Coiffures de style
Les esprits superficiels , qui , ddws ce/te médiocratie flottante et imprécise que Von nomme V opinion, forment une incontestable majorité , s'imaginent aisément que Vécrivain qui s’intéresse à l’étude rétrospective de nos modes fugitives doit apporter en soi un grand sens de frivolité et une impondérable légèreté.
Il n’existe peut-être pas de plus téméraire jugement dans
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nos immenses magasins à préjugés. — La mode est capricieuse et changeante , chacun se plaît à le reconnaître ; on la taxe de folle , d'exagératrice , d'illogique , à contresens , czzr eZZe o&ez'Z a Za grande loi d'évolution qui régit notre humanité , ef sæ sezz/e raz- 60/z d’être est son inconstance.
Elle apparaît , disparaît , revient, se renouvelle de mille manières, apportant dans notre ennui de vivre , <izzzzs zzos mornes habitudes , ces sensations heureuses d’imprévu qui brisent V uniformité de nos visions si vite fatiguées; c’est le lutin de nos sens quelle sait éveiller par ses menus inédits , et si son sceptre est une girouette , c’esf quelle
subit l’influence variable et la poussée des sept points cardinaux de nos péchés diaboliques.
C’est la Reine du monde , toujours jeune , puisqu’elle échappe au temps par la subtilité de ses métamorphoses, et l’étude de ses inventions, de ses renouveaux, est aussi sérieuse et nécessaire que celle de nos gloires et peutêtre bien moins vaine, car la mode est la grande modificatrice de nos apparences sociales. Elle actionne de diverse manière nos façons d’être, notre langage, nos écrits, nos gestes, nos conceptions et notre intellectualité ; pour tout dire, c'est elle qui crée autour de nous une atmosphère morale à laquelle nous ne
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pouvons aucunement échapper .
Il ny a donc point d’histoire plus intéressante , plus profondément philosophique, plus sage que cette histoire de nos modes qui côtoie toujours celle de notre esthétique et de notre civilisation.
Les modes des femmes restent toujours les plus précieux documents pour l’historique de la beauté , et l’écrivain qui se complaît à des monographies de costumes ou de coiffures ne mérite point ce renom de légèreté qui lui est si aisément attribué.
La mode nous donne les plus fidèles images mouvantes de notre vie sociale. Elle explique et exprime tout , physiologiquement et psychologiquement et
l’historien qui ne la consulterait pas dans ses moindres témoignages ne serait qu’un sot indigne du moindre crédit public.
Tout s’enchaîne dans la physionomie des temps. Les gravures de modes qui se succèdent ici sont à notre avis appelées au plus durable succès. Elles s’imposent à la curiosité de tous les mondes , et c’est avec plaisir que nous donnons , en tête de chaque volume spécialisant une époque déterminée , des monographies aussi condensées que possible pour exposer l’origine et l’esprit des modes d’autrefois , relativement à la coiffure des femmes. Décrire une mode vaut tout autant que de décrire
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une bataille ; celle-ci n’éveille que nos instincts vaniteux et sauvages, tandis que celle-là stimule notre appétit du beau , de V élégant , du raffiné.
La mode est la plus artificieuse collaboratrice de l’amour et l’amour a droit à tous nos hommages. « C’ est V Architecte de l’Univers , » disait Hésiode. A ce titre , Don Juan vaut mieux que César , Vénus est supérieure à Bellonne et La Mésangère est préférable à Thiers ou à Guizot.
On a pu écrire avec raison: Il n'est pas de mode ridicule alors qu’elle règne; l’exagération d’une mode n’apparaît guère que lorsqu’elle a disparu.
La femme, d’autre part , brave l’ironie des hommes par ses outrances de costumes. Elle ne succombe jamais d l'extravagance d’une nouvelle mode , car elle sait l’imposer d’autant plus effrontément quelle la subit avec plus de passivité.
