QUATRIÈME PARTIE. — ANNEXES
leurs enfants, il porte si évidemment le caractère d'une institution pratique, utile et démocratique que, de toutes parts les municipalités républicaines ont voulu doter les communes d'établissements où cet enseignement serait donné. Aussi les demandes de création ont-elles afflué en 1882 et, pendant les dix premiers mois de cette annéeci, 190 écoles primaires supérieures ont été approuvées, tandis qu'il y a deux ans, en 1880, il ne s'en fondait que 29 dans tout le cours de l'année. Pour 1883, on doit prévoir l'installalioa d'un nombre considérable de ces établissements nouveaux, soit sous le nom d'écoles supérieures, soit sous celui de cours complémentaires. Dès aujourd'hui, ces établissements sont au nombre de 418; et leur population scolaire va croissant d'année en année.
Le Parlement a, du reste, généreusement secondé l'essor d'une institution si populaire. Le crédit affecté aux bourses d'enseignement primaire supérieur, qui était de 42,000 fr. en 1880, a été porté à 160,000 fr. en 1881 et vient d'être élevé à 500,000 fr. pour 1883.
Le travail de répartition de ces bourses va être effectué aussitôt après la promulgation delà loi de finances; près de la moitié des candidats que le concours d'avril dernier a déclaré admissibles, pourront être pourvus d'une bourse. L'Etat entretiendra donc pendant l'année scolaire actuelle au moins 800 boursiers d'enseignement primaire supérieur, dont 550 environ sortis de la première série du concours, c'est-à-dire âgés de 12 à 14 ans, et 250 appartenant par leur âge (14 à 16 ans) à la seconde série.
En présence d'une progression si rapide, il m'a semblé, monsieur le Président, que l'heure était venue de donner à l'enseignement primaire supérieur une consécration définitive et de vous proposer en conséquence d'instituer un « certificat d'éludés primaires supérieures. »
La création de ce titre présentera de nombreux avantages. Elle mettra en relief le caractère même de notre enseignement primaire supérieur, qui est de rester primaire et de ne pas dégénérer en une contrefaçon maladroite de l'enseignement secondaire spécial ; mais qui est aussi de pousser jusqu'à leur développement le plus large, ces programmes d'instruction populaire dont les premiers éléments seuls font l'objet du certificat d'études primaires.
De plus, le cours d'études primaires supérieures aura désormais ainsi ses limites déterminées : le contrôle d'un examen tiendra lieu, à lui seul, de toute une réglementation qu'à dessein nous avons évité de constituer. L'enseignement primaire supérieur, vous le savez, est en ce moment, la partie de notre enseignement public qui a ga-'dé le plus de liberté, de souplesse et de variété; il n'est régi pour son organisation intérieure par aucun texte de loi spécial et, d'accord avec le conseil supérieur, mes prédécessi'urs et moi, nous inspirant de l'esprit de la loi du 11 décembre 1880, nous nous sommes bornés à lui tracer des limites générales sous la forme d'un programme très large qui laisse expressément une grande part à l'initiative locale, aux convenances des municipalités et aux exigences des diverses industries de chaque contrée. Dans ces conditions, il était bon qu'un examen fut institué pour établir, à travers toutes ces diversités de détail, l'unité de but et une sorte de niveau commun, pour tenir en garde les directeurs et les professeurs contre le danger d'accorder une trop grande prépondérance à telle étude spécialement appréciée pour son utilité immédiate, au détriment peut être de l'instruction générale. La nature même des épreuves du nouveau certificat d'études leur rappellera, s'il en est besoin, que l'instruction primaire supérieure manquerait son but si elle n'était à la fois un complément d'éducation libérale et un commencement d'instruction professionnelle.