FLEURY
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Quand on refroidit l'essence de menthe poivrée, elle laisse déposer des cristaux incolores, hexagonaux, très solubles dans l'alcool et la vaseline liquide, peu dans l’eau ; ce corps, stéaroptène de celle essence, est le menthol. Chimiquement c'est un alcool primaire, quant à l’elæoptène, ou partie liquide séparée du menthol, c’est un produit mal défini, du reste, inusité.
Le menthol, cristallisé et pur, se trouve dans le commerce sous le nom d'essence chinoise ou japonaise de menthe. Ce produit est supérieur au phénol comme antiseptique ; il possède une action dépressive remarquable sur les centres nerveux. A faibles doses, Pellaconi a vu que chezles mammifères il paralyse les mouvements volontaires ; à fortes doses, la sensibilité et les mouvements réflexes. La paralysie de la moelle allongée serait la cause de la mort.
En 1879-80, Macdonald avait constaté les propriétés antiseptiques du menthol ; en 1884, il établit qu'il est aussi un antinévralgique puissant, réussissant dans la névralgie faciale, la sciatique, l’odontalgie, la céphalalgie, et, parmi les affections parasitaires du cuir chevelu, particulièrement dans la teigne tonsurante.
À Bonn, Schmitz, à Berlin, Rosenberg, étudièrent ensuite le menthol comme succédané de la cocaïne soit pour calmer la douleur, soit comme décongestionnant par suite de son action vaso-constrictive. Bien que le premier rang reste acquis à la cocaïne, je ne puis négliger de mentionner ces propriétés du menthol, moins cher que la cocaïne, et qu'on peut employer comme le font Baratoux, Madeuf et autres pour les opérations dans les fosses nasales, le larynx, l'oreille externe, la solution se fait au moyen d'huile ou de vaseline liquide. Avec une solution faible on n'obtient qu'une sensation de fraicheur de la peau, avec une Solution plus concentrée (10 0/0 larynx, 40 0/0 fosses nasales), l'action analgésiante persiste de une demi-heure à une heure et demie, plus on répète les attouchements, plus l'analgésie se prolonge, il y a donc action cumulative.
Le menthol sert à préparer des cônes dits crayons antimigraineux, ceux-ci frottés sur le front produisent une sensation de fraicheur pouvant avoir son utilité dans certaines céphalalgies. Ces crayons sont formés de menthol et de paraffine. Une pommade à 1 partie de menthol pour 3 de véhicule remplit le même but.
Hermann Wolf cite deux cas de diphtérie qu'il a guérie par des applicalions locales de menthol: 1 à 2 p. de menthol pulvérisé pour 20 p. de sucre.
2A15) en
Lemnon Mainwright assure que beaucoup de malades atteints de fièvre des foins ont guéri par inhalalions de vapeurs d’un mélange de menthol et de carbonate d'ammoniaque.
Dubreuil et Archambault avancent de leur côté que des applications de menthol à 10 0/0 calment les démangeaisons el font souvent cesser l’éruption de beaucoup d’affections prurigineuses (eczéma, lichen, gale, urticaire, prurits vulvaire et anal). On peut dans ces cas prescrire la pommade de Langgaard : menthol 1, huile d'olive 0.5, lanoline 8.5.
Le menthol est un remède efficace pour calmer la sensibilité de la muqueuse laryngobronchique en inhalant, par la bouche et le nez, ses vapeurs.
Schmitz le donne à l’intérieur contre la gastralgie, l’entéralaie, les vomissements incoercibles, le catarrhe pulmonaire see, il formule : menthol 0.1 à 0.95,alcool q.s., eau 190. Il est nécessaire de tiédir avant l’emploi pour redissoudre le précipité de menthol.
Rosenberg à insisté sur l'emploi de ce corps comme spécifique de la tuberculose, il en a donné jusqu’à 9 grammes par jour en cachets, pilules ou solution alcoolique.
