‹ Coelents, inodermes, protozoairesChapitre 69 sur 78 · LATE · texte numérisé non relu

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Fig. 185. — Actinophrys tenuipes.

AMIBIENS.

Les Amibes sont les formes les plus simples du groupe des Lobulaires. Leur corps n’est qu'une substance gélatineuse, sans organisation apparente.

« Imaginez-vous une gouttelette de matière, demisolide, demi-transparente, homogène, douée de mouvement volontaire : elle s’agite dans divers sens, se dilate ouseresserre,adopteles figures les plus irrégulières et les plus inattendues. Quand on place l’animalcule sur le porte-objet d’un microscope, il glisse comme une gouttelelte d'huile, se déforme et se reforme. Véritable protée, il est, suivant les moments, circulaire, oblong,

échancré, sinueux, lobé, étoilé et même tout à fat

rameux. » (Moquin-Tandon.) On trouve les Amibes non seulement dans les eaux douces et salées, mais encore dans la terre et le sable ;

dans ce dernier cas leur couche extérieure hyaline présente une plus grande consistance. Dans les eaux stagnantesles Amibes absorbentlescorpusculesavoisinants, se colorent ainsi et se dis!endent jusqu’à présenter une largeur de O0 mm 5.

L'espèce la plus connue est l’Amibe diffluente (Amæba

Fig. 186. — Amcæba diffluens.

diffluens Clap.) dont le corps nu est remarquable par l'instabilité de ses formes qui se modifient continuellement (fig. 186).

Troisième classe. — GRÉGARINES et SCHIZOMYCÈTES.

Si les Amibes étonnent le naturaliste par la simplicité de leur organisme, les Grégarines et les Schizomycètes le conduisent aux derniers degrés de l’échelle animale ; aussi réunissons-nous ces deux types parce qu'ils établissent une transition entre le règne animal et le règne végétal et qu'ils sont des êfres intermédiaires, comme les a nommés M. le professeur Perrier.

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SCHIZOMYCÈTES OU BACTÉRIES 359

GRÉGARINES.

Les Grégarines sont des organismes cellulaires qui vivent en parasites dans le tube digestif et les organes internes d'animaux inférieurs. On les trouve généralement par petits amas {de là leur nom de Grégarines) dans lesintestins d’Insectes, de Crustacéset dans certains Vers. « Le corps des Grégarines, que l’on a longtemps pris pour des vers intestinaux en voie de développement, est en général vermiforme, mais d'une organisation très simple : une membrane délicate, qui ne présente d'ouverture d'aucune sorte, entoure une masse granuleuse, visqueuse et faiblement contractile, dans laquelle est enfoncé un corpstransparent, rond ou ovale,le noyau. » (Claus.)

L'espèce la plus connue, la Grégarine du Spio (Gregarina Spionis Kollik), vit dans l'intestin d’un Annélide tubicole, le Spio calcarea, quise creuse un logement en double tube dans les calcaires des côtes de la Manche.

SCHIZOMYCÈTES ou BACTÉRIES.

Ce sont les plus petits de tous les êtres vivants et ils ont également la faculté de se multiplier pour ainsi dire à l'infini. Les Bactéries apparaissent soit comme des cellules rondes ou cylindriques, soit en forme de bâtonnet, de tire-bouchon, ou plus rarement de fuseau. Elles sonttoujours très petites : leur diamètre atteint le plus souvent un millième de millimètre. On a donné à ces corpuscules le nom de cellules, parce qu'ils s’accroissent etsepartagentcommeles cellules végétales aveclesquelles

leur structure paraît avoir une certaine analogie. La plupart des Bactéries, non seulement quand on les voit aumicroscope, mais aussi quand elles forment des masses plus visibles, ont un aspect blanc sale ou blanc pur.

Les Bactéries sont en grandepartie composées de protoplasma ; ce protoplasma est entouré d’une enveloppe ou membrane cellulaire gélatineuse. Beaucoup de Bactéries sont mobiles quand elles se trouvent dans un liquide ; elles ont quelquefois un mouvement d’oscillation qui les porte, souvent avec vivacité, tantôt en avant, tantôt en arrière.

