‹ Coléopteres (volume 2)Chapitre 43 sur 60 · TROISIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

TROISIÈME FAMILLE

DYTISCIENS. BYTISCIBM. Leach.

Corps ordinairement ovalaire, déprimé, quelquefois cependant presque globuleux; tête petite, en partie recouverte par le corselet; antennes sétacées ou filiformes, composées de onze articles; labre petit, court, généralement échancré et garni de poils; menton trilobé, le lobe du milieu souvent échancré ; palpes au nombre de six : les maxillaires externes composés de quatre articles, les internes de deux, et les labiaux de trois ; languette légèrement élargie à son extrémité et coupée presque en carré; mandibules courtes, très-robustes, dentées à l'extrémité; mâchoires très-aiguës, arquées, ciliées intérieurement ; corselet plus large que long, ordinairement prolongé en pointe en arrière, recouvrant parfois l'écusson, qui alors est invisible; élytres larges, recouvrant entièrement l'abdomen, quelquefois sillonnés ou chagrinés dans les femelles; ailes constantes; prosternum trèsprolongé en arrière ; hanches postérieures soudées aux pièces sternales, offrant en arrière et sur la ligne médiane un prolongement plus ou moins considérable nommé par quelques entomologistes métasternum; pattes antérieures et moyennes très- rapprochées, les postérieures en général longues, larges, aplaties, disposées pour la natation et ne pouvant se mouvoir que latéralement; tarses de cinq articles: dans quelques genres les antérieurs et les intermédiaires paraissant au premier coup d'oeil n'être que quadriarticulés, le quatrième article étant très-petit et caché dans l'échancrure du troisième; les pattes antérieures, et souvent les intermédiaires, en partie garnies de petites cupules pétiolées.

Ces insectes, que Latreille (Uist. nat. des Ins., 1802) désignait sous le nom à'Hifdrocanthares, vivent dans l'eau, sont éminemment carnassiers et ont la plus grande analogie avec les Carabiques; leur organisation est, à très-peu de chose près, la même, et les modifications que la nature y a apportées sont dues à la différence du milieu dans lequel ils sont destinés à vivre. Ils sont communs toute l'année; mais c'est principalement en automne qu'on les rencontre le plus fréquemment.

Il stinés à se mouvoir dans un milieu plus résistant que l'air, les Dytisciens, et ce que nous allons en dire peut s'appliquer également aux Gyriniens, ont reçu la structure la plus propre à la locomotion aquatique. Ainsi que dans les poissons et les cétacés, la partie antérieure de leur corps est la plus épaisse, sans être toujours la plus large ; leur forme est une ellipse ou un ovale plus ou moins allongé, que nulle saillie ne rend inégale, si ce n'est chez quelques femelles, dont les élytres, ainsi que nous l'avons déjà dit, sont sillonnes ou chagrinés. Les nageoires, chez eux, sont rempla- |iar leurs pattes postérieures aplaties en forme de rames, et dont le mouvement latéral imprime à leur corps mu: forte impulsion dans la natation; aussi nagent-ils avec la plus grande facilité. Ils se tiennent de préférence dans les eaux Stagnantes des lacs, des étangs et des marais, à la surface desquels ils remontent de temps en temps pour respirer; tandis que les Gyriniens se trouvent dans

l'eau courante des ruisseaux cl même a la surface (le la mer. Ils SOOl très-voraecs, cl se irrissent

île petits animaux qui font, comme eux, leur séjour dans l'eau. De Geer rapporte qu'il a nourri des

Cybi !■ i Rq 'h, avec des mouches el des araignées, et qu'il a vu un individu de cette espèce dérande sangsue; d'après Esper, on peut nourrir des Dytiscuà marginalis avec des morde bœuf cru gros comme une noisette. L'on a remarque des individus attaquant de petits

poissons.

' insecl • ervent des ailes qu'ils ont sous les élytres chaque fois qu'ils veulent se trans

i d'un eian- a un antre m. os ils attendent pour cela le coucher du soleil leur vol esl lourd

196 HISTOIRE NATURELLE

et bourdonnant comme celui des hannetons. Dans quelques cas, pour se transporter d'un lieu à un autre, ils marchent sur le sol.

Pendant l'hiver ils s'enfoncent souvent dans la vase, et quelques petites espèces, au moins dans certains cas, se réfugient sous des mousses très-humides.

Les Dytisciens sont des insectes à forme lourde et peu élégante, à couleur peu variée et toujours noirâtre. Leur taille varie beaucoup : dans quelques genres elle s'élève jusqu'à trois ou quatre centimètres, tandis que dans d'autres, en plus grand nombre, elle est à peine d'un ou deux millimètres. On voit, d'après cela, que dans certains cas ce sont des Coléoptères d'assez grande taille, tandis que dans d'autres cas ils sont au contraire de très-petite taille.

Leur anatomie a été étudiée par M. Léon Dufour : le tube digestif de ces insectes ressemble à celui des Carabiques ; mais le jabot se termine en arrière par un bourrelet annulaire que produit la saillie de l'orifice du gésier : celui-ci est armé en avant de quatre pièces cornées, prismatiques, et de membranes charnues; l'intestin grêle est plus long que dans les Carabiques, filiforme et replié; le cœcum est terminé par un appendice vermiculaire, contourné en spirale, et s'insère à l'origine du rectum par un rétrécissement en forme de col, susceptible de se gonfler par l'air; c'est pour ces insectes une véritable vessie natatoire qui sert à les élever du fond de l'eau à la surface. Deux vaisseaux biliaires semblables à ceux des Carabiques ont quatre insertions isolées autour de l'extrémité du ventricule chylifère. Les ovaires sont deux faisceaux d'une trentaine de gaines chacun. L'oviducte est cylindrique. Il n'y a point de crochets vulvaires, mais un labre corné, composé de deux lames contiguës.

