FLEURY
RE
Strophantus.
Les strophantus sont des plantes grimpantes qui croissent en Guinée, au Gabon, au Sénégal, dans l'Afrique équatoriale. Il en existe de nombreuses espèces dont on emploie les graines, les plus connues sont : les S. hispidus, kombé et glabre. Actuellement le S. glabre n'arrive plus dans le commerce.
Avant Fraser qui a introduit le strophantus en thérapeutique (1885), on ne connaissait que son action physiologique étudiée par Pelikan, Vulpian, Ch. Legros, P. Bert, Polaillon et Carville.
Catillon, le premier, a extrait du kombé la sfrophantine cristallisée, c’est un glucoside bien nettement déterminé. Le $. glabre contiendrait 4.8 à 5 0/0 de strophantine cristallisée, le Kombé seulement 0.45 à 0.9, mais ces strophantines,ne sont pas identiques. Du $S. hispidus, on n’a pas encore extrait de corps cristallisé.
Des observations recueillies par Bucquoy sur des cardiaques traités par le strophantus, il résulte :
4° Que l'énergie contractile du cœur est augmentée dans des proportions considérables, ce qui se traduit par le pouls strophantique ; le tracé de ce dernier montre une ligne ascensionnelle presque verticale, élevée, un crochet aigu, une ligne de descente rapide, d’où un rapprochement avec le pouls de Corrigan. Mais en même temps que la force du pouls est augmentée, ilest moins fréquent et plus régulier. G. Sée s'élève contre ces deux dernieres assertions, il dit que le strophantus ne sail ni ralentir, ni régulariser le pouls.
2 Qu'il est moins contre-indiqué que la digitale dans les lésions artérielles et rénales où il y a excès de tension, puisque Bucquoy n’admet pas que ce soit un vaso-constricteur,
30 Que par son action plus soutenue, et élant mieux toléré, le strophantus est préférable à la digitale dans l'asystolie.
4 Que son action diurétique est parallèle au degré d'amplitude du pouls.
Bucquoy n’est pas le seul à admettre que le strophantus soil un vérilable diurétique ; Fraser, Huchard, C. Paul, Dujardin- Beaumelz, opinent dans le même sens. G. Sée soutient de son côté qu'il n’est jamais diurétique et que si quelquefois il produit la diurèse c’est en déterminant une vérilable néphrite. Cette divergence dans les effets constatés lient peul-êlre à ce que les
nr —=
Siophantus ou les slrophantines employés dans les expériences n'étaient pas identiques. La même explicalion peu s'appliquer Sans doute au désaccord qui existe au sujet de l’action vasoconstriclive, niée par Fraser, puis par Bucquoy, admise par la plupart des autres.
Somme toute on s'accorde généralement pour reconnaitre au strophantus les indications suivantes :
1° Crises d’asystolie graves, pour maintenir la tonicité du cœur.
20 Rétrécissement milral accompagné ou non d'insuffisance.
3 Goilre exopthalmique, il ralentit les ballements du cœur.
Fraser dit qu'on n’a pas à craindre l'accumulation du médicament, Bucquoy l’a administré plusieurs mois sans observer d'intoiérance et sans que le cœur ait faibli; malheureusement des faits de Fürbringer et de Lépine montrent qu'il faut apporter la plus grande prudence dans l'emploi des préparations de Strophantus. Les assertions de G. Sée tendent à faire considérer la strophantine comme plus active et moins dangereuse que ces dernières (extrait ou teinture), il faut encore choisir la strophanüne qu'on emploiera
Mon Dp'EMPLoi. Doses. — On se sert de la teinture à 1/5 ou teinture française pour la distinguer des teintures anglaises qui sont à un autre titre. Huchard l’a prescrit d’abord à la dose de X gouttes el a pu continuer jusqu'à XVI par jour. Ne pas employer les autres teintures, on s'expose à des erreurs: ainsi Fraser, Martindale, Helbing ont donné des formules différentes.
Catillon indique les granules d'extrait hydro-alcoolique à 0 er. 001, de 1 à 4 par jour. Bucquoy s’est servi de ce mode d’administration.
La strophantine doit se donner avec une extrême précaution, la dose habituelle quotidienne est de un granule de 0.0001, ne pas dépasser 0.0005.
On a proposé aussi des injections hypodermiques faites avec 0.001 d'extrait pour une seringue.
Viburnum prunifolium.