Ce que la mode a fait de la tête féminine est inimaginable , et, ce qui est non moins intelligible, c’est que l’idéal de l’homme se soit tour à tour benoîtement conformé étant de types de coiffures, dont quelques-unes semblent en vérité porter un défi à la raison et au bon goût.
Les coiffures intronisées en France par Marie-Antoinette d’Autriche sont peut-être les plus
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jolies qui aient existé depuis les Romains ; ce n était point une innovation , mais bien une rénovation, car Juvénal, en parlant de la hauteur des coiffures des dames de Rome, disait déjà :
« Tôt compaginibus altum ædificant caput : Leurs têtes sont des édifices à plusieurs étages ! »
Il n’y a de nouveau que ce qui a vieilli, s’est-on écrié à propos de l’éternel recommencement des choses, et rien n’est plus curieusement vrai que cette paradoxale boutade.
La coiffure féminine, qui, sous le règne de Mmc de Pompadour, avait conservé une certaine proportion harmonieuse et une sorte de réserve exquise, ne commença
guère à s’élever et à bouffer hors de la norme que vers 17 55.
Un fait intéressant à constater y c’est que ce ne furent point les dames de la cour qui inaugurèrent le style de « ces grandes marées du système pileux » ; ce furent bien au contraire les petites bourgeoises de Paris , ces aimables dames que Restif de la Bretonne nommait les Contemporaines meslées, qui apportèrent une révolution dans la simplicité de la chevelure.
« On retroussait les cheveux sur un crêpé pour former une masse en diadème autour du front et des tempes ; cela s’appelait un tapé, on ne sait pourquoi , si nous en devons croire certains histo-
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riens de la coiffure. Cette fantaisie fut d’abord souverainement dédaignée par les grandes dames qui la trouvèrent ridicule et de mauvais ton. Les actrices s’en étant emparées , ce fut une raison de plus pour que les femmes de bel air ne voulussent pas les imiter. »
A l’arrivée de Marie- Antoinette en France , la mode de la ville prévalut à la Cour; l’art modeste des boucles , des frisons et des ondulations , qui semblait devoir persister d’après les principes de simplicité traditionnelle qui , disait-on , avaient été inculqués à la jeune reine , ne tarda pas à être cependant remplace par un système d’outrance , de
retroussis, de boursouflure qui , en quelques années , prit de pyramidales proportions.
Marie- Antoinette ne résista pas aux séductions de la coquetterie parisienne ; la toilette devint pour elle presque toute sa politique , et ses longues conférences avec sa célèbre marchande de modes , JV/lle Bertin , sont restées historiques.
Comme les paniers , avant de disparaître , atteignaient une ampleur considérable et que les falbalas s'étalaient avec une profusion de bouillons de ga^e, de nœuds , de coque.s , de guirlandes et de fleurs , il fallait que le visage féminin , demeurer
dans l'harmonie d'ensemble de
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la mode, s’exagérât par la chevelure et que la tète fût empanachée, exhaussée, dénaturée, dressée en pièce montée avec un art sauvagement raffiné.
Les coiffeurs, qui se trouvaient au nombre de six cents environ à Paris vers 7777, avaient intérêt à accélérer le mouvement des chignons, la simplicité et le naturel n’ayant jamais fait les affaires des préparateurs de perruques. Quelques-uns ayant conquis une grande notoriété, comme Frison et Legros, dirigeaient habilement la mode; ce dernier avait meme érigé une Académie de coiffure où il formait des élèves y et pour montrer à la population son ingéniosité, il lançait chaque
jour dans Paris un petit cortège de jeunes filles coiffées par ses soins, d’après ses inventions nouvelles et qui, en tant que « prêteuses de têtes », étaient chargées défaire une réclame excellente à ses extraordinaires combinaisons.
Dès 1772, la coiffure d’apparat fit son apparition ; d’aucuns la nommaient loge d’opéra ; les cheveux étaient relevés si haut, pommadés, bouclés et poudrés, avec le couronnement d’un bonnet de rubans et de plumes, que du menton au sommet de la tête quelques élégantes s’enorgueillissaient de mesurer près de quatre pieds de hauteur.
