DE LA MISE
La mise est la convenance, l’harmonie entre les diverses parties du vêtement.
Il y a des gens qui, avec tous les éléments d’une excellente toilette, viennent à bout de s’habiller fort mal. Ils ont Staub pour tailleur, Bandoni pour chapelier , Hasley
pour bottier ; madame Frédéric est leur lingère, Walker les gante , Marguerite leur vend des bijoux :
ils ont tout, hors-une chose, une seule, que la fortune ne donne pas, l’art de se mettre.
S» art. 5. «si
Le spirituel crayon d’Henri Monnier ne fera-t-il pas justice quelque jour de ces élégants qui portent un habit noir sur un pantalon chamois; qui mettent une cravate blanche avec une chemise delà veille, une redingote à la propriétaire et un pantalon d’été? Ne nous fera-t-il pas rire aux dépens de ceux qu’on rencontre en costume de cérémo-
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nie, avec un gros rotin à la main ; et des chapeaux gris en automne, et des bas blancs avec des pantalons foncés? Cespetits travers sontcertes fort innocents : Lavater cependant en eût tiré de très-défavorables inductions sur l’esprit de ceux qui se les donnent, faute d’observer comment se mettent les gens qui les entourent.
La province est à juste titre renommée pour son mauvais goût en fait de toilette ; mais à qui en est la faute? ànos marchands parisiens d’abord , qui n’expédient dans les départements que des objets de rebut dont la mode est la plupart du temps
DE LA
passée, puis aux divers journauxdes modes, recueils ridicules où l’affectation du style est encore dépassée par l’afféterie des gravures.
ft» ART. 5. ««
On confond trop souvent le luxe et la richesse avec l’élégance. A mérite égal, c’est-à-dire s’il y a des deux côtés beauté, jeunesse et tournure, une personne bien mise l’emportera toujours sur une personne richement vêtue.