On emploie les racines de cette plante des Etats-Unis, elles contiennent de la wiburnine, de l'acide valérianique et du tanin. Le viburnum prunifolium, inscrit à la Pharmacopée des Elats- Unis, est usité contre la dysménorrhée et pour prévenir l’avor-
be tement elles fausses couches ; on l’emploie aussi comme anlispasmodique, sédalif nervin el utérin, diurélique, astringent, tonique.
Précisons un peu: Jenks, du Michigan (1876), l’a administré dans un grand nombre de cas d'avortement simminents et dans les ménorrhagies de la ménopause et de la dysménorrhée.
A Liverpool, Wilson (1885) reprit les expériences de Jenks et obtint des succès analogues ; Mac Campbell s'en occupa en 1886. Huchard associe celte substance au piscidia erythrina dans la dysménorrhée et les névralgies.
Monclar (Th. de Paris, 1887) dit le V. prunifolium préférable à l’opium comme antiabortif, son action se localise sur l'appareil utérin, il n’est toxique qu'à des doses qu'il est inutile d’employer et n’est pas contre-indiqué comme l'est l'opium dans les affections rénales. Quand on craint un avortement aux périodes où les règles apparaitraient si la femme n’était pas enceinte, on fait prendre une cuillerée à thé d'extrait fluide chaque 3 heures; on commence celle médicalion # jours avant la période menstruelle, on la suspend seulement #4 jours après. Comme l'extrait fluide possède une odeur et une saveur désagréables, on peut le remplacer par des pilules d'extrait mou, on en donne 0.25 à 0.60 par jour. Si on se sert de la viburnine, la dose quotidienne est comprise entre 0.06 et 0.15.
Au total, le V. prunifolium parait utile pour combattre l'avortement habituel. Par son emploi les règles sont plus régulières, moins fréquentes et moins douloureuses.
Je propose de rendre officiel le de V. prunifolium, plante exotique, et non le V. opulus, plante indigène, car le premier est mieux étudié. Mais je n'oublie pas de dire que Hale et Purdy recommandent, contre les coliques ultérines el la dysménorrhée, la teinture alcoolique de l'écorce de V. opulus, supérieure à ce point de vue au V.prunifolium. Non seulement les coliques utérines du début de la menstrualion seraient heureusementinfluencées, mais aussi celles de la grossesse,
A côté des produits végétaux dont je viens de vous entretenir et dont l'inscription au Codex s'impose, à mon avis, il y en a, parmi la foule des autres, de bien intéressants. J'en dirai quelques mots pour êlre complet eLne serai pas élonné d'en trouver quelques-uns au supplément prochain. Tels sont :
<tiilst
SA SF
Alstonia constricta. — L'écorce, très amère, agit à la facon de la racine de gentiane ; elle est tonique et digestive au premier chef.
Anagyris fœtida. — Les feuilles de cet arbrisseau de la zône méditerranéenne peuvent êlre considérées, eu égard à la thérapeutique, comme les analogues de celles de séné.
Apiol. — Ce liquide oléagineux, vraisemblablement de nature complexe, non volatil, a été extrait par Joret et Homolle des semences de persil (Apium sativum), il en possède du reste l'odeur. I est d’une couleur jaune-ambrée, d'une saveur âcre et mordicante ; insoluble dans l’eau, il se dissout dans l'alcool, l’éther, le chloroforme.
Les auteurs sont d'accord pour reconnaitre à l’apiol d'incontestables propriétés emménagogues, on en prescrit en moyenne 0,5
par jour, la forme pharmaceutique usilée est celle des capsules
gélatineuses,
Apocynum cannabinum ou Chanvre du Canada. — Aux Etats- Unis on se sert de la racine qui est diurétique ; à haute dose, éméto-cathartique. Les deux glucosides: apocynineetapocynéine qu’elle renferme, rentrent dans le groupe de la digitaline et agissent comme elle.
Aristolochia cymbifera. — Les D'° Quinquaud et Butte emploient des décoctions de feuilles et racines de cette plante pour calmer les douleurs des maladies cutanées, les nerfs sensitifs sont seuls influencés, le pouvoir excito-moteur reste le même.
Cactus grandiflorus. — Les préparations de cette plante agissent comme celles de digitale sans qu’il y ait danger d’accumulation ou de troubles gastro-intestinaux. Elles peuvent être fort utiles quand les autres cardiaques ont échoué.
Chionanthus virginiana. — Aux Etats-Unis, l’écorce de la racine est usitée comme cholalogue. Henning l’a prescrit dès que la peau prend une teinte subictérique et la regarde comme un des meilleurs remèdes à ordonner en cas de jaunisse.