Le menthol aurait encore d’autres indications pour combattre la diarrhée, les fermentations intestinales, comme antispasmodique, antivomitif, je n’insiste pas, l'introduction de cette substance au Formulaire officiel est, par ce que j’ai dit, suffisamment motivée.
Papaya carica.
Le tronc, les feuilles, les fruits, les graines, les racines de cet arbre des pays tropicaux renferment un suc laiteux intéressant, mais on le retire plus particulièrement des fruits encore vers.
Vauquelin a étudié ce produit et l’a appelé sang végétal, attendu que, comme le sang des animaux, il se coagule à l’air et se sépare en deux parties : un caillot et un sérum. Le D' Roy, en Angleterre, fait le premier (1873) une étude réellement scientifique de ce suc, il démontre son action digestive sur les albuminoïdes, mais c'est Würtz qui retira, à l’état de pureté, le principe actif, nommé par lui papaine. En même temps que Würlz et Bouchut faisaient leur découverte, Peckolt, au Brésil, donnait le nom de papayotine au même principe. Papaïne et papayotine sont donc
synonymes.
La papaïne est amorphe, blanche, insipide, sans odeur, c’est un ferment comparable à la pepsine et à la trypsine, il dissoul rapidement la fibrine surtout en solution chlorhydrique, il est bien moins aclif pour lransformer les matières protéiques en peptones. L'action de la papaïine sur la fibrine est considérable puisque À partie pourrait dissoudre 1000 ou 2000 fois son poids de fibrine humide. Celle propriété suffit seule, en dehors de tout acle de peplonisation, à expliquer les avantages que l'on à relirés de la papaïne comme agent eupeptique (Erx. LABBÉE, in Dict. Sc. méd.).
Grâce à celle puissance d'action sur la fibrine, le suc de papayer altendrit la viande. Or, dans les pays chauds, où la viande s’allère vile et où il faut la faire cuire promptement pour éviler sa décomposition, mais elle est alors coriace, si on l'enveloppe dans des feuilles de papayer des qu'on vient de l'abattre et qu'on l’abandonne ainsi quelques heures, après ce temps on la trouve aussi tendre que celle qu}, en Europe, proviendrail d’un animal tué depuis 36 heures.
Les propriétés eupeptiques de la papaïne ont surtout altiré l'attention. Après les recherches de Würtz et Bouchut, Hillairel, Dujardin-Beaumetz, Constantin Paul, Guéneau de Mussy, etc. ont multiplié les expériences, elles ont porté sur les affections du tube digestif. Dans les dyspepsies en particulier elle peut rendre des services en aidant la digestion des albuminoïdes, de même quand l'estomac fonctionne mal à la suite de maladies graves. La papaïne se donne alors à la dose de 0.1 à 0.4 sous forme de vin, de sirop, d'élixir, de dragées, de pilules : il faut se rappeler que ce ferment est insoluble dans l'alcool, afin de ne pas introduire trop d'alcool dans les préparations que l'on prescrira. Rossbach a démontré qu'il n’y avait pas lieu de redouter l’action dissolvante de la papaïine sur les muqueuses stomacale et intestinale.
La papaïne dissolvant à merveille les fausses membranes, Bouchut a songé à son emploi dans la diphtérie. On badigeonne les exsudats diphtériliques avec une solution à à 0/0, on renouvelle les applications, toutes les 5 ou 10 minutes, jusqu'à dissolution. Rossbach et Koths insufflent de la papaïne en poudre fine sur les fausses membranes.
Depuis longtemps on à proposé la papaïne dans les affections de la peau (herpès cireiné, dartres, lichen, ephélides, pour dissoudre les cors, les condylomes, les verrues). On peul se servir de la formule de Malcolm :
TR eee deu, n 0:1b DOMAUINETISÉ NE Le, à à 0.80 RS OO men où so 10
On badigeonne 2 fois par jour.
Je n'oublie pas de signaler que le sue de papayer esl employé comme anthelhminthique dans l'Amérique centrale, à Bourbon, à l'Ile de France, et que Greshoff (de Java) a trouvé dans lesfeuilles du végétal un alcaloïde cristallisé, la carpaïne, qui est un poison du cœur, il le ralentit.
