‹ Coignet et CoupilléChapitre 22 sur 22 · FAN PL · texte numérisé non relu

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Pipette, qui laissait à l'abri dans sa maison la corbeille à lessive, et allait mettre des cierges de cire devant les images, pensant, par-dessus le marché, aller au ciel aux frais d’autrui. Il n'était pas moins surpris de l’obéissance et du respect que tous avaient pour Monopole, cet homme barbare, rustique etn'ayant rien d’humain.Il réfléchissait à ce qu'il avait lu dans son livre de comptes, et aux exercices auxquels tous s’occupaient; finalement il célébrait la négligence de la justice dans cette fameuse cité de Séville, puisque, presque à découvert, y vivaient des gens si pernicieux et si contraires à la nature même ; et il se proposa de conseiller à son compagnon de ne pas rester longtemps dans cette vie si perdue et si mauvaise, si agitée, si libre et si dissolue. Néanmoins, entrainé par sa jeunesse et son peu d'expérience, il y passa encore quelques mois, pendant lesquels lui arrivèrent des choses qui demandent une plus longue narration : on laisse donc pour une autre occasion le récit de sa vie et de ses miracles {1), ainsi que de ceux de son maître Monopole, et d’autres aventures de cette infâme académie, qui seront de très grande considération et pourront servir d'exemple (2) et d'avis à ceux qui les liront.

(1) Parodie du titre des Vies des Saints.

(2) Ces nouvelles portent, en effet, le titre de Nouvelles Exemplaires.

Paris. — Imp. LEvÉ, rue Cassette, 17. — $.

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