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Cette coiffure monumentale était établie sur un tapé orné de boucles qu’on avait baptisées dragonnes lorsqu’elles tombaient en tire - bouchonnant sur les épaules , favoris lorsqu’elles s’inclinaient en croissant sur le front , sinon brisures, béquilles, marrons, d’après leurs différentes formes .
Un chroniqueur du Mercure, sous la manière d’une lettre à un provincial , essaie de décrire une de ces singulières coiffures élevées avant que la mode ne les eût portées à leur point culminant.
« Imagine q, écrit-il , deux grands ailerons de chaque côté du visage , qui excèdent de sept à huit pouces la physionomie et
de deux 'ou trois les plus grands neq de France. Ces ailerons ne paraissent rien dans le haut , car il faut que la huppe ait sa saillie franche; mais ils sont attachés en arrière à une ample bourse de linge qui enveloppe le volumineux amas de cheveux dont les Françaises font à présent leur plus chère parure. On met par là-dessus une espèce de carcasse en rubans bouillonnés qui parait nouée avec une rosette des memes rubans , vers l’extrémité postérieure du crâne. Je suis bien trompé si cela n'est pas appelé ingénieusement un cabriolet. Je n’ose cependant rien assurer , car leurs ouvrières et marchandes de brillants chiffons , la plupart
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du temps sans goût et sans raisonnement, , ont la suprême législation sur cette partie , et chaque semaine change les noms de ces bagatelles. »
Les plus célèbres de ces coiffa res avaient alors les qualificatifs de Minerve, de qu’ès aco ou de pouf.
Le pouf se fabriquait comme un échafaudage à l'aide d'une pièce de ga\e dont les plis se nattaient aux cheveux pour les soutenir en façade et leur faire escalader le ciel. On employait jusqu à six ou sept mètres de ga^e pour confectionner quelques-uns de ces poufs de choix , car il y eut des poufs de toute nature et l’un des plus favorisés fut le pouf
au sentiment, qui n était plus seulement une montagne , mais un pic accessible à la décoration et à V allégorie. On y voyait en effet des fleurs , des fruits , des oiseaux , des bijoux et aussi des petites poupées de bergers ou de bergères ; peut-être même poussat-on la berquinade jusqu’aux moutons broutant la mousse d’une frisure.
Les Hérissons succédèrent aux poufs ; c’étaient , — nous enseignent les dictionnaires , — des cheveux qui , frisés à la pointe , s’étageaient par derrière en plusieurs rangs de boucles colossales, et se relevaient sur le devant, au moyen d’épingles immenses , en une touffe très haute et très
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épaisse semblable à un bonnet de sapeur.
On verra , dans le recueil de planches qui suivent cette notice , combien furent nombreuses les appellations de ces coiffures éphémères qui durèrent jusqu en ij8i , époque à laquelle Marie- Antoinette ayant perdu ses cheveux , par suite de couche , adopta la coiffure à l’enfant qui mit un terme aux fantaisies des têtes échafaudées. Mais , durant près de dix ans , quelle ne fut pas l’imagination des artistes capillaires pour arriver à dénicher des termes extravagants tels que coiffures : au désir de plaire, en parc anglais, au val d’amour, au chien couchant, aux senti-
ments repliés, à la frégate, à la belle poule et cent autres désignations vraiment amusantes empruntées souvent aux événements du jour.
Comme à tout clocher il faut le couronnement d’une flèche , à ces vertigineuses coiffures il était nécessaire d’adjoindre quelque chiffonné d’étoffe en guise de chapeau ou de bonnet pour les sorties au dehors ; aussi les toquets firent-ils fureur , de même que les cornettes , et, avec les idées bucoliques du moment , les rêves de fermière mis en vogue par la jolie laitière du Petit Trianon, ce fut une débauche d’épithètes rustiques :
Bonnets à la paysanne, à la
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moissonneuse, à la Bastienne, à la Suzanne, à la clochette, chapeaux à la flore, au parterre galant, à la dormeuse, au bonheur du siècle, à la Corse, au becquot, sans parle?' des coiffures asiatiques à la sultane, à la Persanne, à la Turque et des manières de casques guerriers à la Minerve, à la chevalière, à la Junon. La nomenclature seule en serait impossible.