Lorsque les Bactéries ont atteint dans leur accroissement une certaine grandeur, elles se multiplient par des bipartitions successives. Elles cessent ensuite de s’accroître et de se diviser, et c’est alors que commence la formation des organes de reproduction ou spores. « Autant qu'on a pu suivre ce phénomène, il commence par l'apparition dans le protoplasma d’une cellule jusque-là purement végétative, d’un noyau relativement très petit ressemblant d’abord à un point. Ce noyau grossit et se montre bientôt sous la forme d’un corpuscule rond ou allongé qui atteint très vite, souvent dans l’espace de quelques heures, sa grosseur définitive et qui forme dès lors une spore. » (De Bar.)

Les Bactéries de forme ronde portent aujourd’hui les noms de Microcoques où Macrocoques suivant leur grosseur, de Diplocoques quand on les trouve encore réunies, au moment où elles sont en train de se diviser. Les anciens auteurs les rangeaient parmi les Monades.

Les Bactéries droites ont reçu le nom de Bätonnets ou

de Bacilles ; les formes en tire-bouchon portent le nom

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SCHIZOMYCÈTES OU BACTÉRIES 301

de Spirillum et de Spirochæte. Les formes intermédiaires, contournées dans une partie seulement de leur spire, ont été décrites par Cohn sous le nom de Vrbrions.

A côté des {ypes précédents on rencontre aussi toute une série de groupements ou d’agrégats ; les masses un peu volumineuses et compactes sont désignées aujourd’hui sous le nom de z20oglées,

Recherche des Bactèries. — Les Bactériesse rencontrent partout, dans l'air aussi bien que dans l’eau ; mais elles ne se développent en masses que lorsque la matière organisée se décompose et lorsqu'elle devient le siège d’une fermentation. Ellesexercent sur l'Homme et lesanimaux une action des plus fatales: ainsi l'Homme, qui soumet tous les animaux à sa domination, est terrassé à son tour par les animalcules les plus infimes qui pénètrent dans ses organes et y causent des maladies qui amènent souvent sa mort!

M. Miquel, qui a fait des observations régulières sur l’air recueilli au sud de Paris, dans l'intérieur du Pare Montsouris, a constaté que l’air relativement pur de cette partie de la banlieue, tient en suspension de 150 à 1000 germes vivants par mètre cube. Dans unesalle d’hôpital, au centre de la capitale, chaque mètre cube d’air en renferme 5,000 et jusqu'à 30,000 suivant la saison. Les fermentations proprement dites sont aussi dues à des Bactéries ; toutes les substances qui font partie de notre alimentation ne peuvent se conserver que peu de jours ; elles fermentent, se gâtent, mais ces décompositions ne se produisent pas sans que lamatièresoitremplie d'un nombre incommensurable de Microbes. Comment ces légions d’animalcules ont-elles pénétré dans un li-

quide dépourvu de tout germe étranger, tel que du lait ou du bouillon? On avait d’abord admis que ces corpuscules naissaient dela décomposition : c'étaitla théorie de la génération spontanée. Un des plus grands mérites de M. Pasteur est d’avoir réfuté un à un tous les arguments de cette théorieet d’avoir prouvé que les fermentations sont produites par les Microbes et que ceux-ci dérivent tous, par une propagation extraordinairement rapide, de quelques germes apportés par l’air ou restés adhérents aux vases dans lesquels on a placéles liquides fermentescibles.

Mais, pour étudier ces corpuscules, il fallait trouver

un procédé pour lesrecueillir. Laméthode de M. Pasteur pour reconnaitre la présence des germes dans l’air consiste à faire arriver l’air à l’aide d’un aspirateur et à le

faire passer dans un tube fermé par un épais bouchon de

fulmicoton ; le fulmicoton laisse un libre passage à l’air qui se débarrasse en même tempsdes parties solides et, en particulier, des germes qu'il tient en suspension.

Le procédé de M. Koch consiste à faire passer l’air à l'aide d’un aspirateur dans des tubes de verre qu’on a enduits à l’intérieur d’une mince couche de gélatine; les germes contenus dans l’air viennent en grande partie tomber sur la gélatine et s’y fixer pour se développer ensuite ; on obtient ainsi une culture. C'est au moyen des cultures que l’on peut acquérir la certitude qu’une Bactérie est dangereuse ou inoffensive pour l’organisme de l'Homme et des animaux.

