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ANTONIO PELLETIER
Sa propre pesanteur le poussent dans le ventricule droit : il fait alors la circulation pulmonaire et retombe dans l'oreillette gauche ; ensuite, dans le ventricule gauche. Ce phénomène de pression se continue et, pour cette raison, la marche du sang continue.
Le ventricule se contracte ainsi parce que, dilaté par la suraboncance du sang venu de l'oreillette, et ue plus, étant musculeux, il est ramené vers son axe.
Objection.
Vous me direz :
Quand le ventricule presse le sang, comment expliquez-vous qu'une partie de ce liquide ne remonte pas dans l'oreillette, puisqu'il y a ouverture ?
I1 ne 12monte pas parce que l'ouverture est bouchée par la valvule auriculo-ventriculaire. Vous irez plus loin :
Si le sang force beaucoup cette valvule, il l'enfoncera dans l'oreillette et regurgitera ?
Non : la valvule, retenue par les fibres musculaires qui ont racine dans le ventricule, bouche
davantage l'ouverture plus la pression s’accentue.
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CŒURS ET HOMME DE CŒUR
Cette réponse peut être bonne si vous demandez Pour quelle raison le sang ne revient pas dans les ventricules après avoir été lancé dans les artères pour les circulations.
‘n effet, il y a des valvules qui s'ouvrent pour laisser entrer le sang dans les artères et se ferment pour l’en empêcher de sortir.
Ceci est ‘‘très essentiel’, puisque si le sang retournait en partie sur ses pas le travail des ventricules serait diminué, et le coeur, avec la. même force, produirait moins et deviendrait une machine inférieure, un organe malade.
Le sang, dans l'organisme, suit une marche à peu d chose près régulière. Cela dépend de ce que les artères, tubes élastiques et contractiles, se dilatent et se contractent en faisant progresser le liquide de l'économie, qui s'avance par ondes paisiblement décroissantes. Ainsi, jetons une pierre dans l'eau, une grosse onde s'élève, suivie d'une foule d'autres qui s'éloignent du centre en diminuant peu à peu.
À la suite des artères, les Capillaires à parois perméables. Dans, et à travers ces tubes, trois cents fois plus petits qu’un cheveu, passent des
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ANTONIO PELLETIER
liquides, de l'oxygène, de l'acide carbonique et certaines matières nutritives distribuables à l'organisme.
Je termine, mesdames et messieurs, en vous païlant avec brièveté du pouls, des chocs et des mouvements du coeur.
Le coeur bat à l'état normal de soixante-dix à quatre-vingts fois par minute. Chez les vieillards et dans certaines maladies, il est plus lent ; dans d’autres états morbides, il marque même cent cinquante pulsations.
Vous percevez ces pulsations aux endroits du Corps humain où il est facile d'appuyer une artère sur une surface osseuse : à l'artère radiale, à la temporale.
Si vous placez votre oreille sur une poitrine, ou encore bien, si vous vous servez d’un petit instrument pour ausculter et qu'on nomme stéthoscope, vous entendrez des bruits—au moins deux, normalement—l'un accompagne la contraction ou systol du coeur, l’autre la fermeture des valvules artérielles,
Touchez la pointe du cœur avec votre main, à la
région du mamelon gauche, vous ressentirez un
choc : le coeur presse la paroi thoracique. Ordinairement, ce choc n'est pas très dur, Certaines circonstances l'aggravent d’une ostensible façon. Ainsi la crainte, la course, le désir, l'anxiété, le doute, donnent d'étranges battements au coeur. Dans ce cas, les sentiments ont donc une réelle influence,
Et quelle mère n’a pas senti les chocs de son coeur l’étouffer en entendant, dans le silence des soirs ou dans l'éveil des matins, le doux gazouilli de son cher mignon ?
Et qui d’entre vous n’a pas éprouvé ces grands ébranlements du coeur auprès d’un être que vous Chérissiez de toute votre âme ?
Mesdames et messieurs, je m'excuse sincèrement de vous avoir retenus plus qu'il ne fallait, peut-être. Je vous remercie de la preuve d’en- Couragement que vous avez donnée aux jeunes en venant m'écouter.
Le vieillard, s'il regarde en arrière, voit un point noir : c’est le passé lointain qui ne revient plus—passé de joies ou passé de peines : s'il regarde devant lui, il aperçoit l'avenir trop
proche qui le tuera bientôt.
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