Un partisan des hautes coiffures , le chevalier de Saint- Michel, affirmait vers 1772 quen feuilletant un seul cahier des coiffures à la mode, portant le 7i° 3g de la série d’un journal,
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il y avait découvert six estampes de sei^e figures chaque , soit quatre-vingt-sei^e manières de se coiffer , d’où il déduisait avec assurance que pour les trenteneuf cahiers parus à cette date , il fallait calculer une variété de trois mille sept cent quarantequatre types de coiffures différentes. On peut juger d’après cela qu'un volume tout entier serait insuffisant pour reproduire dans le détail nécessaire les prodigieuses inventions de ce temps.
« Imagine écrivent les frères de Concourt , l’incroyable potpourri de toutes les modes du XVIIIe siècle , travaillées , renouvelées sans cesse, raffinées ,
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perfectionnées , maniées , remaniées , foz/s les mois , toutes les semaines , foz/s les jours, presque à chaque heure par l’imagination de six cents coiffeurs de femmes et par l’esprit de toutes les marchandes de modes , doivent donner du nouveau , sous peine de fermer boutique. Ce qui vole dans l’air , ce qui passe , l’événement, le grand homme de l’instant, le ridicule courant, le succès d’un animal, d’une pièce ou d’une chanson, la guerre dont on parle, la curiosité à laquelle on va, l’éclair ou le rien qui occupe une société comme un enfant, tout crée ou baptise une coiffure. »
Sur cette pente rapide de
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l’extravagance et du désir de l’étrange , l’invention des femmes ne pouvait plus connaître de halte. Elle allait à perdre haleine jusqu’au saugrenu , jusqu’à l’insanité , jusqu’au grotesque .
iVe vit-on pas en 17 7 <? le chapeau en forme de frégate se balancer sur les ondulations tumultueuses dé une chevelure affectant la houle marine , véritable monument de guerre muni au grand complet de ses mats , voiles, pavillons et agrès, avec une ancre en diamant agrippée sur les frisons de la nuque.
Les coiffures à la mode de 1772 à 177g s’érigèrent si haut que
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les petites maîtresses victimes de l'élégance ne pouvaient plus se mouvoir à leur aise , monter en chaise à porteur ou en voiture ; il leur fallait se mettre à genoux , s’accroupir ou demeurer écrasées de fatigue dans leurs loges au théâtre. Lorsqu’elles sortaient , on les voyait, quelque temps qu’il fit , contraintes de passer leur tête par la portière du carrosse et au spectacle, on dut interdire l’entrée de l'amphithéâtre à ces folles Hvmalayennes qui obstruaient la vue des braves gens venus pour regarder la pièce et non pour contempler des Monts- Blancs ondulés.
Mercier, dans son Tableau de Paris, nous fournit sur ce sujet
d’amusantes anecdotes , et Von peut croire que le public eût fait une révolution de parterre , si Von n’avait fait droit à ses justes revendications en reléguant les dames haut coiffées en des avantscènes closes où leur chignon
égratignait le plafond.
Du fait de ces extravagances
perruquières , le budget déjà
chargé des jeunes coquettes se
grevait chaque jour davantage ,
et la mode menaçait de ruiner
ces dames; les maris ne savaient plus à quel saint vouer leur fortune, et dans cette forêt de cheveux, de fleurs et de plumes qui était l’apparence d’une soirée de gala, les pauvres époux se trouvaient bien r apetissés et comique-
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nient dépassés de la tête par leurs exe en tri que s compagn es .