Pour s'assurer qu’une Bactérie donnée est l’agent principal d'une maladie, il.faut arriver à des résultats précis par des expériences bien faites ; pour cela il faut

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séparer tout d'abord l’organisme pathogèneet l’obtenir avec la plus grande pureté ; puis onl’inoculera à cet état à un animal, auquel il devra communiquer la maladie que l’on étudie ; le tout devra être suivi du contrôle le plus rigoureux et de la critique sérieuse des résultats obtenus.

Pour les cultures on emploie ordina'rement des produits formés par les animaux ou les plantes, comme de l'extrait de viande, desbouillons, des décoctions de fruits. Mais avant d’y introduire la Bactérie à étudier, il faut maintenir le liquide de culture à Pabri de tout germe ou faire périr tous ceux qui ont pu s'y introduire; on dit alors que le liquide est séérilisé.

Le procédé le plus pratique pour obtenir la stérilisation consiste dans l'emploi d’unetempérature extrêmement élevée qui peut atteindre 150° quand il s'agit de la destruction des spores. Les bouillons stériliséssont ensuite ensemencés avec des parcelles homæopathiques de substances contenant les microbes à étudier et l’on obtient des cultures qui renferment l'espèce intéressante à l'exclusion de toute autre.

Pour détruire les Bactéries nos vêtements ne pour raient supporter une chaleur aussi élevée que celle employée pour la stérilisation des liquides, mais M. Koch a découvert que les germes ne résistent pas à l'action d’un courant continu de vapeur d'eau à la température de 100 degrés.

On peut obtenir également la destruction des germes par l'emploi des désinfectants et principalement par l’usage des antiseptiques. Lestravaux de M. Koch ont montré que, parmi les désinfectants etles antiseptiques connus,

le bichlorure de mercure, le chlore et le brorae sont les seules substances qui détruisent complètement les germes.

Mais si la plupart des maladies contagieuses sont causées par des Microbes, ces maladies ne récidivent dans le même organisme qu'à de longs intervalles. « Les personnes et les animaux qui en ont éprouvé une forme bénigne sont protégés contre de plus graves atteintes. C'est là le principe de la vaccine qui n’est, en somme, probablement qu’une variole sans gravité. Par une admirable généralisation, qui est l’une des plus grandes découvertes de lamédecine moderne, M. Pasteur a prouvé que les propriétés virulentes d’un certain nombre de Microbes, ordinairement mortels, pouvaient être atténuées artificiellement au point que ces Microbes deviennent

de véritables vaccins propres à préserver des suites de

l'invasion de leurs analogues non modifiés. » (Perrier)

Classification des Bactéries. — On admet dans les Bactéries deux divisions : on nomme Suprophytes les espèces quise nourrissent aux dépens des substances mortes et Parasites celles qui habitent dans l'intérieur des êtres vivants ou à leur surface et qui, dans tous les cas, vivent à leurs dépens.

Le cadre de cetouvrage nenous permetpas d'indiquer toutes les Bactéries qui ont été observées en France ; nous citons les plus connues en renvoyant le lecteur aux ouvrages spéciaux de Médecine et de Bactériologie.

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Crenothrix Kühniana (Zopf.).— Cetteespècese présente sous forme de filaments dont l’unedes extrémitésse fixe

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aux corps étrangers ; elle est répandue dans les eaux de

toute provenance et même dans les eaux d'infiltration jusqu’à une profondeur de vingt mètres. Dans les réservoirs ses filaments s'étendent en couches qui peuvent avoir plusieurs pieds d'épaisseur ; l'eau est ainsi rendue impropre à l'usage domestique; 1l n’est guère possible de la boire, bien que la Crenothriz ne semble pas avoir d'effet directement nuisible à la santé de l'Homme.

Cladothrix dichotoma (Cohn).—On la rencontre dansles eaux d’égout, les détritus d'usines et dansles ruisseaux, sur les bords desquels elle forme de longues trainées fleconneuses d’un gris blanchâtre.