On connaît les métamorphoses de plusieurs espèces, et plus particulièrement celles des Cybister Rœsclii, Dytiscus marginalis, Acilius sulcatus, Aoicrus crassicomis el Laccophilus minutas, (les larves, et principalement celles des grandes espèces, qui se trouvent communément dans l'eau des étangs, sont toujours longues, renflées au milieu ; les derniers anneaux forment un cône allongé, garni latéralement de poils flottants. Deux petits corps cylindriques, placés à l'extrémité, servent à l'introduction de l'air dans les trachées; on distingue aussi des stigmates sur les côtés de l'abdomen. La tète est grande, armée de mandibules fortes, arquées, avec six yeux sur les côtés, disposés à peu près sur deux rangées transversales. Les palpes et les antennes sont déjà bien développés; mais on n'aperçoit pas de traces de mâchoires; ces organes, en effet, sont cacbés dans l'ouverture buccale, et pendant longtemps on a cru que ces larves n'avaient pas de bouche; les mandibules étant percées en dessous et avant leur extrémité d'une petite ouverture ovalaire, on supposait que la larve faisait pénétrer par ces ouvertures la substance qu'elle puisait dans le corps de sa proie. Les six pattes écailleuses, assez longues, garnies de poils depuis et y compris la jambe jusqu'à l'extrémité du tarse, sont attachées par paires aux trois premiers segments : le premier de ceux-ci est protégé, tant en dessus qu'en dessous, par une plaque écailleuse. Ces larves se déplacent dans l'eau par des mouvements vermiculaires très-rapides, et en frappant le liquide avec la partie postérieure de leur corps. Mlles sont encore plus voraces que les insectes à l'état parfait, et se nourrissent 'de larves plus faibles qu'elles, telles que celles de Libellules, de Tipules, de Cousins, etc. Elles ont quelques rapports avec les larves des Carabiques.

Quand le temps de leur transformation est venu, elles quittent l'eau, s'enfoncent dans la terre qui borde le rivage, s'y pratiquent une cavité ovale et s'y renferment pour se changer en nymphe, puis en insecte parfait. Les nymphes sont d'un blanc sale, et terminées par deux seules pointes. L'époque de l'accouplement de ces insectes dure pendant tout le printemps.

Tous les insectes formant la famille des Dytisciens, ainsi que'ceux composant celle des Cyriniens, c'est à-dire tous les Hydrocarithares de Latreille, et en outre certains Hydrophiliens, rentraient dans le genre Dytiscus de Linné, qui, par son homogénéité, est l'un des plus naturels que nous ayons en entomologie. Les données qui ont servi pour arriver à la classification de ces insectes et pour l'établissement de plusieurs genres spéciaux reposent toutes sur la forme des palpes et des antennes, sur la présence ou l'absence apparente d'un écusson, et quelquefois aussi sur la proportion des deux crochets qui terminent les pattes postérieures. Depuis Linné, et presque à la même époque, Fabrieius et llligcr créèrent les deux genres Hydrachna et Cnemidotus, tandis que Geoffroy fondait celui des Gyrimu, type de notre famille des Cyriniens; mais, dans les temps modernes, /ancien genre Dytiscus a été entièrement démembré par les travaux de Latreille, Clairville, Leach,

Eschscholtz, Aube, Babigton, Hope, etc., qui ont peut-être poussé un peu loin leurs divisions génériques.

Ces insectes sont répandus dans toutes les régions du globe, et leurs espèces sont très-cosmopolites. On en connaît aujourd'hui plus de quatre cents espèces.

M. Aube {Species général des Hydrocantliarcs et Gyriniens, 1838) admet dans cette famille trois tribus distinctes : celles des Haliplides, Dyliscides et Ilydroporides, que nous adopterons dans cet

ouvrage.

PREMIERE TRIBU

HALIPLIDES. HALIPLIDES. Aube, 1838.

Species des Hydrocaiuliares.

Ealipltis, Haliple.

Corps ovalaire, convexe, recouvert de points enfoncés, ordinairement placés sans ordre sur la tête, le corselet et le dessous du corps, et disposés en stries longitudinales sur les élytres, qui sont presque toujours sinueux, et terminés en pointe à leur extrémité; écusson non visible; hanches postérieures avec un prolongement lamelleux énorme, recouvrant presque entièrement les cuisses, et empêchant tout mouvement de haut en bas.

Les Haliplides sont des insectes de petite taille. On n'y admet généralement que deux genres, ceux des Hcdiplus et Cncmidolus.

ir GENRE. - HALIPLE. HALIPLUS. Latreille, 1806.

Gênera Crusl. et Ins.

A."/.'.-/.oc;, qui nage en mer.

Corps ovale, allongé, bombé; tête petite, étroite; antennes à premier article très-petit; labre court, large, échancré, cilié; menton trilobé; palpés maxillaires à avant-dernier article le plus grand de tous, et à dernier article très-petit, acieulaire : labiaux à dernier article petit; corselet légèrement plus étroit que les élytres, court, rétréci en avant, prolongé en pointe en arrière; écusson invisible; élytres ovales, allongés, sinués au bout, et terminés en pointe, couverts de stries de points plus ou moins enfoncés; hanches postérieures à prolongement lamelleux arrondi; tarses a dernier article plus grand que lea autres : les trois premiers antérieurs uu peu dilatés, garnis de brosr.es saillantes dans les mâles: crochets t;irsicns égaux, mobiles à tous les tarses.

I. genre Haliplus correspond à celui des Hoplitus (4-/177,;, armé, Clairville, EtUom. helvétique, 1806), .ainsi qu'à celui des Cnemidotu» (avqu&tioc, qui a dis bottes); llliger, Mag. dr.r Ins., 1807), et a été

formé aux dépens de celui des Dytiscus.

Les Baliples sont des insectes de petite taille, qui, vivant dans l'eau comme les espèc< s des autres genres de la même famille, l'abandonnent cependant z auvent pour voltiger aux alentours et grimper après les herbes aquatiques, où ils se trouvent quelquefois réunis ni très-grand nombre; ils nagent avec facilité h volent également bien. Us sont peu nombreux, car l'on n'en a encore décrit qu'une vingtaine d'espèces, et

' propres .i l'Europe, ainsi qu'au nord de l'Amérique. On en

connaît néanmoins un du Brésil, et nn autre <Ju cap de Bonne-Espérance. i p« est 17/ tlevaUu, Panser, qui habite presque toute l'Europe.

HISTOIRE NATURELLE

2me GENRE. — CNÉMIDOTE. CNEMIDOTUS. Illigcr, 1807.

