‹ Coléopteres (volume 2)Chapitre 31 sur 60 · Â. Eu · texte numérisé non relu

Â. Eu

rynotn.

166 HISTOIRE NATUHELLE.

L'apparition de ces insectes coïncide en général avec l'arrivée de la saison chaude; en automne, ils disparaissent et prennent leurs quartiers d'hiver. Ils se montrent dans les pays méridionaux plutùt que dans le Nord. Toutefois, U. Zetterstedt assure qu'il les a vus courir gaiement sur la neige, même avant les chaleurs de l'été.

Los substances végétales forment la principale nourrîture des Amares : plusieurs semblent préférer les blés; elles se nourrissent presque toutes de la moelle des graminées; quelques-unes sont cependant trés-voraces, et se nourrissent, dit-on, de larves d'insectes. Les espèces ailées se servent quelquefois, mais rarement, de leurs ailes. Les Amares se tiennent ordinairement pendant le jour dans la terre, sous la mousse, sous l'herbe et sous les pierres; elles quittent leur retraite à l'entrée de la nuit pour se livrer à la recherche de leur nourriture. Il est vrai qu'on les voit aussi courir au soleil; mais il paraît qu'il faut plutôt en attribuer la cause au hasard qu'aux habitudes de ces insectes. Une forte pluie les chasse aussi de leur retraite, et on les voit alors quelquefois s'agiter dans des flaques d'eau avec d'autres insectes. Il est des espèces qui préfèrent des contrées sèches et sablonneuses; d'autres des terrains argileux et humides : de là vient qu'on en trouve plusieurs répandues au loin, mais toujours dans des localités appropriées à leur genre de vie; d'autres, enfin, se tiennent indistinctement dans des endroits secs ou humides. Ces insectes sont généralement agiles et courent avec assez de rapidité; cependant quelques espèces sont lentes.

L'accouplement a lieu au printemps; la durée de leur vie, depuis la sortie de l'œuf jusqu'à l'époque de la mort, ne dépasse guère l'espace d'une année, et souvent elle, est moindre. Les oeufs ne parviennent à leur maturité que plusieurs jours après l'accouplement. Ils font alors gonfler le ventre de la femelle; celle-ci les dépose sous des pierres ou dans la terre à peu de profondeur. Les larves en sortent bientôt, changent de peau une fois, et atteignent ordinairement, avant leur métamorphose, une longueur double de celle de l'insecte parfait. Mais toutes ces larves se ressemblent tellement, qu'il est très-difficile de distinguer les espèces; elles ont la même forme générale que celle des Zabres. Le développement de la plupart de ces espèces, depuis l'état d'œuf jusqu'à celui de nymphe, De dure guère que six à huit semaines; elles ne restent que la moitié de ce temps à l'état de nymphe; mais les insectes parfaits peuvent vivre plus longtemps, surtout si l'accouplement est retardé; de même que dans la plupart des classes des animaux inférieurs, ils meurent bientôt après avoir rempli cette fonction.

Le» Amares ne se rencontrent guère que dans l'hémisphère septentrional et seulement dans les tones tempérées et froides. On ne connaît aucune espèce qui vienne des contrées méridionales. A peine trouve-i-on quelques espèces dans les parties septentrionales de la zone torride, et, dans ces cas. le climat des pays qu'elles habitent se rapproche de ceux de la zone tempérée; telles sont les plaines élevées des montagnes du Mexique, sous une latitude de dix-huit à dix-neuf degrés. Du reste, la patrie des Amares est très-étendue; car on les prend dans toute l'Europe et dans le nord de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique. Quelques espèces sont extrêmement répandues, et se trouvent, non-seulement en Europe, mais aussi dans le Maroc et en Asie, sur une étendue de mille milles géographiques; telle est, par exemple, YAmara trivialis, Gyllenhall.

On a donné la description de plus de cent espèces du genre Amara. Plusieurs entomologistes se sont occupés de ce groupe naturel, et nous devons plus particulièrement citer Dejean (Species de Colcopt., t. III, 1828); Germar (Magasin d'entomologie, t. I, 1835); Zimmcrmann (Gistl. Fauna, 1852); Mac Lcay [Annvlosa Javanïca, 182G); Brullé (llisi. nal. des Ins., 1. 1 et II, 1834, 1835, etc.).

Un nombre assez considérable de sous-genres a été formé aux dépens de ce groupe naturel; nous les indiquerons.

Fig. 1. — Lamprima eeuea.

Fig. 2. — Pliolidutus Humboldtii.

Fig. 3. — Liicanus cinnamomeus.

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