Beggqiatoa alba (Cohn), espèce très répandue dans les eaux stagnantes, les eaux d’égout et les sources thermales. Les diverses espèces de Begqiatoa vivent sur les débris d'organismes et principalement sur les plantes en décomposition et préfèrent, pour ce motif, le fond des eaux où les détritus abondent.

Leuconostoc mesenteroïides (Van Tiégh.).— Cette Bactérie, connue sous le nom de gomme de sucrerie, produit une fermentation dansles sucres; elleest capable de transformer, dans un temps très court, des cuves entières de jus de betteraves en une masse gélatineuse compacte, dont laformation est une cause de pertes considérables dans les sucreries.

Micrococcus prodigiosus (Cohn). — Ce Micrococcus produit le singulier phénomène des faches de sang que l’on observe sur les substances riches en amidon, comme les pommes de terre, le pain, le riz, les hosties. On voit apparaitre subitement des taches humides d’un rouge de sang qui ont donné lieu à des superstitions de toutes

sortes. Cette Bactérie peut être desséchée et rester néanmoins vivante pendant des mois entiers.

Micrococcus aceh (Cohn).—On sait que dans tout liquide nutritifacide contenant une certaine proportion d’alcool et exposé à l’air à une température un peu élevée il se forme du vinaigre ; le liquide se trouble en même temps et sa surface se couvre d’un voilemince, incolore, augmentant peu à peu d'épaisseur; ce voile est formé d'un organisme auquel on a donné les noms de ère de vinaigre, de fleurs de vinaigre et qui est Le Micrococeus acetr. Il y a trente ans que M. Pasteur a démontré que cette Bactérie, qu'il nommait Wycoderma aceti, vit aux dépens des composés organiques et minéraux contenus dans le liquide et que l’alcool est transformé en acide acétique après absorption de l'oxygène de l’air.

Micrococcus ureæ (Cohn). — Le Micrococeus de l’urée est l'agent principal de la décomposition de l'urine de l'Homme et des Carnivores exposée à l’air.

Micrococcus lacticus (Van Tiégh.)—Parmiles nombreuses Bactéries qui se trouvent dans le lait c’est le Wicrococcus lacticus qui se développe le premier à une basse température. « Dans les étables les vases employés pour recueillir le lait sont à tel point infestés des germes du M. lachicus que ce dernier existe toujours dans un milieu propre à son développement; c’est là qu'il faut chercher la cause de l’altération du lait, due à une fermentation lactique agissant sur le sucre contenu dans le lait. » (De Bary.)

La cuisson le tue en épargnant les spores du Bacille

de lacide butyrique,le PBacillusamylobacter, quise trouve

également dansle lait. C’est alors que ce dernier y pro-

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duit une fermentation qui donne au lait un goût d’amertune.

Bacillus amylobacter (Van Tiégh.).— Ce Bacille qui contribue, comme nous l'avons déjà dit, à la décomposition du lait, se présente en forme de bâtonnets étroits, cylindriques, réunis le plus souvent en filaments courts et ordinairement très mobiles. Il joue un rôle important dans l’économie domestique en produisant, en grande partie, la fermentation du fromage et en achevant sa préparation nécessaire avant qu'il ne soit prêt pour l’usage de la table.

Bacterium termo ‘Cohn). — Ce Bacille est le ferment ordinaire des matières albuminoïdes. M. Cohn affirme qu'il est le premier agent de la putréfaction et qu'aucune putréfaction ne commence sans le concours du Pacterium termo et nese continuesans amenerla multiplication de cet organisme.

Sarcina ventriculi (Goodsir). — Cette espèce est composée de cellules arrondies, réunies en masses ayant à peu près la forme d’un cube; ces cellules sont rangées en assises régulières et agglutinées par une membrane gélatmeuse. On trouve cette espèce dans l'estomac des Ruminants, où son développement ne parait pas donner naissance à une maladie quelconque.