Mag. dcr [osecten.

Kvr,jAt^(i)To;, qui a «les bottes.

Fi;:. 355 — C.

Corps moins ovalaire que celui dos Haliplus; palpes maxillaires a dernier article le plus long de tous, conique; hanches postérieures présentant un prolongement lamelleux, arrondi et garni d'une petite dent très-mousse.

Illiger comprenait, sous le nom de Cnemidotus, le genre qui nous occupe, ainsi que celui des Haliplus; c'est Erichson (Cciicr. Dytisceorum, 187)2) qui les a distingués tous deux d'une manière positive. Les Cnémidotes ont la même manière de. vivre que les Haliplus; l'on n'en connaît encore que trois espèces, deux propres à toute l'Europe, et principalement à la France, C. cossus, Duftschmidt, et roturyiatus, Dahl, Aube, et l'autre particulier à l'Amérique septentrionale.

DEUXIEME TRIIUJ.

DYTISCIDES. DYTISCIUES. Aube, 1838.

Spccies di s llydrocanthares.

Corps généralement ovalaire, aplati, avec les élytres offrant chez les femelles, dans un assez grand nombre de cas, des stries longitudinales plus ou moins marquées; tarses ayant toujours cinq articles bien apparents; hanches supérieures sans prolongement lamelleux, et conséquemment les cuisses étant libres: mais, toutefois, d'après leur mode dVtieulation, ne pouvant se mouvoir que latéralement.

Les Dytiscides, dont on connaît une vingtaine de genres, ont une grosseur relative très-variable; ainsi, quelques genres sont composés d'insectes de trois ou quatre centimètres, tandis que d'autres ne contiennent que des espèces de quelques millimètres de longueur.

Ceîte tribu offre deux divisions bien caractérisées : la première comprend les genres chez lesquels l'écusson est très-apparent, tels que ceux des Pœlobius, Dytiscus, Cybister, Agalms, Acilïns, Colymbetes, HydaticuSj et la seconde ceux beaucoup moins nombreux dont l'écusson est caché, et nullement perceptible sans écarter les élytres, comme ceux des Laccophilus, Noteras, etc.

Pig. rir.ei. — p. uo,

1er GENRE. - PjELOBIE. PJSLOBIUS. Schoënherr, 1808.

Sysiema Inscctorum.

Tlnlo:, marais; (îio», je vis.

Corps ovale, épais, à abdomen très-saillant; tête forte, non enfoncée dans le corselet; yeux saillants; antennes courtes, robustes, presque mooiliformes, à premier article plus grand et plus gros que les autres; épistome largement échancré; labre court, échancré; mandibules robustes, bidentées à l'extrémité; palpes maxillaires de quatre articles courts : labiaux à articles plus longs; menton trilobé; prosternum fortement arque, arrondi en arrière; corselet court, transversal; écusson apparent; hanches postérieures offrant un prolongement à quatre divisions distinctes: les externes seules libres; jambes armées à l'extrémité de deux" épines; taises postérieurs à articles très-allongés, à peine comprimés, ciliés en dehors.

Ce genre, qui ne renferme qu'une seule espèce, P. Uermanni, Fabricius, de toute l'Europe et de la côte de Barbarie, a reçu trois noms différents : celui d'Hytlrachna (ffydrachnn, Araignée d'eau, Fabricius, Syst. Eleutli., 1801), appliqué précédemment à un genre d'un autre ordre d'insectes; celui d'IIygrobia («fpô;, humide; £«;&>, je vis, Latreille, Cuvier, Reg. anbn., 1817), et enfin celui de PaAobius, Schoënherr, dénomination qui a prévalu.

Les Pœlob'ius sont des insectes de moyenne taille, ailés, et vivant quelquefois en grande abondance dans les eaux stagnantes. M. Blanchard fait remarquer que les insectes de ce genre font entendre un bruit plus fort que la plupart des autres Dytisciens.

2me GENRE. — CYBISTER. CYBISTER. Curtis, 1827.

Entom. Brit.

KuStcmrïryip, qui fait la culbute.

Corps déprimé; elliptique, pins large en arrière; antennes sétacées, à deuxième article petit; épistome coupé carrément; labre court, transversal, échancré et cilié au milieu; menton trilobé; mandibules très-robustes, bid entées à l'extrémité; mâchoires très-aiguës, dentées en dedans; palpes à dernier article le plus long de tous; prosternum droit, terminé en arrière, en pointe très-aiguë; corselet très-court, transversal; écusson apparent; élytres aplatis, lisses dans les mâles, souvent couverts en totalité ou en partie de très-petites stries irrégulières dans les femelles; hanches postérieures à prolongement court, arrondi; pattes postérieures très-robustes, aplaties, à jambes trèscourtes, garnies en dedans de deux fortes épines, et à tarses aplatis, ciliés en dedans, et terminés par un seul crochet immobile; tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles fortement dilatés, formant une pa'.eite ciliée antérieurement, et garnie en dessous et en avant de quatre rangées de cupules, et en arrière de poils courts disposés en brosse.

Fig. 558. — C. Rœielit.

l'i.' 5ô9. — C. lateralis.

i de Cybuter a p èvalu dan uce, quoique Curtis ne l'ail créé qu'en 1827, et que,

eurement, Leacfa (Zoo/. MiscelL, 1817) ait fondé le même genre sous la dénomination de Trogm schscholtz Dejean, Cat. Col., 1833) lui applique le nom de Trocha-

lus l fo-fiXt*;, arrondi

Cy buter, qui anciennement étaient ions compris dans le genre Dytjscus, sont des insectes de

de taille, dont on connaît une quarantaine d'espèces propres a toutes les parties du monde;

detn seulement appartiennent a l'Europe : ce sonl les C. Rœselii, Fabricius (C. virent, Muller), qui

pas rare aux environs de Paria <■! C. Africanus, Castelnau (C. meridionalis), Gêné, que l'on a

pris en Italie, el qui n'est également pas rare en Algérie.