Je lrouve aussi qu'il est intéressant de rappeler que les tra vaux de Bouchut (1870), de Bianchi, de Hansen (1885) ont montré qu'on pourrait s'adresser au suc qui s'écoule des sycones non murs de Ficus carica pour remplacer la papaïne.
Le suc de papayer arrive généralement dans le commerce additionné de glycérine, cela assure sa conservalion.
Piscidia erythrina.
Cet arbuste du Mexique, de la Floride, des Antilles, fournil a la matiere médicale l'écorce des racines.
C'est Hamilton qui appela le premier l'attention sur cette drogue, il en indiqua les propriétés soporifiques et sédatives. Le D' Landowski a reconnu exactes les assertions d'Hamilton, il a fait ses expériences avec un extrait fluide préparé par Limou- Sin.
Dujardin-Beaumetz voit dans le piscidia, au point de vue thérapeutique, un analogue du Gelsemium sempervirens: il serait seulement analgésique, son action hypnotique élant une conséquence de la cessation des douleurs. De ces considérations il résulte que les préparations de piscidia s'adressent surtout à l'élément névralgique et seraient principalement uliles dans les névralgies faciale et sciatique.
Huchard, en cas de névralgies, associe la teinture de Viburnum prunifolium à celle de piscidia, il formule un mélange à parties égales et en donne L gouttes par 24 heures.
Le piscidia, employé dans les migraines, la coqueluche, Les insomnies, le catarrhe sec, la bronchite des mineurs, a encore donné des succes.
Firth en aurait obtenu de remarquables effets dans le delirium tremens ; Seifert dans la phtisie avec toux, la néphrite
chronique, la dilatation de l'estomac.
A me Legoy (Thèse de Paris, 1884) considère celle drogue comme un simple sédatif ; elle semble, pour cet auteur, utilé dans l’alcoolisme, la manie, les névralgies, la dysménorrhée. Mope p’emPLor. — Extrait fluide, de XXX à XL gouttes. Décoction, 4 er. Teinture, de 2 à 3 gr.
On peut donner par jour 3 à 4 cuillerées à dessert du sirop suivant :
Extrait fluide de piscidia erythrina de la Jamaïque. 15 Sirop d’écorces d’oranges amères... . . . . . . . 250 chaque cuiller renferme environ 1 gr. d’ estraits
Québracho.
On emploie les écorces des racines de cet arbre qui vient dans le Chili et la République argentine.
Le Québracho est d’un usage populaire dans l'Amérique du sud, c'est Penzoldt (d’'Erlangen) qui l’a étudié le premier en Europe (1878) ; depuis, Eloy et Huchard ont publié, dans les Archives de physiologie (1886), un travail remarquable sur ce produit.
Les principes actifs du québracho blanc — qui est celui dont je parle, le québracho rouge élant le bois d’un arbre différent, — sont: l’aspidospermine (Fraude), la québrachine, l’aspidospermaline, l’aspidosamine, l'hypoquébrachine et la québrachamine. L’aspidospermine du commerce en est un mélange. En plus des substances précédentes, le québracho renferme une grande proportion de tanin, de l’amidon, un alcool (québrachol), deux sucres (québrachite et inosile).
J'étudierai avec Soulier l'action de l’aspidospermine pure et celle de l’aspidospermine du commerce.
A la première revient surlout le rôle d'agir sur le centre respiratoire, l'amplitude des mouvements respiratoires est d'abord accrue, puis cette amplitude redevient normale, c'est alors la fréquence de ces mêmes mouvements qui s'accroil. Celle augmentalion de fréquence se manifeste environ quinze minutes après l'administration d'une dose physiologique d'aspidospermine, elle persiste trois et même quatre heures, elle n’est donc pas fugace comme l'augmentation d'amplitude. Dans ces expériences, la respiration coslale parait plus favorablement influencée que l’abdominale.
L'aspidospermine ralentit les battements du cœur. Le sang