Leptothriz buccalis (Robin). — « En prenant un peu de salive sur une dent on voit que la matière légèrement visqueuse qu'elle contient est en grande partie formée par un organisme particulier désigné par Robin sous le nom de Leplothrix buccalis. Ce sont des filaments longs,

| " eue ARE 368 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE volumineux, roides,réunisen faisceaux épais.» (De Bary.} — En ajoutant un peu de liquide pour délayer la salive visqueuse que l’on observe on y découvre une autre Bactérie : le Spirochæte buccalis ou dentium, formé de filaments très ténus, contournés en spirale ét quelquefois animés d'un léger mouvement de rotation. M. Miller attribue la carie des dents à la présence de ces organismes qui pénétreraient dans la pulpe sur un point où Fémail aurait été enlevé.

Bacillus anthracis (Cohn). — Ce Bacille occasionne la maladie connue sous les noms de Charbon, Anthrax;ou Sang de rate, qui attaque de préférence les Mammifères et principalement les Herbivores, les Ruminants et les Rongeurs. Il est composé de cellules cylindriques qui, dans le sang des animarwx, forment des bâtonnets droits et assez courts.

« Si l’on examine le sang d'un animal charbonneux aussitôt ou peu de temps après sa mort, on le trouve rempli de bâtonnets du Bacillus anthracis. Chez les gros animaux, tels que les Bœufs, leur nombre paraît être assez variable suivant les cas. On en trouve toujours dans les capillaires des organes internes, en particulier dans la rate. Chez les Cobayes toute la masse sanguine est bourrée de bâtonnets; les petits vaisseaux et | les capillaires du foie, de la rate surtout, en renferment k en abondance. Tels sont les faits que l’on observe quand | on examine un animal charbonneux peu detemps après . la mort. Plus tard, lorsque la rigidité cadavérique a disparu, il en est autrement : on peut prendre du sang dans les gros vaisseaux, dans le cœur même, en quantité considérable, sans y trouver un seul bâtonnet; on

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en trouve cependant dans les caillots où ils sont parfois aggiutinés en masse. » (De Bary.)

C’est un fait acquis aujourd'hui que le Charbon, par inoculation ou par blessure, peut être occasionné en introduisant dans l'organisme des spores oudes bâtonnets vivants du Bacillus anthracis qui s’y multiplient et pénètrent dans le sang. A mesure que leur nombre augmente la maladie fait des progrès rapides et se termine ordinairement par la mort.

Une grave objection a été faite à la théorie de M. Pas-

teur sur la dissémination de la Bactérie charbonneuse ;

on sait que certainés contrées sont décimées par la maladie du sang de rate. M. Pasteur, après un examen minutieux des contrées infectées, avait remarqué que les Moutons paissant à certaines places étaient pris en grande proportion et que c’étaient des places où des animaux charbonneux avaient été enfouis. L'examen microscopique de l'herbe et du sol y a fait découvrir de nombreuses Bactéries et des germes mangés par les Moutons. Or on sait que s1 leur ingestion est le plus souvent innocente, 1l n'en est plus de même lorsqu'à l'herbe contaminée on ajoute des pointes de chardons qui produisent de petites blessures de lamuqueuse buccale à travers lesquelles l’ennemi pénètre dans la place. C'est ce qui arrive aux Moutons qui vont toujours flairant le sol et mâchant avec l’herbe des corps plus durs. M. Colin, d’Alfort, n'avait trouvé dans le sol ni Bactéries ni germes: comment y en aurait-il, puisque la putréfaction fait périr la Bactérie, et comment cette Bactérie pourrait-elle arriver à la surface du sol, puisqu'il lui faudrait traverser une couche de deux mètres d'é-

paisseur, profondeur à laquelle sont enfouis les cadavres d'animaux charbonneux? M. Pasteur a prouvé que si Les germes ne sont pas faciles à trouver dans le sol, la putréfaction qui tueles Bactéries n’a aucune action sur les germes. Après l’enfouissement d’unanimal charbonneux les Bactéries arrivent à la surface du sol par un service de facteurs bien organisé ; elles se résolvent en germes indestructibles qui sont absorbés parles vers de terre qui les apportent à la surface et les y déposent dans leurs excréments ; la pluie, le vent, la culture les disséminent et les Moutons les mangent. L'examen des vers de terre et de leurs excréments a fait toujours trouver de nombreux germes cultivables. Cette découverte de M.Pasteur a recu une éclatante consécration par les recherches faites ultérieurement par la Société générale de Médecine vétérinaire de Paris. On peut en conclure que l’enfouissement des bêtes charbonneuses est une mesure insuffisante ; sil préserve l'Homme de la contagion, il est au contraire une cause de propagation de la maladie aux animaux; la crémation est donc le seul moyen de destruction de ces Bactéries et de leurs germes.