Ro il et, depuis, M. Westwood </;///•. to the modem class. Inst., 1. 1, p. 95, f. -r>, n" 15), ont donné la de cription et la figure de la larve AvCybister Rœselii. Cette larve est plus longue h plus mince

querelle du II innh ; sa trie pi .-seule une poi nie obtuse; l'extrémité de sou corps

est d deux appendices garnis de poils La nymphe n'a pas de tubercules sur

HISTOIRE NATURELLE

sa partie caudale; sa tête est garnie d'une éminence transversale, offrant plusieurs petites dents sur son bord. Les œufs éclosent dix à douze jours après la ponte. Au bout de quatre à cinq jours, la larve a déjà près de cinq lignes de long, et se meut pour la première fois après un intervalle de même durée, et, après avoir subi un second changement de peau, elle est une fois plus grande; enfin, quand elle a pris tout son accroissement sa longueur est a peu près de deux pouces. En été, on en a vu se changer en nymphe au bout de quinze jours, et devenir insecte parfait après un pareil laps de temps. Les derniers faits que nous venons de développer peuvent d'ailleurs aussi bien s'appliquer au Cybisier Rœsciù qu'au Dytiscus marginalis.

3me GENRE. - DYTIQUE. DYTISCUS. Linné, 1735.

Systema naturx.

Autixo;, qui aime à se plonger dans F eau.

Corps elliptique, peu déprimé, à peine dilaté en arrière; antennes sétacées, à deuxième article court; épistome coupé carrément; labre court, transversal, échancré au milieu; menton trilobé; mandibules très-robustes, bidentées au bout; mâchoires très-aiguës, ciliées au dedans; palpes maxillaires internes de deux articles : les externes de quatre et tous à dernier article, de même que celui des labiaux, le pîsis petit de tous, tronqué a l'extrémité; prosternum droit, spatuliforme en arrière; corselet court; écQSAOD très-apparent; élytres elliptiques, lisses dans les mâles, le plus souvent sillonnés dans les fi'i-Rvi'àjs; hanches postérieures à prolongement assez saillant, très-souvent pointu à l'extrémité; pattes antérieures des mâles à trois premiers' articles dilatés en une palette arrondie, ciliée en arrière, et garnie en dessous de cupules très-petites en avant; pattes intermédiaires des mâles à trois premiers articles dilatés carrément : pattes postérieures robustes, dilatées; jambes garnies en dedans de deux fortes épines; tarses allongés, aplatis, ciliés, terminés par deux crochets égaux, mobiles.

Les insectes de ce genrp, créé par Linné, que Geoffroy nommait Dyticus, et qui originairement renfermait toute la famille qui nous occupe, soûl de grande taille; on les trouve assez communément dans les mares, principalement dans les eaux stagnantes. Los tarses antérieurs des mâles sont dilatés en palette, et garnis ni dessous de corps spongieux formant ventouse. Cesl à l'aide de ces ventouses que le mâle retient la femelle par le col au moment de l'accouplement, en même temps que les sillons (1rs élytres de celle-ci empêchent le corps du mâle de glisser pendant la durée de l'acte delà reproduction.

Fig. 3tK). — D. margxualu (mfilc).

Fij. 3til . — D marginalis (femelle).

Les métamorphoses d'une espèce de ce genre ont été décrites avec soin par Rœsel (Ilist. nat.), et Westwood {Introd. ta the modem, clan. Ins., t. I", p. 95, f. 5, n°l). Cette espèce est le Dytiscus marginalis, Fabricius. La larve est brune, longue, renflée au milieu; ses derniers anneaux forment uo cône allonge, garni latéralement de poils flottants; deux petits corps cylindriques, placés

à l'extrémité, servent à l'introduction de l'air dans les trachées. On distingue aussi des stigmates sur les côtés de l'abdomen. La tête est grande, ornée de mandibules arquées; la bouche, d'après M. Westwood, est remarquable en ce que l'ouverture ordinaire n'est pas visible, de sorte qu'on pourrait dire que cette larve n'a pas de bouche, et elle est d'une couleur brune tirant sur la feuille morte; une raie plus claire, bordée de brun foncé, couvre les lignes supérieures et latérales; six pattes écailleuses assez longues, garnies de poils depuis et y compris la jambe jusqu'à l'extrémité du tarse, sont attachées par paires aux trois premiers segments; le premier de ceux-ci est protégé, tant en dessus qu'en dessous, par une plaque écailleuse. Ces larves se déplacent dans l'eau par des mouvements vermiculaires très-rapides, et en frappant le liquide avec la partie postérieure de leur corps; elles se nourrissent de larves plus faibles qu'elles, telles que celles de Libellules, de Tipules, de Cousins; et, quand le temps de leur transformation est venu, elles quittent l'eau, s'enfoncent dans la terre qui borde les mares, s'y pratiquent une cavité ovale, et s'y renferment pour se changer en nymphe, puis en insecte parfait.

Quoique nageant avec autant de vitesse que de facilité, quoique vivant le plus habituellement dans l'eau, les Dytiques peuvent voler à l'air libre dans certains cas; c'est ordinairement à l'approche de la nuit qu'ils sortent de l'eau pour se transporter, à l'aide de leurs ailes, d'un marais ou d'un étang à un autre. Cela explique la présence de ces insectes dans des flaques d'eau produites accidentellement par les pluies, et où bien certainement ils n'ont pu naître. Leur vol produit un bourdonnement semblable à celui des Hannetons. Dans l'eau, leur séjour habituel, ils font une chasse continuelle aux autres insectes aquatiques pour s'en nourrir; ils les saisissent avec leurs pattes antérieures comme avec des mains, et les portent ensuite à la bouche pour les dévorer. Bien qu'ils puissent vivre longtemps sous l'eau, ils sont pourtant obligés de remonter assez souvent à sa surface pour respirer. Il leur suffit pour cela de cesser tout mouvement; alors leur corps, spécifiquement plus léger que le milieu ambiant, ne tarde pas à surnager, mais dans une position inclinée, la tête en bas, de sorte que l'extrémité seule de leur abdomen sort de l'eau, et c'est par les stigmates situés à cette extrémité, et qu'ils découvrent en soulevant leurs élytres, que l'air pénètre dans leurs trachées. S'ils veulent retourner au fond de l'eau, ils recouvrent au contraire ces mêmes stigmates en abaissant promptement leurs élytres; ainsi l'eau ne peut jamais pénétrer dans leurs organes respiratoires.