La caricature , l’épi gramme, la littérature des pamphlets et des almanachs , les satires de la presse ne pouvaient manquer de s’attaquer aux ridicules de la mode courante , et nombreuses sont les chansons plaisantes , innombrables les jeux d'esprit, incollectionnables les caricatures qui se donnèrent carrière sur ce luxe des panaches dont l’avocat Marchand avait tiré une comédie avant même qu elles n’affectassent des altitudes aussi inaccessibles.
Les estampes caricaturales sont vraiment amusantes à par-
courir , et il en est bien peu qui , aujourd’hui , soient encore pour nous dépourvues de gaité. Ily a la chevelure pyramidale d’une élégante que soutient un valet nègre à l’aide d’une longue fourche.
Soutiens, Jasmin, je succombe ,
Et prends bien garde, faquin,
Que si ma coiffure tombe Tu auras ton compte demain.
On voit également l’estampe de La fraude à l’octroi : du ballon éventré dé une chevelure à étages, des sergents percepteurs d’une barrière parisienne retirent des denrées diverses dissimulées dans une perruque monstrueuse par une mondaine en grand falbalas , laquelle sanglote en voyant sa supercherie découverte. D’autres
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gravures nous montrent des échafaudages babéliens sur lesquels des hommes gravissent vertigineusement pour assurer le maintien d'une coupole de ga^e au sommet d'une coiffure en obélisque ; ailleurs encore nous voyons des curieux armés d’une longue-vue pour découvrir le bonnet qui s’envole au-dessus d’un de ces monuments capillaires. D’autre part , c'est une coquette dont la chaise à porteurs est déplafonnée pour permettre à son chignon d’émerger en plein air. En France , en Angleterre et en Allemagne , tous les humoristes dans le goût de Rowlandson s’essayèrent à ridiculiser avec aisance les têtes dispropor-
tionnées de leurs contemporaines et la plupart y réussirent à souhait en de délicieuses compositions polychromes que d’élégantes et pittoresques gravures ont pour longtemps popularisées.
Il serait intéressant de décrire par la mise en scène du détail V affreux et long supplice auquel les femmes se soumettaient alors pour paraître coiffées selon les rites du temps. La préparation en était lente et très minutieuse et prenait de cinq à six heures au moins; il est juste d’ajouter qu’elle était faite pour durer au moins une semaine et que la patiente ne se livrait à son bour-
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l'eau qu’heb do mada iremen t. Ma is quels soins journaliers , quelles contraintes constantes pour ne pas déranger la belle pièce montée !
Il faut avouer que dans l’intimité , ces victimes de Frison ou de Léonard , les coiffeurs en vogue , devaient avoir bien peu d’abandon avec l’empois qui leur raidissait la tête , ef 720WS 220226' imaginons mal les épanchements amoureux des amants avec de telles maîtresses.
Tout cela ne pouvait durer. La naissance du Dauphin en octobre 1781 mit fin à cette mode grotesque, et l’on revint enfin aux coiffures simples, élégantes et gracieuses qui furent la gloire
de la fin du règne de Louis XVI.
Nous voyons d’autre part, en un recueil fin xvme siècle, comment la reine parvint à diminuer la hauteur des coiffures , et nous pouvons alors saluer avec un sentiment d’admiration et de soulagement , les bonnets à la Henri IV, à la Gertrude, aux cerises, à la Fan-Fan, à la Colin Maillard et surtout cette spirituelle coiffure nommée à l'esclavage brisé qui semblait être le symbole de délivrance des malheureuses chevelures si longtemps à la girafe et qui avaient bien droit au repos et aux douceurs des naturels effilochements.
Mais une Mode n’est jamais
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entièrement étouffée , elle, sommeille un siècle ou deux et réparait, et il ne serait pas impossible que , sur la fin de ce siècle , nous ne voyons revenir 1ère des parures excentriques et que nos élégantes ne s’affublassent encore de quelque coiffure à la Tour Eiffel, dont nous ne soupçonnerions point sur le moment le formidable ridicule.
Cent Reproductions