à profit l'état de quasi-captivité et de cécité absolue au sein duquel je continuais à me débattre, répéta par trois fois : « Du satin ! du salin ! oui, oui, du satin tout craché ! » en passant doucement la paume de sa main sur la naissance de. mes...

Pudique :

Pour le même motif que plus haut, je vous demanderai la permission de jeter

coco, coco i . i r o t o

un deuxième voile... Quand, enfin, je rentrai en possession de ma tête, el pus promener autour de moi un regard noblemenl courroucé, l'insulteur ;i\;iit disparu, Laissant • tache indélébile au bla-

des Brossarbourg...

I i BARON

Comment, tu n'avais pas reconnu à la voix '.'...

LA BARONNE

Pardon! A certaines intonations canailles, j'avais cru reconnaître, en effet, la voix de M. île Proutrépélo. Je résolus de tirer la chose au clair, el d'arracher à ce faux gentilhomme l'aveu de sa félonie, déterminée à l'en punir, ensuite, de la latante façon. Usant des armes que la nature nous a données : le charme, la coquetterie et la séduction, je l'attirai en un rendez-vous qui devail être un guetapens. 11 céda. Une nuit que tout dormait, je lui ouvris ma porte, puis ma couche...

LE BARON

Comment ! comment !

LA BARONNE

Rassurez-vous ! Il y avait un poignard sous le traversin, et les hurlements de plaisir que parut m'arracher l'étreinte de M. de Proutrépéto n'étaient qu'une comédie bien jouée. Quand je le vis mûr pour l'aveu, gorgé de voluptés, prêt ;i exhaler son âme dans l'ivresse d'un spasme suprême, je me penchai sur lui.

et, avec un sourire badin : « Confesse tout, petit cochon, lui dis-je ; tu peux tout avouer à cette heure. C'est toi qui es entré l'autre jour dans ma chambre pendant que je changeais de chemise ? » En même temps, ma main, impatiente, taquinait le manche du poignard. Mais il répondit : « Comprends pas », avec un tel air de sincérité, une figure à ce point ahurie el idiote, que je ne doutai plus que je me fusse abusée...

le baron, qui s'éponge le [ronl.

Ouf !

LA IUROXNE

Mes soupçons se portèrent sur M. de Poilu-Boudin, de qui le? regards libidi-

naux m'avaient toujours paru sujets à caution. Poinl découragée par un premier échec, obslii ger l'honneur

des Brossarbourg, je ni'' ren nouveau personnage, en frais de coquetterie el de grâce captii use. Les hommes sont bêle- : an même piège on. déjà, était

\l. de Proutrépélo, \l .

din se laissa prendre ■> son tour. Confiant cl luxurieux, une nuit, par la porte laissée exprès entre baillée, il se faufila en silence, cl, en un lit qui, peut-être, allait devenir son tombeau... Que je ? Il est tels accents de vérité auxquels on no saurail se n ! \f. de Poilu-

Boudin était innocent, indiscutablement innocent ! Il sortit de mes bras comme il y était entré', cl le poignard, celte I core, resta caché sous le traversin, r.i: baron Et sans doute vous - M. de la Rossardièrc '.'

LA BARONNE

Vo is l'avez dit. Malheureusement cette troisième tentative demeura aussi inutile que l'avaient été les 'Lux autres. 11 en fut de même pour le chevalier de Mépié...

LE BARON

... puis pour le docteur Bougrcdâne ?

LA BARONNE

... El pour \l. de I a Mi mes, hélas ! oui. Si bien que j'en suis venue à soupçonner le cocl

LE BARON

lié là !

LA BARONNE

Ou le concierge.

LE BARON

Le concierge ! !

LA BARONNE

Oui, monsieur, le concierge ! cl j'en aurai le fin mot avant qu'il soit huit jours. le baron, hors de lui.

En vérité, madame, vous êtes pli cent fois que tous les cochons de Cincinnati ! 0Llc m» figure se couvre de boulons ! Si je vous eusse pu soupçonner aussi démesurément imbécile, je ne me fusse point livré à l'innocente plaisante-

pie qui cortsisla à vous lapoler le derrière omparanl à du salin.

I \ BARONNE ( 'était VOUS ?

I i: BARON

Parfaitement, madame, c'était moi.

LA BARONNE

Mon Dieu, que je suis aise «le l'apprendre : car. à la crainte que ce fût le cocher ou le concierge, se mêlait vaguement, indicible, la terreur que ce fût le nègre !

CIBOULOT, VOUS ETES U \i COCHO^

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