D'après ce que nous venons de dire, l'on voit que les Dytiques sont à l'état de larves exclusivement aquatiques, qu'ils deviennent terrestres sous la forme de nymphes, et que ce sont de véritables amphibies lorsqu'ils sont parvenus à l'état d'insecte parfait.

Plusieurs entomologistes, principalement M. Léon Dufour, se sont occupés de l'anatomie des Dytiques; nous en avons parlé dans nos généralités sur la famille.

Restreint comme il l'est maintenant, le genre Dijtiscus ne renferme plus qu'une vingtaine d'espèces, presque toutes appartenant à l'Europe; quelques-unes cependant habitent l'Amérique septentrionale, et d'autres le nord de l'Afrique; celles-ci, pour la plupart, se retrouvent aussi en Sicile, en Italie, et dans le midi de la France. Ce sont tous des insectes de grande taille, de couleur sombre, toujours noire, tirant plus ou moins sur le verdure.

Plusieurs groupes, formés aux dépens des Dijtiscus, n'ont généralement pus été adoptés; les deux principaux sont ceux des :

1" Leionottu (uwç, I: -•;, dos, Kirby, Fauna Borsilte

An* ricana, 18."/, créé pour quelques espèces américaines, remarquables en ce que les femelles n'ont pas les élytres striés, ainsi que .1 lien chez le plus grand nombre de nos espèces européennes; i Meladema / x«, noir; , corps, Castelnau, Etudes entotnologiqut ' 35), qui correspond a celui des Scutopterus, Eschiltz, et dont le. type est le [) coriaceut, floffmansegg* que la [dupait des entomologistes, rangent dans le genre Colymbètes, ainsi le dirons bienl l.' s que l'on rencontre aux environs de Paris ont reçu

/' punclula i .ricins; djmidiqlus, Bergston; mar- , 302. — D. latUiimu$.

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ginalis, Linné; circiimcinclus, perplexus, Dejean, Lacordaire; et circumflexus, Fabricius. Nous citerons encore le D. laiissinius, Linné, la plus grande et la plus belle espèce du genre, que l'on a cru pendant longtemps exclusivement propre à l'Allemagne, mais que M. Lepaige a pris dans le département des Vosges, il y a plus de vingt ans, et que l'on a depuis également retrouvé sur plusieurs points de la France, et enfin nous indiquerons le D. Lapponicus, Gyllenhall, qui semblait particulier aux parties septentrionales de l'Europe, et que récemment M. Ghiliani a indiqué comme habitant le Piémont, et qu'en 1849 M. Cogordan a découvert en France dans les hautes régions des Pyrénées.

Fig 3G3.— //. Schuckardi.

4™ GENRE. — HYDÉRODES. HYDERODES Hope, 1838.

Coleopierisi's Mannal.

ïSt^oiSr,;, hydropique.

Corps court, arrondi, à corselet ayant en arrière la largeur des élvtres; palpes courts : les labiaux ayant presque la même longueur que les maxillaires; pattes simples chez les femelles, les antérieures ciliées dans les deux sexes; tarses antérieurs des mâles ayant les trois articles basilaires dilatés en palme arrondie, les intermédiaires avec une palme plus allongée; tarses postérieurs des femelles ciliés en dessus; ceux des mâles simples; les crochets droits.

Ce genre, surtout remarquable par sa forme presque globuleuse, ne renferme qu'une seule espèce, H. Schuckardi, Hojte, propre à la Nouvelle-Hollande.

5me GENRE. — EUNECTES. EUNECTES. Erichson, 1852.

Gênera Dyiiscorum.

Euw.xtvh;, bon nageur.

Corps déprimé, elliptique, plus large en arrière; antennes sétacées, à deuxième article court; épistome largement échancré; labre court; menton trilobé; palpes maxillaires à trois premiers articles courts, le troisième beaucoup plus long que les trois autres réunis : labiaux ayant les deux premiers articles très-courts, le dernier plus long et fortement renflé en dehors; prosternum comprimé, terminé en pointe; élytres aplatis, dilatés en arrière, lisst-s dans les deux sexes; pattes antérieures des mâles à trois premiers articles dilatés en une palette garnie de cupules; intermédiaires simples dans les deux se'xes : postérieures larges, aplaties; tarses ciliés, terminés par deux crochets presque égaux.

Ce genre, séparé des Dijtiscus par Erichson (Gênera Dytisc, 1832), sous la dénomination d'Eunectes, a été désigné par M. de Castelnau (Ann. Soc. ent. de Fr., \" série, t. Il, 1X7»7>) sous le nom d' Err.tes (eperviç, rameur).

et par Eschscholtz (Dejean, (lut. Coléopt., 1X7)7») sous celui de Nognu (nom propre). On ne connaît qu'une espèce de ce genre, Y Eunecles sticticus, Linné [E. grisent, Fabricius),

insecte de petite taille, qui varie considérablement,- et se rencontre dans toutes les parties du globe

il n'est pas rare dans le midi de la France.

Fig. 304. — E (jr\-- <

6me GENRE. - ACILIE. ACIL1US. Leach, 1X17.

Zool. Diisrellany.

Acilia (mythologie), nom d'un fleuve de Sicile.

Corps elliptique, souvent déprimé, quelquefois ovale, assez convexe; antennes sétacées à second

article court; épistome coupé carrément; labre court; menton trilobé; mandibules bidentées à l'extrémité ; mâchoires très-aiguës, ciliées en dedans ; palpes à premier article court, les deux suivants assez longs, le dernier plus long que les autres; prosternum spatuliforme ; élytres aplatis, dilatés en arrière, lisses dans les mâles, sillonnés ou en partie recouverts de. petites impressions linéaires dans les femelles; tarses antérieurs des mâles dilatés en une palette garnie de cupules de dimension très-inégale; pattes intermédiaires simples dans les deux sexes : les postérieures larges, comprimées, à tarses ciliés et terminés par deux crochets inégaux.

Fig. 565. — A. sulcatus (mâle).

Fig. 366. — A. sulcatus (femelle).