Microbe du Choléra des Poules. — La maladie connue tous ce nom attaque de préférencela volaille des bassescours ; les symptômes caractéristiques sont un état d'ahurissement profond et de sommeil prolongé ; l'animal repose à terre les yeux fermés, les plumes hérissées, immobile et insensible ; cet état se complique souvent d’inflammations et d’ulcérations profondes de l’intestin. Le Microcoque de cette maladie se reconnaît à l’autopsie des animaux par ia présence d'une grande

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quantité de petites cellules rondes dans le sang, dans les abcès, dans la muqueuse intestinale.

Microbe de la fièvre récurrente ou typhus. — L'agent de cette maladie, qui est contagieuse et secommunique par le contact d'objets ayant servi au malade, est un Bacille en spirale : le Spirochæte Obermeieri. Pendant la durée de la fièvre le sang du malade, qui est alors d'un rouge noirâtre, contient un grand nombre de ces Bacilles qui disparaissent en même temps que la fièvre.

Microbe de la tuberculose. — C'est à M. Koch que l'on doitla découverte du Bacille de la tuberculose, maladie ainsi nommée parce qu'elle est caractérisée par la formation de tubercules dans le tissu de l'organe où se développe le Bacille. La tuberculose la plus connue est celle qui a son siège dans Le poumon et que l’on nomme phtsie ; les tubercules qui se forment, surtout au commencement de ia maladie, contiennent un Bacille en forme de bâtonnet étroit, souvent un peu arqué ou tordu. |

Microbe de l'érysipèle. — Cest un Micrococcus qui penètre dans les vaisseaux lymphatiques dela peauet produit cette maladie bien connue.

Microbe du Rouget des porcs. — M. Pasteur a reconnu que le Rouget est produit par un Microbe spécial très ténu, en forme de 8 et se rapprochant de celui des Poules.

On n'a pas de données très exactes sur les Bactéries

qui paraissent être la cause de la fièvre typhoïde, de la

diphtérie et du choléra chez l'Homme. M. Koch, qui a

étudié un Bacille qu'il à trouvé dans l'intestin des cholériques, lui attribue la cause de cette maladie; cet or-

ganisme est devenu populaire sous le nom de Bacillevirgule. Toutefois il est nécessaire que des recherches nouvelles viennent contrôler les observations faites Jusqu’à ce jour relativement à certains Bacilles.

Enfin les Bactéries peuvent provoquer des maladies même chez les Insectes : la maladie des vers àisoie connue sous le nom de Flacherie est due, d’après M. Pasteur, à l’action simultanée d’un Bacille et d’un Microcoque (Wicrococcus Bombycis Cohn) qui est avalé par les vers avec les aliments. « Les vers deviennent paresseux, lourds, perdent l’appétit, sont mous et meurent assez rapidement. Leurs cadavres, sans consistance, sont colorés en brun sombre ou en brun saleet tombent vite en pourriture, en prenant l'aspect d'une masse puante et informe, sous l’action des Bactéries de la putréfaction qui les envahissent aussitôt! » (Le Bary.)

Nous terminons le chapitre des Protozoaires en citant pour mémoire les Myxomycètes que Claus etquelques zoologistes ont admis parmi les Protozoaires, mais qui sont reyvendiqués généralement par les Botanistes. Ge sont en réalité des Champignons muqueux, dont l’espèce la plus connue est la Tunnée fleurie ou fleur de tan (Fuligo septica), qui forme à la surface du tan des masses gélatineuses semblables à du jaune d’œuf vivement coloré. Avec les Myxomycètes nous passons insensiblement durègne animal au règne végétal.

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