Colutea arborescens. — Les feuilles de cet arbuste cullivé dans les jardins et connu sous le nom de Baguenaudier possèdent les propriétés purgatives du séné.
Coronilla varia. — La teinture préparée avec la plante entière serait d’après le D' Poulet un excellent médicament cardiaque à utiliser surtout chez les malades fatigués et saturés par la digitale.
Damiana (Turnera aphrodisiaca). — Principalement employé en Amérique comme aphrodisiaque. Etant un tonique général,
ed il remplace avec avantages les cantharides, l’effel serait même plus marqué que celui obtenu à l’aide du phosphore ou de la strychnine. On peut se servir d’une décoction de feuilles à 3 0/0 ou plus simplement de la teinture à 1/5, on en donne de 3 à 10 grammes.
Eschscholtzia californica. — D'après Ter-Zakariant (thèse de Paris, 1888), ce serait un soporifique précieux indiqué .de préférence dans la médecine infantile ; il est mieux toléré que l’opium, mais comme lui il contient de la morphine (0.3 à 0.4 par 1 kilogr. de plante sèche, Adrian et Bardet). Généralement on s'adresse à l'extrait aqueux, on en prescrit de 2.5 à 10 grammes.
Euphorbia pilulifera. — Cette plante australienne qu'on emploie contre la plupart des affections des bronches en Angleterre, commence à être connue en France ; elle se donne à faible dose dans les dyspnées dues à l'asthme, à l'emphysème, au calarrhe chronique.
Gossypium herbaceum — Cette plante figure déja au Codex à propos du coton qu'elle fournit. Sa racine n'y est pas mentionnée, elle possède des propriétés intéressantes, c’est le succédané le plus important de l’ergot de seigle. Les contractions utérines qui suivent son emploi n’ont pas la forme tétanisante de celles produites par l’ergot, elles sont intermiltentes et se rapprochent par leurs formes des contractions spontanées de l’accouchement.
Des recherches de Prochownick (de Hambourg) il résulte que cette drogue exerce toujours une action moins promple que l’ergot; qu’elle est surtout utile dans les cas d'hémorrhagie par fibromes, quand on l’adminisire dans l'intervalle des pertes sanguines ; enfin qu’elle a sur l'ergot cet avantage de pouvoir être administrée sans inconvénient pendant le travail.
On donne une infusion de 10 grammes de racine, on répète cette dose une heure après. La racine fraiche est préférable ; si on s'adresse, ce qui est la règle, à la racine sèche, il faut la faire macérer dans l’eau froide avant l’infusion.
Piper methysticum.— Les racines de cette plante (Aawa) son employées par les océaniens pour combattre la blennorrhagie, l'avantage sur les autres médicaments qui ont le même usage est que l'appélil est stimulé el la préparation prise sans dégoût. Dans notre pays on peut se servir de l’extrait mou ou de l'extrail fluide.
La résine relirée des racines de kawa est anesthésique au
bd ont d Lors
huit li ii
même titre que la cocaïne, cela explique sans doute l’action sédative du kawa dans la blennorrhagie aiguë et la cystite du col vésical.
Rhus aromatica. — Cette drogue a été recommandée comme un spécifique de l’incontinence nocturne d'urine des enfants, mais alors que les observations relatives au Rhus radicans, em ployé pour la même affection, sont peu nombreuses et dues à Saint-Philippe (de Bordeaux) et à Augis (de Tours), elles sont ici multiples.
C’est d'abord le Dr Mac Clanaham (de Boonville), puis les D's Cooper (de Bellefontaine), Max, Burvenich (de Gand), Numa, etc. D’après ce dernier, le médicamentagit en excilant les fibres lisses du sphineter vésical. On s’est bien trouvé aussi de son usage dans les ménorrhagies, les hémorrhagies, la diarrhée et les sueurs des phtisiques.
Thuya occidentalis. — Brecker en recommandait la teinture au 1/3 en applications sur les excroissances vénériennes ; en quelques jours, elles pàlissent, diminuent et se flétrissent.
E. Besnard, Dujardin-Beaumetz, Raliquet, Boulermié, sont revenus sur ce sujet et d’après ces auteurs la teinture de feuilles de Thuya réussit fort bien contre les verrues à la dose de XX gouttes par jour, les végétations du larynx, des organes génitaux externes, elc.
Ulex europæus.—Les médecins anglais emploient cette plante comme un diurétique énergique. En 1888, Pinet a fait remarquer que l’alcaloïde ou ulexine combat l’action de la strychnine.
| a" L { we