Les insectes qui composent ce genre habitent l'Europe et l'Amérique septentrionale; quelquesuns se rencontrent aussi dans les Antilles. Ce sont des insectes de taille moyenne. La larve d'une espèce (A. sulcatus) de ce groupe a été décrite par De Geer (Hist. nat., vol. IV, tab. 15) et par Rœsel (Hut. nat. Ins., tab. 3), et plus récemment M. Westwood s'en est occupé de nouveau dans son Introd. to the modem class. Ins., I, 1859. Cette larve est plus étroite que celle des Dijtiscus marginalis; sa tête est plus longue; en arrière, le premier segment du corps est très-étroit; le corps est plus continu, les segments n'étant pas séparés par des incisions.

On connaît une vingtaine d'espèces d'Acilius, qui peuvent être réparties en deux sous-genres particuliers.

1" SOUS-GENRE. — ACILIE. ACILIUS. Leach, 1817.

Zool. miscellaDy.

Elytres sillonnés chez les femelles; pattes antérieures des mâles de grandeur très-inégale. Type, A. sulcatus, Linné, qui se trouve assez communément dans presque toute l'Europe.

2»e SOLS-GENRE. — THERMONECTE. TEHMONECTUS. Eschschollz, Aube, 1838.

Species des Hydrocanttaarcs.

©ep[>.6î, chaleur ; vwtyiî, nageur.

Élytres non sillonnés chez les femelles ; pattes antérieures des mâles à cupules peu inégales. Type, T. mediulus, Say, dis États-Unis d'Amérique. Ce sous-genre est essentiellement américain.

GENRE — HYDAT1QUE. HYDATICUS. Leach, 1817.

Zool. ruisccllany.

Yaoruco;, iqnatîqna.

PS oval.iire, un peu C0HT6X6 ; antennes sétacées, à deuxième article court; épistome coupé mot; labre court, transversal, largement éclyfflcré h cilié au milieu; menton trilobé; mandi-

HISTOIRE NATURELLE

bules bidentées au bout; mâchoires très-aiguës, ciliées en dedans; palpes maxillaires à premier aiticle très-court, le deuxième et le dernier allongés, le pénultième le plus loni; de tous; prosternum spatuliforme; élytres ovalaires, peu convexes, lisses dans les deux sexes, ayant cependant parfois, dans les femelles, de petites impressions irrégulières sur la région humérale ; tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles dilatés en une palette garnie de cupules; intermédiaires légèrement dilatés; pattes postérieures larges, comprimées, à tarses ciliés, et terminés par deux crochets inégaux, dont un seul mobile.

Fig. 367. — //. grammicu».

Fi*r. 308. — H. bxlinealut.

Ce genre se compose d'insectes de taille moyenne, qui se rencontrent sur toute la surface du globe; sur les cinquante espèces qu'on y comprend, dix seulement sont européennes.

Depuis la création du genre Hydaticus, par Leach, diverses coupes génériques ont été formées à ses dépens; mais, à l'exemple de M. le docteur Aube (Specïes des Hydrocanthares, 1838), nous ne les considérons ici que comme des sous-genres.

1" SOUS-GENKE.

IIYDATIQUE. HYDATICUS. Lcach, Eschscholtz, Dcjean, 1838. Cal. Coléopt.

Tarses intermédiaires des mâles ayant quatre rangées de cupules.

Ce sous-genre renferme plus de trente espèces propres à l'Europe, l'Afrique méridionale et septentrionale, l'Inde, l'archipel Indien, Madagascar, l'Océanie, l'Amérique, etc. Nous indiquerons comme types les H. transver salis, Fabricius, et Hijbncri, Fabricius, qui se trouvent dans toute l'Europe.

2me SOUS-GEIS'HE. — GUAHIODÈRE. ORAPUODERVS. Eschscholtz, Aube, 1838.

Species des Hyitrocamhares.

rpatpy,, écrit; îepyi, col.

Tarses intermédiaires des mâles n'ayant que deux rangées de cupules.

Une dizaine d'espèces, particulières à l'Europe, l'Asie, Madagascar, l'Amérique boréale; la plus connue est le G. cincreus, Linné, qui est commun dans toute l'Europe.

Fie. I. — Pholidotus irroratus.

Fig. '2. — Lucanus nebulosus.

Fig. 3. — Clùasognathus Grantii.

Fie. i Godarlia Lessoni.

Fig. 6. - Lumprima tenea.

Pi. i:

COLÉOPTÈRES. c205

ome SOCS-GENRE. — Aube, 1838.

Species des Hydrocanthares-.

Tarses intermédiaires des mâles simples; les antérieurs garnis de cupules. Une espèce, qui habite l'Autriche et la Prusse, //. Austriacus, Dejean, Sturm, et qui était placée avec les Graphoderus.

b™ SOUS- GENRE. — Aube, 1838.

Specîes des Hydrocanthares.

Tarses intermédiaires des mâles simples.

Le Dijliscus verrucifer, Sahlberg, particulier à la Finlande et à la Sibérie, et que Dejean (Cat. Coléop., 1855) réunissait encore aux Graphoderus, entre seul dans ce sous-genre, qui n'a pas reçu de nom particulier, ainsi que le précédent.

8me GENRE. — COLYMBÈTES. COLYMBETES. Clairville, 1806.

Entomologie helvétique.

Kc/.uu.ër,Tr,;, plongeur.

Corps ovalaire, légèrement aplati; antennes sétacées, à second article tantôt plus court, tantôt de même longueur que les autres; épistome coupé carrément; labre court, transversal, plus ou moins échancré et cilié; menton trilobé; mandibules bidentées; mâchoires très-aiguës, ciliées; palpes maxillaires à premier article très-petit, les deux suivants assez longs, presque égaux, le dernier un peu plus long que les autres : labiaux à premilr article très-court, le second allongé, plus long que le troisième, qui est aussi allongé; prosternum droit, comprimé en carène, terminé en pointe; élytres ovalaires, semblables dans les deux sexes dans la grande majorité des cas; tarses antérieurs et intermédiaires des mâles à trois premiers articles garnis de cupules très-petites ; les crochets de ces mêmes pattes souvent inégaux; pattes postérieures larges, comprimées, à tarses ciliés et terminés par deux crochets de grandeur très-inégale, dont un seul mobile.

