‹ Cœurs et homme de cœurChapitre 29 sur 53 · COLLÈGE DE LÉVIS · texte numérisé non relu

COLLÈGE DE LÉVIS

Quand l'homme se fait vieux, il regarde en arrière La trace qui survit de ses ans disparus ; La prunelle alanguie, aux sentiers parcourus, Souvent reconnaîtra sa puissante carrière.

C'est pourquoi le vieillard aime, par les beaux soirs, Ayant autour de lui sa famille assemblée, A raconter aux siens sa jeunesse envolée, Et ses luttes d'autan, et ses nombreux espoirs.

CCEURS ET HOMME DE CCEUR.

Aux récits de l'aïeul les petits-fils frissonnent : Si belle fut sa vie et son passé si beau ! Les spectres de ces hiers, sortant de leur tombeau, Apparaissent alors si fameux qu'ils étonnent.

Aimant ces souvenirs, pensive dans la nuit, La génération des jeunes qui se lève, Se sent prise d'ardeur et dit : " L,a vie est brève, Du grand-père imitons l'exemple qui séduit ! "

Ce bon vieillard, c'est toi, cher collège que j'aime. Au lieu de te briser, les ans t'ont rajeuni ! Et sous ton fier drapeau que le ciel a béni, Des peuples à genoux, près de ton diadème,

Regardent le passé, le passé magistral, Celui qui fut le tien, celui de la victoire, Car, superbe est ta vie et grande ton histoire, C'est l'histoire du bien qui terrasse le mal !

ANTONIO PELLETIER

Aujourd'hui, tes enfants ressentent Sans leur âme Une joie indicible en te voyant si fort. Ils savent quel combat, ils savent quel effort Il t'a fallu donner : aussi, chacun t'acclame.

Honneur à toi ! Salut ! Espoir de l'avenir ! Tes demains vont briller, lutteur sans défaillance, Ainsi que dans l'azur du firmament immense Brille le soleil d'or que rien ne peut ternir !

Collège de Lévis, douce réminiscence !

Je te vois de ton roc implorer le ciel bleu, Toi qui mis dans mon âme en des lettres de feu Le nom de l'Eternel, celui de l'Espérance.

L'aigle dans son envol plane loin de nos pas, Son regard enflammé veille sur ceux qu'il aime ; Ainsi tu planes, toi, dans l'idéal suprême, Suivant de l'œil tes fils qui ne t'oublîront pas !

CCËURS ET HOMME DE CCËUR.

Car l'oubli d'un bienfait dans un cœur est indigne,

Et la reconnaissance a toujours sa valeur ;

C'est pourquoi, cher ami, je te laisse la fleur

De mon ressouvenir, doux comme un chant de cygne.

Je ne suis pas de ceux qui crîront dans la nuit : "Arrière, Prêtre, toi qui guidas ma jeunesse, Garde donc tes leçons et ta folle tendresse." Non ! je suis ton enfant, ton amour me poursuit !

Avril 1901.

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Élit

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