Le genre Cohjmbetes, tel qu'il a été établi par Clairville aux dépens de l'ancien genre Dijliscus, de Linné, renferme plus de cent espèces différentes, qui ont la plus grande analogie entre elles, et dont l'étude est extrêmement difficile. Aussi, pour la rendre un peu plus facile, des entomologistes ont-ils proposé d'établir dans ce groupe plusieurs nouvelles coupes génériques. Leach le divisa en deux; Escbscholtz, dans un travail inédit, trouvant des caractères dans la forme des pattes des maies, éleva le nombre de ses divisions â six; plus tard, Erichson, dans son Gênera Dijiiscorum, 1832, réduisit ses nouveaux genres a trois seulement; cette dernière division, adoptée par M. Aube dans son .N/j< m. v de* Hydrocanthares, 1838, sera suivie ici; seulement nous indiquerons comme sous-genres les coupes génériques d'Escbscboltz.

h iprèsM. Westwood, les larves des Coljmbètes différent de celles (les Dijliscus par la forme plus large di Dents antérieurs, et par les appendices de la queue, qui sont plus longs; mais

n anglais ne donne la description d'aucune espèce eu particulier.

Tel qu'il est ainsi restreint, le genre Colymbetei renferma encore près de cinquante espèces, qui

habitent tontes les parties du monde, mais dont le plus grand nombre, toutefois, est propre a l'Europe Ces insectes sont de taille moyenne, rarement grande, noirâtres, et sont généralement assez « ommui

HISTOIRE NATURELLE

Fig. ôli'J. — M. coriacea.

I" SOUS-GENKE. — MELADEME. MBLADEMA. Gastelnau, 1835. Études cnloiuologwiurs.

MeXot;, noir; o\u.aî, corps.

Taises antérieurs des mâles à quatre premiers articles dilatés transversalenu'iit: les trois premiers seulement garnis de cupules.

Cette division, qui correspond à celle des Scutoptères, Scutopterus (axoi-o;, caché; impov, aile; Eschscholtz, inédit dans Dejean, Cat. Coléop., 1833), ne renferme que quatre espèces, deux européennes, M. coriaceus, Hoffmansegg, du midi de l'Europe ainsi que du nord de l'Afrique, et M. punclulatus, Rossi, d'Italie., une troisième de l'île de Madère, et une dernière des Cordillères d'Amérique.

Fig. 370. — C. striatus.

2me SOUS-GENRE. — CYMATOPTE1Œ. CYMATOPTEliVS. Eschscholtz, Dejean, 1833. / Calatalogue des Coléoptères.

Kujjia, vague; irTspcv, aile.

Tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles dilatés transversalement et garnis de cupules, le quatrième comprimé; crochets tarsiens antérieurs et intermédiaires égaux dans les deux sexes.

Une dizaine d'espèces, presque toutes européennes, entrent dans celte division; la plus commune, et que l'on rencontre abondamment partout, es' le C. slrialus, Linné, Colymbetes fuscus, Gyllenhall.

R. notatus.

3me SOUS-GENRE. — RANTUS. RAXTUS. Eschscholtz, Lacordaire, 1836. Faune entomologiuuc des environs de Paris.

Pjwtgç, mouillé.

Tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles dilatés transversalement et garnis de cupules : le quatrième comprimé; crochets tarsiens antérieurs et intermédiaires inégaux dans les mâles.

Quinze espèces environ proviennent de l'Europe et de l'Amérique; celles que nous indiquerons comme type sont R. notatus, Fabricius, et adspersus, Fabricius; É. agilis, Lacordaire, que l'on rencontre, mais peu communément, aux environs de Paris.

4me SOUS-GENRE. — COLYMBETES. COLYMBETES. Clairville, 1806; Dejean, 1833.

Entomologie helvétique.

Tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles comprimés, garnis de cupules.

Une douzaine d'espèces de tous pays, et dont le C. Grapii, Gyllenhall, C. nifjcr, llliger, Lacordaire, que l'on rencontre dans toute l'Europe, mais qui est rare partout, est le type de cette division.

Fig. "ri. — C. Grapn.

9ffie GENRE. — ILYRIE. ILYBIUS. Erichson, 1832.

Gênera Dyiiscoorura.

IXuç, tournant d'eau; ptota, je vis.

Corps ovale, allongé, atténué en arrière et fortement convexe; antennes sétacées, à second article presque aussi long que Tes autres; épistome coupé carrément; labre court, fortement échancré au milieu et cilié; mandibules bidentées; mâchoires très-aiguës, ciliées; palpes maxillaires et labiaux à premier article très-petit, les deux suivants assez longs, presque égaux, le dernier un peu plus long que les autres; prosternum droit, comprimé en carène, terminé en pointe; élytres ovalaires, atténués en arrière, très-convexes, semblables dans les deux sexes; pattes antérieures et intermédiaires des mâles à tarses ayant les trois premiers articles à peine dilatés et garnis de très-petites cupules, et les crochets égaux dans les deux sexes : postérieures larges, comprimées, à tarses ciliés et terminés par deux crochets peu inégaux, dont un seul est mobile.

Les Ilybies, que l'on a séparés des Colymbètes, s'en distinguent non-seulement par les caractères déjà indiqués, mais aussi par leur faciès, qui est tout particulier. En effet, ils sont toujours relativement plus allongés et surtout beaucoup plus convexes ; du reste, ils sont également noirâtres, de taille moyenne, et ont le même genre de vie. On en connaît une dizaine d'espèces, qui habitent toute l'Europe; quelques-unes se rencontrent aussi dans l'Amérique du Nord.

Nous indiquerons comme type les /. ater, De Geer; fenestratus, Fabricius; fuliginosus, Fabricius, etc., que l'on rencontre dans toute l'Europe, et qui ne sont pas rares auprès de Paris.

10me GENRE. — AGARE. AGABUS. Leach, 1817.

Zoological niiscellany.

Nom d'homme.

Corps ovale plus ou moins allongé, plus ou moins convexe; antennes sétacées, à second article de la longueur des autres; épistome coupé carrément; labre court, un peu échancré et cilié au milieu; menton trilobé; mandibules bidentées; mâchoires très-aiguës, ciliées; palpes maxillaires et labiaux à premier article très-court, le second et le troisième assez longs et égaux, le dernier plus long que les autres; prosternum droit, comprime en arrière, terminé en pointe; élytres ovalaires, semblables dans les deux sexes; tarses antérieurs et intermédiaires des mâles à trois premiers articles à peine dilatés et garnis de cupules avec les crochets égaux dans les deux sexes : postérieurs larges et comprimés, à jambes ciliées en dessus et en dessous dans les mâles; en dessus seulement dans les femelles, a tarses terminés par des crochets égaux et mobiles.

>t a Leacfa qoe l'on doit la création de ce genre, seulement il l'a établi sur une seule espèce, dont les antennes sont dilatées dans les mâles. Erichson, et depuis M. le docteur Aube, y ont compris tous hs anciens Colymbètes ayant les caractères particuliers que nous venons de signaler. Ces ont absolument la même manière de vivre que les Colvmbèles et les Ilybies. On en a décrit plu de soixante espèces, qui se rencontrent pour la plupart en Europe et dans le nord de l'Afrique : quelques unes cependant appartiennent également à l'Amérique.

On peut former, dans le genre Agabus, les subdivisions suivantes, que nous donnerons sous le nom de 101» gCOft, quoiqu'elles n'aient réellement pas une videur sul^enérique.

HISTOIRE NATURELLE

1er SOUS-GENRE. — AGADE. AGAMIS. Leacli, 1817. Zoologioal misccllany.

Antennes des m «Mes dilatées à l'extrémité et dentées en scie. Une seule espèce, VA. serricornis, Paykull, qui habite le nord de l'Europe, la Suède, la Laponie et la Finlande.

Fig. 374. — A. serricornis.

2me SOUS-GENRE. — LIOPTÈRE. LIOPTEHUS. Esclischoltz, Dcjean, 1833.

Catalogue des Coléoptères.

Aeicç, lisse; tctedov, aile.

Antennes filiformes dans les deux sexes, tarses antérieurs et intermédiaires des mâles à trois premiers articles dilatés transversalement.

Le L. oblongus, Illiger, qui se rencontre assez communément dans toute l'Europe, forme à lui seul cette division.

Fig. 375. — L. oblovgus.

3me SOUS-GENRE. — NECTIQDE. NBCTICVS. Hope, Aube, 1838. Monographie des Hydrocanlhares.

Antennes filiformes dans les deux sexes ; tarses antérieurs et intermédiaires des mâles comprimés.

Cette division, qui rentre dans le genre Colymbetes, d'Eschscholtt et de Dejean, ainsi que de M. Lacordaire, comprend près de soixante espèces, dont la plupart sont européennes. Les espèces que l'on rencontre lt plus fréquemment dans presque toute l'Europe sont les A. femoralis, Paykull; Sturmii, Schoënherr; chalconotus, Panzer; maculatus, Linné; abbreviatus, Fabricius; didymus, Olivier; paludosns, Fabricius; bipunctatus, Fabricius; guttatus, Paykull; bipustulatus, Linné, etc. Certaines espèces de ce genre sont particulières aux régions septentrionales de l'Europe et de l'Amérique, et ce sont parfois les derniers représentants des animaux dans les régions polaires.

Une espèce curieuse à'Agabus, A. glacialis, a été décrite par M. Hochhuth dans l'ouvrage intitulé ^numération <lcs Carabiques et Hydrocanthares du Caucase, 1846, qu'il a publié en collaboration avec M. de Chaudoir. Cette espèce a été trouvée au mois de juin près du sommet des montagnes d'Abbastouman, à sept mille pieds environ d'élévation, sous les pierres, au bord des ruisseaux qui découlent des amas de neige.

M. Ilope (C.olroj). mon., 1838) forme avec quelques-unes des espèces de ce sous-genre un groupe distinct, celui des .Ver ■liens (vuixtixo;, habile à nager), dont VA. bipustulatw esl le type; nous avons cru devoir employer ce nom pour indiquer ce troisième sous-genre, mais il est bien entendu que nous parlons ici de la division de M. Aube, et non du genre de M. Ilope.

il- GENRE. — COPÉLATE. COPELATUS. Erichson, 1832.

Gênera Dytisceorum.

KwmnXamç, rameur.

Corps ovale, plus ou moins allongé, déprimé; antennes sétacées, à premier article beaucoup plus long rpie les autres; menton trilobé, le lobe médian sans la moindre échanertirc ; prosternum non comprimé en carène, mais simplement arrondi ; élytres ovalaires striés longitudinalement dans les

deux sexes, parfois réticulés dans l'intervalle des stries chez les femelles; tarses antérieurs et intermédiaires des mâles à trois premiers articles seulement un peu dilatés et garnis de cupules; jambes postérieures ciliées en dessus et en dessous dans les deux sexes, ce qui n'a lieu que pour le mâle dans les Agabus.

Ce genre ne diffère pas d'une manière bien notable de celui des Agabes. On en connaît une vingtaine d'espèces presque toutes américaines; quelques-unes se trouvent en Afrique; l'on n'en connaît qu'une seule d'Asie, C. lineolatus, d'Urville, et aucune d'Europe. Le type est le C. posticulus, Fabricius, propre au Brésil, à Cayenne et aux Antilles.

Fig. 376. — C. sulcipennia.

12me GENRE. — MATUS. MATUS. Aube, 1837.

Iconographie des Coléoptères d'Europe.

Mars;, action de chercher.

Corps ovalaire ; antennes sétacées, à premier article plus long que les autres; épistome largement échancré ; labre court, large; menton trilobé; mandibules bidentées: mâchoires très-aiguës, ciliées en dedans; palpes maxillaires à pre- 'mier article très-court, les deux suivants un peu plus longs, et le quatrième presque aussi long que tous les autres réunis : labiaux à deux premiers articles assez allongés, égaux, le troisième un peu plus long que les autres; prosternum droit, profondément sillonné; élytres ovalaires, semblables dans les deux sexes; tarses antérieurs et intermédiaires des mâles à trois premiers articles à peine dilatés, comprimés et garnis de très-petites cupules avec leurs crochets égaux dans les deux sexes; pattes postérieures larges, comprimées.

Ce genre a été fondé pour une seule espèce de l'Amérique du Nord, le C. bïcarinatus, Say.

Fie;. 3

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